Présidentielle 2021 : Mohamed Bazoum, de plus en plus dans l’incertitude

Présidentielle 2021 : Mohamed Bazoum, de plus en plus dans l’incertitudeLa révélation du deal entre Salou Djibo et Mahamadou Issoufou a été reçue par bien de militants du PNDS comme un coup de massue dont certains ne se relèveront pas, si le contrat venait à être exécuté. C’était lors d’une rencontre avec les militants de la diaspora de son parti à Londres, en Angleterre, que Hama Amadou a parlé d’un contrat signé, sous la transition militaire de 2010 à 2011, entre Salou Djibo, président du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) et Mahamadou Issoufou, candidat du PNDS Tarayya aux élections de 2011. A entendre Hama Amadou, homme politique bien informé et qui n’a pas l’habitude de parler de choses qu’il ne connait pas et dont il n’a pas la preuve, le deal obligerait Mahamadou Issoufou à renvoyer l’ascenseur à Salou Djibo pour services rendus. Un donné pour un reçu en quelque sorte. Et quand Hama Amadou parle, on l’écoute, car l’homme est connu pour sa franchise. Lorsqu’il dirigeait le parlement, ses discours d’ouverture et de clôture des sessions de l’Assemblée nationale constituaient l’évènement politique et l’heure de rendez-vous à ne pas manquer pour rien au monde. Concernant ce deal, beaucoup de nigériens soupçonnaient depuis son existence entre les deux hommes, vu le traitement préférentiel que le candidat du PNDS avait fait l’objet de la part de Salou Djibo sous la transition. Il y a de quoi vraiment retourner l’ascenseur. Les nigériens comprennent aujourd’hui pourquoi le candidat Issoufou bénéficié d’une escorte militaire digne d’un chef d’était lors de ses déplacements et meetings de campagne, alors que certains candidats étaient chaque jour menacés d’arrestation par le pouvoir. La soit disant tentative de coup d’Etat où des officiers supérieurs de l’armée ont été impliqués ne viserait donc rien d’autre qu’écarter ceux d’entre les membres de la junte qui n’auraient pas cautionné le deal. Pour les infortunés, le seul objectif de l’intervention de l’armée en vue d’arrêter la dérive de Tandja dans son Tazartché, était la restauration effective de la démocratie à travers l’organisation d’élections libres et transparentes. Peu importe le vainqueur. Tout s’éclaire donc aujourd’hui dans l’esprit des nigériens, même ceux qui refusent d’y croire, avec les « confidences » faites par Hama Amadou. Confidences qui ont ébranlé le parti au pouvoir. Depuis la rencontre de Londres, rien ne va plus au sein du Parti nigérien pour le développement et le socialisme. La sérénité est partie en vacances, la certitude a subitement déserté le camp des camarades marxistes léninistes, admirateurs de Lénine. Malgré les dénégations de certains proches de Salou Djibo (parents, membres de son cabinet et du gouvernement.

Chacun y va de sa plume et de sa science, comme encore en mission en gardiens du temple, pour montrer que les propos de Hama Amadou ne reflètent pas la vérité. Les démentis fusent de toutes parts et pourtant. Ça rappelle notamment les révélations de Hama Amadou sur l’intention de Tandja de faire Tazartché, ainsi que sur le frauduleux prêt Eximbank. Des nigériens, au plus haut sommet de l’Etat, ont d’abord crié au mensonge et au scandale, pour revenir ensuite, platement et toute honte bue, reconnaitre les faits. Au niveau des camarades, conscients que le danger pourrait venir de partout, surtout de leur propre camp, des comités de soutien commencent à voir le jour. Quand le président d’un parti s’appuie sur des comités de soutien, cela signifie que le parti ne parrainera pas sa candidature. Ou bien, même dans le cas où il serait le candidat officiel, les consignes seraient données en faveur d’un autre. Qui ça pourrait être ? L’on pense naturellement, en ce moment précis, au chef de la junte de 2011-2012. Aux dernières nouvelles, celui-ci aurait d’ailleurs déposé une demande de mise en retraite anticipée. Est-ce pour se conformer à la Constitution qui impose à certaines catégories de citoyens de démissionner s’ils veulent briguer un mandat électif ? Time will tell. Les nigériens seront édifiés dans les jours, mois à venir.

BISSO

20 octobre 2018
Source : Le Courrier

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