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A L’assemblée Nationale : Le spectacle comique de Hassoumi Massoudou

Massoudou Hassoumi Assemblee Nat 01Même pour se soumettre à leur devoir de gouvernants envers les gouvernés, les renaissants se permettent le luxe de jouer avec l’intelligence des nigériens. La preuve en a été donnée le week-end dernier, au cours d’un simulacre d’interpellation du ministre des finances, par le député Sani Attiya, relativement à l’indemnisation de plusieurs enfants de la commune de Tibiri, région de Maradi, victimes de malformations osseuses du fait de la consommation de l’eau à forte teneur en fluor par la société nationale des Eaux (SNE).

Chose curieuse, au-delà de la décision prise d’indemniser les victimes, qui est à saluer, même si elle intervient après plus de 20 ans, (un dossier datant de 2001, et dont le feuilleton judiciaire a prit fin en 2016), il faut toutefois s’interroger pourquoi faudrait-il interpeller le ministre Hassoumi devant le parlement pour faire exécuter une décision de justice devenue définitive, surtout que nul n’est sensé ignorer la loi ? Pourquoi il aurait fallu une interpellation d’un député, de surcroit, un potentiel candidat à la sauce rose, qui est en rupture de banc avec le parti qui l’a fait élire député national, pour que Hassoumi et les siens se souviennent subitement de leur devoir d’exécuter une décision de justice ? De tout cela, et au-delà de l’aspect réparation dans cette interpellation, l’on peut se demander si les renaissants qui ont toujours dansé sur des décisions de justice, ne se sont pas servis de cette tribune pour bien orchestrée une mise en scène, afin de régler des comptes politiques et assouvir leurs intérêts égoïstes sur l’autel de leur devoir envers les populations ?

Un spectacle…

Dans sa question d’actualité, le député Sani Attiya a interpellé le ministre Hassoumi pour en savoir plus sur le dédommagement des familles de quelques 270 enfants, victimes de malformations dont une décision de justice définitive a été rendue depuis 2016. En réponse à cette question, le ministre Hassoumi dira qu’il n’est pas au courant du dossier. Et qu’il va vérifie de quoi il s’agit. Toutefois, dirat- il, « Il n’y a pas de raison que la justice tranche, et que le gouvernement ne l’applique pas. C’est la continuité de l’Etat », précise-t-il, tout en soutenant que « les ressources existent pour payer. Et nous allons payer ».

…comique

Cette interpellation du député Attiya, suivie de la réponse « sans murmures » du ministre Hassoumi amène à s’interroger sur les réels mobiles du dépoussiérage de ce dossier qui était dans les arcanes de  son ministère depuis 2016. Pourquoi au nom de la continuité de l’Etat, et au nom du respect par tout un chacun d’une décision de justice devenue définitive, les familles des enfants victimes de malformations n’ont pas été mis dans leur droit ? Pourquoi il aurait fallu cette interpellation, d’ailleurs tardive du député Sani Attiya pour que Hassoumi et les siens se réveillent de leur malicieux sommeil ? La réponse se trouve dans le cahier du règlement de compte politique. Il se trouve qu’au-delà du dédommagement, les renaissants veulent en profiter pour remettre en selle une de leur future recrue, d’où cette « interpellation maison ». A ce niveau, ils feront deux coups. Tout d’abord, mettre à l’actif de Sani Attiya, le règlement de ce dossier, tout en l’appâtant pour qu’il rejoigne la hideuse marmite rose de la renaissance. Ensuite, la nouvelle recrue déjà populaire dans la région sera un atout pour contrecarrer les partis politiques rivaux avec à leur tête, celui de Ibrahim Yacoubou qui semble être, après le Lumana, dans la ligne de mire des renaissants.

Cette comédie propre à la renaissance nous rappelle aussi la traque menée à la veille du 1er tour de la présidentielle par les renaissants en direction de Attiya. Il fut accusé et arrêté, son domicile perquisitionné. Dans un point de presse animé pour la circonstance, le Procureur général près la Cour d’Appel de Zinder, dira que « la Police a retrouvé 2013 cartons de produits pharmaceutiques divers au niveau de quatre de ses neufs magasins perquisitionnés », et que « 159 actes d’état civil ont été découverts à son domicile ». La suite on la connait. Malgré ses actes posés par l’intéressé, la justice tournera casaque pour le libérer et au finish, ses « biens » lui ont été restitués suite au ralliement de son parti au 2è tour, à la cause d’Issoufou. Au vu de ce qui précède, l’on constatera que tous les actes posés par Issoufou et son clan ne sont pas désintéressés. Ils découlent toujours d’un intérêt politique et non de l’intérêt général.

Au nom de la continuité de l’Etat et du respect des décisions de justice, nous défions Hassoumi et le reste de son clan à mettre en exécution l’arrêt n° 78 du 4 mars 2014 de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Niamey non exécuté. Dans cet arrêt, la Cour, statuant en matière pénale en son audience ordinaire du 4 mars 2014 sur l’appel interjeté par le Procureur de la République, près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey contre la décision du 1er juge d’instruction dans l’affaire de «trafic d’influence, blanchiment de capitaux, favoritisme et corruption », impliquant les sieurs Ibrahim Hamidou et autres, la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Niamey a dit qu’il « existe charges suffisantes contre Ibrahim Hamidou et Oumarou Massalatchi du chef d’accusation de corruption, Mohamed Abdoulaye du chef de favoritisme ; Paul Kodjo Agboati du chef de blanchiment de capitaux ». Mieux, la Cour les a tous renvoyé devant le Tribunal correctionnel de Niamey pour y être jugés de ces chefs d’accusation, en plus des autres infractions initialement retenues contre Ibrahim Hamidou et Hadiatoulaye Tandja dans l’ordonnance attaquée ». Le reste n’est que comédie bien orchestrée.

Moussa Aksar

05 novembre  2018
Source : L'Evènement

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