CDS Rahama : Le torchon bbrûle entre les potentiels successeurs à Abdou Labo

CDS_RAHAMA_2014___.jpgVraisemblablement, c'est parti pour la énième crise au sein de la Convention Démocratique et Sociale (CDS Rahama). Jusqu'à quand ? Et jusqu'où iront les deux camps antagoniques ? Eléments de réponse…

Le samedi 14 juillet 2018, Maitre Boubacar Madougou, se réclamant président par intérim de la CDS Rahama a sorti un communiqué pour donner les arguments qui plaident en sa faveur. Dans celui-ci, il évoque les faits, mais également les dispositions du Règlement Intérieur et des Statuts du Parti sur lesquelles il se fonde pour affirmer la légitimité de l'intérim de la présidence qu'il assume. Selon lui, la présidence par intérim du parti laissée à son adversaire Ibrahim Halilou par le président Abdou Labo, étant devenue, désormais, caduque, au regard de la déchéance de ce dernier à son poste, il revenait dès lors à la CDS Rahama de se conformer aux dispositions règlementaires et statutaires de leur formation politique. Ces dispositions sont notamment l'article 24 du règlement intérieur et l'article 41 des statuts. L'article 24 du règlement intérieur dispose que: " Les vice-présidents assurent l'intérim du président en cas d'absence, d'empêchement ou de refus délibéré... ". C'est sur la base de cette disposition que es 8 vice-présidents du parti auraient décidé de choisir parmi eux le président par intérim du parti. Deux candidats auraient alors été déclarés pour cette responsabilité : Maitre Madougou Boubacar, vice-président au titre de la région de Dosso et Ibrahim Halilou, vice-président au titre de la région de Tahoua.

Quant à l'article 41 des statuts, il dispose : " Le choix des personnes et les prises de décisions dans les organes et instances de CDS Rahama se font par consensus ; ... A Défaut du consensus, les élections dans les organes et instances du CDS Rahama se déroulent au scrutin uninominal et secret à la majorité simple ". C'est donc, selon le communiqué du président par intérim, Maitre Boubacar Madougou, faute de consensus que lui et son challenger (Ibrahim Halilou) se sont vus départager par un vote à l'issue duquel il a recueilli 4 voix et son vis-à-vis 3 voix.

Toute cette argumentation, c'est pour aboutir à la conclusion que la réunion du bureau politique national du 8 juillet 2018 convoquée par Ibrahim Halilou est nulle et de nul effet, ce dernier n'ayant pas es-qualité pour sa convocation.

Le communiqué du 14 juillet 2018 émanant de Maitre Madougou Boubacar se réclamant président par intérim légitime du CDS Rahama n'est rien d'autre qu'une réplique à la décision du 8 juillet 2018 issue de la réunion convoquée par son adversaire Ibrahim Halilou lui déniant justement la direction nationale de la CDS.
Cette guéguerre qui, visiblement, n'en finit pas, fait de ping-pong entre les deux camps antagoniques présage de lendemains incertains pour la cohésion du parti au drapeau vert et risque d'atterrir devant les tribunaux.

Pour rappel, la CDS Rahama, jadis 2ème force sur l'échiquier politique national, qui offert au Niger son premier président démocratiquement élu à la tête du pays de l'ère post conférence nationale, a connu plusieurs crises qui ont fini par entamer sa grandeur. Aux élections de 2016, le parti de Abdou Labo a enregistré une faible performance électorale, la plus faible de son histoire.

17 juillet 2018
Source : La Nation

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