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Ouverture, hier à Niamey, du 2ème forum de la CEDEAO sur l'éducation à la culture de la paix : Deux jours d’échanges pour renforcer l'implication des jeunes à la culture de la paix à travers le dialogue intra et inter religieux

Ouverture, hier à Niamey, du 2ème forum de la CEDEAO sur l'éducation à la culture de la paix : Deux jours d’échanges pour renforcer l'implication des jeunes à la culture de la paix à travers le dialogue intra et inter religieuxLes travaux du 2ème forum de la CEDEAO sur l'éducation à la paix à travers le dialogue intra et inter religieux, ont commencé depuis hier matin à Niamey. Pendant deux jours, les participants aux travaux tenteront de trouver des mécanismes de dialogue entre les communautés religieuses de la CEDEAO afin de cultiver l'esprit de tolérance et de coexistence pacifique. Cette 2ème édition du forum co-organisé par la République du Niger et la CEDEAO est parrainée par l’Archevêque de Niamey, Mgr Djalwana Laurent Lompo, l’Émir de Kano, Son Altesse Lamido Sanusi II et le Mogho Naba Baongho, Roi des Mossis. C'est le Premier Ministre, Chef du Gouvernement M. Brigi Rafini qui a présidé l'ouverture officielle des travaux.

Dans son mot de bienvenue, le Gouverneur de Niamey, M. Hassane Issaka Karanta a remercié la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour la confiance placée une fois de plus au Niger, et à la ville de Niamey en particulier, pour abriter les travaux du forum. Il a affirmé que, grâce au travail quotidien du comité régional de dialogue intra et inter religieux et aux efforts des autorités religieuses et administratives régionales, les différentes communautés religieuses de Niamey vivent en parfaite symbiose. Le Gouverneur de Niamey a ajouté que nos États africains doivent «concentrer leurs efforts sur cette frange importante de nos populations que constitue la jeunesse ». En effet, le Niger à l'instar des autres pays de la CEDEAO, a une population jeune exposée de plus en plus aux extrémismes de tout genre.

Le Commissaire en charge de l’Éducation, de la Science et de la Culture de la CEDEAO, a lui démontré, chiffres à l'appui, l'évolution inquiétante de l’extrémisme violent dans quatre pays de la sous-région. Pour Monsieur Leopoldo Amado, la présence à ces travaux de l’Émir de Kano, ainsi que celle de l’Archevêque de Niamey et du Représentant du Mogho Naba, dénote de la volonté des peuples de la Communauté à cohabiter ensemble pour la paix, la tolérance et le développement de l’ensemble de la région. En effet, la contribution des leaders et des acteurs religieux pour la paix est déterminante pour l'Afrique de l'Ouest qui fait face à la monté du radicalisme et de l’intolérance religieuse qui sont, hélas, des menaces pour cette région et sa stabilité. « La CEDEAO s'est engagée à produire des solutions aux questions de terrorisme et de conflits dans la région à travers plusieurs engagements juridiques et pratiques », a dit le Commissaire en charge de l’Éducation, de la Science et de la Culture de la CEDEAO, M. Leopoldo Amado.

Dans leurs interventions, l’Archevêque de Niamey, Mgr Djalwana Laurent Lompo, l’Émir de Kano, Son Altesse Lamido Sanusi II et le Mogho Naba du Burkina Faso, Chef Baongho, Roi des Mossis, ont tous souligné l'importance de la jeunesse dans le dialogue intra et inter religieux dans nos États. Ces parrains du 2ème forum de la CEDEAO sur l'éducation à la paix à travers le dialogue intra et inter religieux, ont réaffirmé avec force leur volonté commune, au nom de leurs communautés respectives, de travailler davantage pour la promotion du vivre ensemble. Ils ont enfin appelé les jeunes à s'abstenir de toute sorte d’obscurantisme, religieux soit-il.

