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Le Niger encore dernier au classement IDH 2017 : Le PNUD serait-il putschiste ou lumaniste ?

images/Mahamadou-Issoufou-Hama-Amadou-2e-Tour.jpgAlors qu’il n’a jamais cessé de fanfaronner quant à des résultats louables qu’il aurait enregistrés à la tête de l’État, le gouvernement de Brigi Rafini vient d’être douché par la publication du classement annuel du PNUD [Ndlr : Programme des Nations Unies pour le développement] en matière d’Indice de développement humain (IDH) ; un classement qui fait foi et qui vient de classer le Niger, encore une fois, dernier depuis sept années d’affilée. Une affaire que Niamey a du mal à digérer en cette fin d’année 2018 qui a vu les autorités imposer, contre vents et marées, une loi des finances jugée antisociale par les citoyens. L’institution onusienne vient ainsi de mettre du sable dans l’atiéké de Mahamadou Issoufou qui fait manifestement plus de propagande que de travailler. Pour les Nigériens, qui vivent dans des conditions de plus en plus difficiles et lamentables, il n’y a aucune surprise dans ce classement. Il reflète l’état délabré des secteurs sociaux de base, essentiellement l’école, l’eau et la santé. Pour les partisans de cette gouvernance qui va de mal en pis, promptes à chercher des justifications ou des explications alambiquées à tout propos, il s’agit là d’un classement qui ne tiendrait pas compte des réalisations du Président Issoufou et certains, dans un zèle exécrable, n’hésitent pas à accuser le PNUD de parti pris, voire de complot visant à faire passer les maîtres de Niamey comme des incapables et des incompétents notoires. La tendance ne date pas d’aujourd’hui. Elle a été la réaction spontanée à un classement dont le calcul de la moyenne est fondé sur l’état et la qualité des services publics dans les secteurs sociaux de base.

Et si elle reste un très mauvais élève à ce niveau, s’offrant même le luxe, dans la loi des finances 2018, de faire des coupes massives dans ces secteurs sociaux de base pour alimenter des dépenses de prestige et/ou faire des cadeaux fiscaux à des firmes internationales qui font dans le profit, il n’en demeure pas moins vrai que Niamey se considère comme un élève mal aimé. Des mercenaires, sans doute aiguillés au sommet de l’État et ayant pour mission de jeter le discrédit et l’opprobre sur le PNUD, se relaient à chaque fois sur les plateaux de télévision, dans les studios de radios et le long des colonnes de certains journaux, pour montrer pourquoi les Nigériens ne doivent pas accepter ce classement. Hostile, voire allergique à toute critique, le régime de Niamey a constamment eu tendance à considérer, du moins au niveau national, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec leur façon de gouverner et/ou qui dénoncent leurs forfaitures, comme étant, soit des putschistes, soit des militant de Lumana, le parti du chef de file de l’opposition, Hama Amadou. Bon nombre de Nigériens, depuis 48 heures, s’offrent alors le plaisir de demander si le PNUD ne serait pas putschiste ou lumaniste. La question fait sourire et bien évidemment, il s’agit plus de se moquer des maîtres de Niamey que de traduire la réalité. Cependant, c’est si fréquent et systématique chez eux de voir la main de l’opposition partout, qu’ils perdent de vue la nécessité de se remettre en cause et de travailler véritablement au bienêtre des populations. Pour le moment, ils sont très loin du compte. Il n’y a pas un secteur dans lequel ils ont excellé, faisant plus la promotion des antivaleurs que d’inculquer à la jeunesse le goût du travail, l’intégrité et la volonté de réussir par l’effort et non la fraude et la triche. L’eau potable est sujette à caution, y compris à Niamey où des quartiers entiers passent des jours, voire des semaines, sans eau. Lorsqu’elle revient dans les ménages, l’eau est si noire qu’elle ferait peur à un animal. L’école est malade de la gouvernance et cette année encore, l’on craint le pire. Bref, s’il a de bonnes raisons de classer le Niger dernier, le PNUD risque d’être par contre d’être définitivement épinglé à la liste noire des organisations putschistes et/lumanistes.

Amadou Madougou
22 septembre 2018
Source : Le Canard en Furie

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