Des acteurs de la société civile encore en détention : Une action urgente pour obtenir leur libération

Prison Niamey Amnesty international poursuit le combat pour la libération des acteurs de la société civile encore en détention au Niger. Ces derniers, au nombre de deux, ont été arrêtés dans le cadre des journées d’actions citoyennes (JAC), initiées par le Cadre de concertation et d’actions de la société civile nigérienne indépendante pour protester contre les mesures fiscales contenues dans la loi des finances 2018.

Il s’agit de Sadat Illiya Dan Malam, coordinateur au titre de la région de Zinder du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable (MPCR), arrêté le 18 avril dernier et inculpé de « participation à un mouvement insurrectionnel » et « conspiration contre la sécurité de l'État » et de l’activiste Yahaya Badamassi, coordonnateur au titre de la région de Zinder de l’Association Alternative Espaces Citoyens, arrêté le 25 avril 2018.

Dans un premier temps, Badamassi était poursuivi pour « organisation et participation à une manifestation interdite » et « destruction de biens publics », avant qu’il ne soit retenu contre lui, en juin dernier, le chef d’accusation de « participation à un mouvement insurrectionnel » et « conspiration contre la sécurité de l'État ». Ces derniers ont été inculpés en lien avec d'autres manifestations qui combattaient la loi de finances 2018.

Pour l’heure, ils restent les deux responsables d’organisations de la société civile qui gardent prison à Zinder, après la libération intervenue le 5 octobre dernier, de Diori Ibrahim, Maïkoul Zodi et Karim Tanko.

C’est pour obtenir des autorités nigériennes, la libération de ces deux acteurs de la société civile qu’Amnesty international a lancé cette « Action d’urgence » qui courre jusqu’au 22 novembre prochain. La démarche consiste pour chaque citoyen à envoyer un appel aux autorités nigériennes pour demander la « la libération immédiate et sans condition de ces deux militants détenus uniquement en raison de leur travail pacifique en faveur des droits humains et les autres manifestants détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique, et demander aussi que toutes les charges retenues contre ces personnes soient abandonnées ». Les destinataires de ces appels sont le président de la République, Chef de l’État et le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, avec copies au ministre en charge de l'Intérieur et ampliation à toutes les chancelleries accréditées au Niger.

Il s’agit aussi à travers ces appels de les « prier instamment à veiller à ce que les défenseurs des droits humains et les militants du Niger puissent mener leurs activités en faveur des droits fondamentaux sans restriction illégale ni crainte de représailles » suggère Amnesty international. Pour la transmission de ces appels, l’ONG internationale pour la défense des droits humains a indiqué les adresses des autorités destinataires de ces appels afin que les citoyens puissent directement les atteindre à travers les appels qu’ils vont émettre.

08 novembre 2018
Source : L'Evènement

Imprimer E-mail

Politique