L'organisation de ce forum matérialise l'engagement de la CEDEAO qui s'inscrit dans des actions préventives du radicalisme et des conflits à travers une dynamique de recherche de la paix et de lutte contre les sources du terrorisme. La fin de la cérémonie officielle a été sanctionnée par une photo de famille du Premier Ministre, Brigi Rafini avec les jeunes venus de l'ensemble des pays de la CEDEAO pour assister aux travaux du forum. (Lireci-dessous  l’intégralité du discours prononcé par le Premier ministre )

Souleymane Yahaya (Stagiaire)

{xtpo_quote}«Il s’agira de renforcer, au sein de cette jeunesse, les mécanismes de dialogue et de cultiver la compréhension mutuelle, l’esprit de tolérance et de coexistence pacifique entre les religions, par l’éducation à la culture de la paix », déclare SEM. Brigi Rafini, Premier ministre, Chef du gouvernement{/xtpo_quote}

« Mesdames et Messieurs ;

Je voudrais d’abord vous transmettre les salutations fraternelles du Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, et ses souhaits de plein succès à ce forum sur l’Education à la Culture de la Paix à travers le Dialogue Intra et Interreligieux, dont il a personnellement présidé la cérémonie d’ouverture de la première édition en novembre 2016.

Je voudrais ici féliciter et remercier les responsables de notre Institution communautaire la CEDEAO, particulièrement son Président, pour le choix porté sur le Niger pour abriter la deuxième édition de cette importante rencontre. Je voudrais aussi exprimer tous mes remerciements à l’endroit des personnalités qui ont accepté, en dépit de leurs charges, de parrainer le présent Forum. Il s’agit de :

Son Altesse, l’Emir de Kano, Mahamadou Sanusi II : Leader coutumier et religieux éclairé, banquier professionnel émérite, ancien gouverneur de la Banque Centrale du Nigéria, ses positions en faveur de la modernisation de nos sociétés en s’appuyant sur le Saint Coran et les hadiths inspirent toute la communauté musulmane de la sous-région.

L’Honorable Cheikh Jabir Ismael, Président de l’Association Islamique du Niger : sagesse et sa maitrise des sciences islamiques ont fait de lui un leader religieux incontesté dans notre pays.

Monseigneur Laurent Lompo, Archevêque de Niamey : premier nigérien ordonné prêtre en 1997, nommé vicaire général du diocèse de Niamey en 2003, il a de manière constante œuvré pour la promotion du dialogue islamo-chrétien et du vivre ensemble interreligieux. Ce message de paix, de tolérance et de solidarité prononcé à l’occasion des fêtes musulmanes en sont l’illustration.

Le Moogho Naaba, Roi des Mossès, plus haute autorité traditionnelle de son pays le Burkina Faso, homme de paix et de culture, il a joué un rôle éminemment important dans la gestion des crises politiques dont celles de 2014 et 2015 au Burkina Faso. Ces efforts lui ont, du reste, valu la reconnaissance de la CEDEAO pour la culture de la paix dans notre espace.

Je voudrais aussi remercier l’ensemble des Partenaires Techniques et Financiers qui nous ont spontanément apporté leur contribution à l’organisation de cette importante rencontre, marquant ainsi leur intérêt pour la préservation d’une paix durable à travers le dialogue interconfessionnel.

Mesdames et Messieurs,

Notre sous-région est confrontée depuis plusieurs années à des actes terroristes. Sous le prétexte de la religion, des crimes inimaginables sont commis régulièrement, endeuillant des familles, des communautés entières et obligeant nos gouvernements à investir l’essentiel des ressources nationales dans les questions sécuritaires au détriment des actions de développement pourtant attendues par nos populations.

En même temps, on assiste, certes pas avec la même intensité, à des conflits intra et inter religieux au sein des communautés qui ont toujours vécu ensemble et sont condamnées à vivre ensemble.

Cette situation n’est certes pas propre à notre sous-région. Mais notre conviction forte est qu’elle se perpétue du fait de la mauvaise compréhension et de l’instrumentalisation de la religion. D’où la forte nécessité de renforcer l’éducation à la culture de la paix à travers le dialogue inclusif ; ce à quoi s’attèle si opportunément la Commission de la CEDEAO depuis quelques années.

