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La renaissance d’un parlement godillot : «tout repose sur des lois qui seront votées à l’Assemblée nationale et en la matière, nous avons toujours une majorité suffisante pour voter ces lois » Mohamed Bazoum

Mohamed Bazoum Assemblee Nat Niger 01Sous la renaissance, le processus électoral qui fut jadis consensuel ne sera plus qu’un lointain souvenir. Pour cause, le président du PNDS Tarrayya vient de dévoiler au cours d’une interview accordée à certains médias que « tout repose sur des lois qui seront votées à l’Assemblée nationale et en la matière, nous avons toujours une majorité suffisante pour voter ces lois ».

Cette déclaration dictatoriale dévoile en elle seule le vrai visage du régime de la renaissance qui a déjà utilisé le parlement pour assouvir ses intérêts mesquins au détriment de l’intérêt général.

Une déclaration tyrannique « S’ils croient un instant que c’est pour nous un problème, ils se trompent. Ce n’est pas un problème pour nous que l’opposition participe ou non au CNDP ou à la CENI » a déclaré Mohamed Bazoum. Pour lui, « nulle part au monde, on n’a vu une minorité disqualifier un processus soutenu par une majorité », avant de souligner que « tout repose sur des lois qui seront votées à l’Assemblée nationale et en la matière, nous avons toujours une majorité suffisante pour voter ces lois ». En dévoilant que ça lui fait ni chaud ni froid que l’opposition participe aux réunions du CNDP ou siège à la CENI, Bazoum Mohamed qui a bénéficié pendant plusieurs années des dividendes de la démocratie, dévoile ainsi son visage de dictateur attitré dès lors qu’il arriverait à tenir les brides du pouvoir comme le fait actuellement son parrain Issoufou Mahamadou. En traitant l’opposition de minorité, Bazoum devrait se rappeler des courbettes que son parti a eues à faire pour demander à cette même « minorité » de l’aider à conquérir le pouvoir.

Sans ces hommes politiques qui croyaient aux valeurs que lui miroitaient le PNDS, Bazoum allait se retrouver derrière ses quelques chamelles dans une contrée lointaine du pays, quelle ingratitude ! Enivré par le pouvoir et ses rentes, l’intéressé a poussé le bouchon très loin pour souligner que « tout repose sur des lois qui seront votées à l’Assemblée nationale et en la matière, nous avons toujours une majorité suffisante pour voter ces lois ». Pourtant, Issoufou Mahamdou disait dans son discours d’investiture pour son premier mandat que « mon ambition est de réconcilier les Nigériens, tous les Nigériens. Dans cette perspective, en plus des pouvoirs classiques (pouvoir exécutif, pouvoir législatif, pouvoir judiciaire), les partis politiques, les organisations de la société civile et la presse, participeront à la consolidation de l'équilibre des pouvoirs.» La suite on la connait. C’était un éléphant blanc que l’intéressé a vendu aux nigériens. C’est pourquoi, cette affirmation de Bazoum, dévoilant l’existence de ce parlement godillot devrait réveiller les nigériens et la communauté internationale sur les dérives des staliniens au pouvoir à Niamey. Déjà, ce parlement a fait preuve de zèle jamais égalé en votant à l’aveuglette et sans « murmures », toutes les lois scélérates que le gouvernement lui avait soumis, même quand celles-ci vont à l’encontre des intérêts du peuple nigérien. Cette chambre d’enregistrement peut, dès lors que le grand timonier le désire, voter des lois sur la guillotine, et pourquoi pas le changement de régime.

Par Moussa Aksar

17 novembre 2018
Source : L'Evènement

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