Sommet interparlementaire sur le G5 Sahel : Vers la mise en œuvre d’un mécanisme parlementaire d’accompagnement du G5 Sahel

G5 SAHEL NIGERNiamey accueille depuis ce matin, un sommet interparlementaire sur le G5 Sahel couplé à une visite du président du Parlement européen, M. Antonio Tajani. Prennent part à ce sommet, les présidents des parlements des pays membres du G5 Sahel à savoir le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Tchad, ainsi qu’une délégation de l’Assemblée nationale française. Il s’agit pour les hôtes du président de l’Assemblée nationale, SE. Ousseini Tinni de réfléchir, au cours de leurs travaux, sur les mécanismes d’accompagnement parlementaire du G5 Sahel.

A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale de Mauritanie, le Vice-président du parlement burkinabè, et le président du groupe d’amitié France Niger à l’Assemblée nationale française sont arrivés hier après midi à Niamey. Les autres délégations parlementaires devraient arriver tard la nuit. Les travaux qui se déroulent au Palais des congrès de Niamey, comportent entre autres une rencontre au sommet des présidents des Assemblées nationales des pays membres du G5 Sahel et la délégation de l’Assemblée nationale française.

Au cours de cette rencontre, le député Jacques Maire, président du groupe d’amitié Française Niger, et chef de la délégation de l’Assemblée nationale française présentera un Résumé du projet de résolution. Il y aura ensuite les interventions des présidents des parlements des pays membres du G5 Sahel sur les thématiques Sécurité et lutte contre le terrorisme, problématique migratoire, Entreprises, Economie et Développement. S’en suivront ensuite des débats avant la lecture du Communiqué final du sommet.

Il faut noter ce sommet se tient au moment où le Président du parlement européen M. Antonio Tajani effectue une mission à Niamey. Durant son séjour M. Antonio Tajani s’entretiendra en tête à tête avec le président de l’Assemblée nationale SE. Ousseini Tinni et le Bureau de l’Assemblée nationale. L’UE est, comme on le sait, un partenaire dans le cadre du G5 Sahel.

Ces différentes sessions permettront aux premiers responsables des parlements de réfléchir sur l’apport de leurs institutions respectives dans la prise en charge des défis auxquels fait face la région de Sahel. Ces défis ont pour noms les menaces terroristes, la criminalité transfrontalière (trafics d’armes, de migrants et de drogues), mais aussi les changements climatiques, la croissance rapide de la population et l’instabilité qui en découle. Mais, il faut le dire, ces défis ne préoccupent pas seulement les pays du Sahel, ils préoccupent aussi les pays de l’Union Européenne. Et c’est d’ailleurs pour répondre aux multiples facteurs de cette instabilité, que l'Union européenne a adopté en 2011 une "Stratégie de sécurité et de développement au Sahel". Celle-ci constitue la première approche intégrée visant à faire converger différents programmes et instruments de politique extérieure vers des objectifs communs.

La présence à Niamey du président du Parlement européen s’inscrit donc dans cette dynamique de concertation et de coordination des interventions en vue de faire face aux défis communs au Sahel et à l’Union Européenne en particulier les menaces terroristes, les trafics de drogues, la migration irrégulière, etc.

Il faut noter que dans le sillage de cette Stratégie de l’UE, a vu le jour une autre initiative dénommée « Alliance pour le Sahel » qui regroupe la France, l’Allemagne, l’Union Européenne ainsi que plusieurs organisations comme le PNUD, la Banque mondiale. L'objectif est de créer les conditions d'un développement économique dans la région du Sahel. D'autres pays comme l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni ont rejoint l'initiative, alors que d'autres comme les Pays-Bas et les Etats-Unis ont un statut d'observateurs. L’Alliance pour le Sahel a identifié quelque 500 projets de développement à financer dans les cinq Etats membres pour un montant global de 7,5 milliards de dollars principalement dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’Agriculture.

Comme quoi, le G5 Sahel ne se limite pas uniquement à l’option militaire représentée par la Force conjointe, dans le combat contre le terrorisme, l’insécurité, la criminalité. Il vise aussi à promouvoir le développement à travers la lutte contre la pauvreté dans les pays, en particulier dans les zones en proie à la menace sécuritaire. Pour rappel, le budget de la Force conjointe du G5 Sahel est de l’ordre de 423 millions d’euros, sur lesquels, l’UE s’est engagée à débloquer 50 millions d’euros.

Le G5 Sahel a été créé le 16 février 2014 à Nouakchott et la convention actant sa création a vu le jour le 19 décembre 2014.

Siradji Sanda (onep)

17 juillet 2018
Source : http://lesahel.org/

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