En effet, au-delà des actions militaires, l’éducation et la création des conditions de résilience des jeunes en particulier pourra apporter des solutions durables. Aussi, nos gouvernements respectifs doivent-ils accompagner cette Institution pour une véritable éducation à la citoyenneté de nos compatriotes.

Mesdames et Messieurs,

Cette deuxième édition a pour thème « Jeunesse et édification de la paix à travers le dialogue interconfessionnel ». C’est dire que notre à travers ce Forum qui intervient dans un contexte régional où la radicalisation et l’extrémise violent perturbent notre quiétude, la CEDEAO entend mettre en exergue la contribution de la jeunesse ouest africaine en la plaçant au-devant de la promotion de la tolérance religieuse et de la lutte contre ces fléaux. Il s’agira de renforcer, au sein de cette jeunesse, les mécanismes de dialogue et de cultiver la compréhension mutuelle, l’esprit de tolérance et de coexistence pacifique entre les religions, par l’éducation à la culture de la paix.

Le choix porté sur la jeunesse est d’autant plus important que nos jeunes sont aujourd’hui résolument tournés vers la religion, ce dont il faut se réjouir, mais ils sont aussi, de ce fait, les plus exposés aux manipulations de tout genre. Engager donc la jeunesse dans ce dialogue, participe de sa protection et de sa formation.

Comprendre sa propre religion à travers le dialogue, la formation et les prêches constructifs, comprendre les religions des autres à travers le dialogue, l’esprit d’ouverture et de tolérance, tel doit être notre leitmotiv si nous voulons promouvoir le vivre ensemble.

Comme le disait, Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat à l’ouverture de la première édition de notre forum en novembre 2016, je cite :

« Le dialogue intra religieux est une source d’enrichissement et une occasion pour approfondir et maitriser sa propre religion. Le dialogue interreligieux quant à lui peut permettre d’atteindre les mêmes objectifs à condition qu'il ne soit pas perçu comme un moyen de fusionner les religions en une religion unique, ce qui serait du syncrétisme, ni l'occasion de faire du prosélytisme. Il exige respect et reconnaissance de l’autre. Il exige aussi ouverture d’esprit et absence de dogmatisme », fin de citation.

Parlant de respect, le Moogho Naaba, un des parrains de ce forum, dira dans une de ses pensées :

« Respecte ton semblable,

Respecte ton semblable,

Respecte ton semblable !

L’Homme Intègre qui se connaît,

Respecte son semblable. »

Mesdames et Messieurs,

Promouvoir la paix au moyen du dialogue intra et inter religieux n’est pas au-dessus de nos capacités. Nos religions nous en donnent les instruments. Elles proclament toutes en effet la paix et la tolérance. Nous devons donc puiser dans les écrits révélés et nos traditions, les moyens de construire durablement le vivre ensemble. Aussi, les objectifs de ce forum sont-ils de :

-faire le bilan du niveau actuel de la mise en œuvre du dialogue intra et inter religieux dans les Etats membres ;

-s’approprier les meilleures pratiques de la jeunesse en matière de dialogue intra et inter religieux ;

-sensibiliser les jeunes sur les conséquences de la radicalisation et de l’extrémisme violent ;

-identifier les causes de l’implication des jeunes dans les mouvements terroristes et conflits dans la région ;

-créer une plateforme régionale inter religieuse de prévention et de règlement pacifiques des conflits.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais pour terminer mon propos, exprimer notre souhait de voir en cette deuxième édition la consécration de cette rencontre qui sera désormais organisée de manière tournante dans chacun des pays membres de la CEDEAO.

Je souhaite plein succès à vos travaux et je déclare ouverte la deuxième édition du Forum sur l’éducation à la culture de la paix à travers le dialogue intra et interreligieux.

Je vous remercie. ».

Onep

15 novembre 2018
Source : http://lesahel.org/

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