Les postes de contrôle juxtaposés de Malanville : Qu’est ce qui retarde sa mise en service ?

Niamey MalanvlleLes postes de contrôle juxtaposés de Malanville est un ouvrage de la commission de l’UEMOA dont le financement en grande partie est assuré par l’union Européenne.

Selon les objectifs assignés à cette réalisation ayant couté plus de 11 milliards de francs CFA, les deux états, le Niger et Le Benin vont voir leurs économies s’accroitre pendant que les couts de transport et de transit connaitront une réduction considérable.

Dans cette même logique qui prévoit l’intégration ouest Africaine des états membres à travers la libre circulation des personnes et leurs biens, il faut noter la suppression de ce qui passe pour des tracasseries inutiles dont les passagers font face , c'est-à-dire les faux frais et les taxes informelles qu’ils paient aux niveaux de certains postes de contrôles et de sécurité.

Les postes de contrôle juxtaposés de Malanville sont à même de permettre le gain de temps dans les transactions et cela pourrait avoir des bonnes répercussions sur les produits à la consommation.

Cependant, cette logique qui souffre d’application, car la mise en service des postes n’est toujours pas à l’ordre du jour, amène bon nombre des Nigériens à se demander si des problèmes ne se pointent pas à l’horizon.

Y a-t-il un accord entre les deux états par rapport aux principes de gestion de ce joyau ?

A rappeler que le Benin est un peu plus en avance sur le Niger en matière de gestion de frontières dont il tire essentiellement ses ressources.

Un autre aspect qui n’est pas à négliger est la construction des routes, un défi majeur pour le Niger tandis que le Bénin est avancé en cette matière.

Toutes ces réalités n’échappent pas au commun des Nigériens dont la curiosité se gonfle au fur et à mesure que les dates initialement indiquées pour la mise en service des postes de contrôle juxtaposés passent sans aucune explication.  

D’aucuns disent que le Niger n’est pas prêt à se lancer dans cette aventure qui, semble-t-il, est une nouvelle réforme dont le contour exprime la crainte de débarquer dans l’incognito.

Selon le Secrétaire Général du Ministère des transports Monsieur Attaoulahi Zakaouanou, les postes de contrôle juxtaposés de Malanville est un outil d’intégration sous régionale et de félicitation de transport inauguré en 2014 par le chef de l’Etat Issoufou Mahamadou du Niger et Yaya Boni du Benin.

Un comité composé des cadres Nigériens et Béninois ont suivi les travaux du chantier jusqu’à la finition.

Après l’inauguration, un autre comité dit comité des acteurs a été mis en place envue de l’opérationnalisation de ces postes de contrôle juxtaposés.

Il a rappelé l’existence des postes de contrôle juxtaposés dans la sous-région, notamment entre la frontière du Burkina et le Togo, à Sekanssé.

Etant le premier à être réalisé, ce poste présente quelques imperfections, a dit le SG du Ministère des transports qui explique que ces imperfections sont évitées au niveau du PCJ de Malanville.

Ceci pourrait justifier le retard dans la mise en service du PCJ de Malanville, a-t-il déclaré.

Il ajoute que le poste de Sekanssé est géré par un opérateur indépendant et avec toutes les failles constatées dans sa gestion, la destinée de celui de Malanville est à mettre dans les mains du Niger et le Bénin qui vont assurer la gestion ensemble.

Aussi, Monsieur Attaoulahi Zakaouanou a fait cas d’un problème de designer le représentant du Niger de la chambre de commerce du Niger, car il s’agit du problème lié à la caution nationale qui se doit d’être réglé de façon définitive.

Le transit routier inter Etats TRE consiste à prélever une seule caution au niveau du port de transit, c'est-à-dire que les transporteurs déposent leurs cautions en laissant un seul carnet de transit qui va suivre la marchandise de bout en bout.

Or, aux niveaux des frontières d’autres carnets sont présentés à vouloir prélever des frais supplémentaires sans compter la restitution de la part de caution destinée à l’autre pays de destination, ce qui n’est pas toujours fait, a-t-il martelé.

C’est pourquoi la chambre de commerce du Niger demande à ce que ce détail soit réglé avant de désigner son représentant.

Pour le représentant résident de la commission de l’UEMOA au Niger, Monsieur Sérigne Mbacké SOUGOU, la mise en service des postes de contrôle juxtaposés de Malanville requiert un certain nombre de conditions à savoir :

  • La procédure de gestion qui change de régime, car il est enfin trouvé indispensable d’introduire la cogestion par les deux états qui désigneront leurs administrateurs avec l’accompagnement de l’UEMOA.

Par rapport à cette option de cogestion appuyée par l’UEMOA, le représentant résident de la commission déclare que tous les acteurs sont fins prêts à rendre opérationnels ces postes où on pourra retrouver, pour chaque pays, la douane, la police, la santé animale, phytosanitaire, l’environnement, le service de migration, des représentants des transporteurs car, dit-il, l’idée c’est de permettre la facilitation de transit et transport.

Il est d’avis que le PCJ de Malanville doit servir de modèle optimal pour les autres pays et cela va de soi que d’importantes études expérimentales soient menées avant sa mise en service.

Par conséquent, il a aussi parlé de l’exemple de Sekanssé entre le Burkina et le Togo qui est beaucoup plus édifiant à mettre au profit des PCJ de Malanville.

Les difficultés auxquelles les postes de contrôle juxtaposés de Sekanssé font face sont du point de vue institutionnel, a-t-il indiqué.

Dans cette optique de doter les PCJ de Malanville d’un cadre institutionnel qu’il faut, nous impliquons aussi les populations des deux pays qui doivent coopérer dans le sens d’atteindre les objectifs fixés, a noté Sérigne Mbacké.

Après le rendez-vous manqué du 30 juin 2018, la mise en service des PCJ de Malanville serait une réalité en mi-juillet 2018.

ISSA MOUSSA

30 juin 2018
Source : https://www.nigerdiaspora.net

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