Formation aux techniques de lutte contre la corruption, le blanchiment, l’identification et la confiscation des avoirs criminels : Renforcement des capacités des éléments des FDS impliqués dans la lutte contre la corruption

Une  session de formation consacrée  aux « techniques de lutte contre la corruption, le blanchiment, l’identification et la confiscation des avoirs criminels » a été organisée le 19 juin dernier à Niamey. Avec le soutien financier de l’Union Européenne, cette formation qui durera deux semaines renforcera les capacités des différents acteurs impliqués  dans la lutte contre la corruption, à savoir le pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre les infractions économiques et financières, la police, la gendarmerie, la douane et la Haute Autorité à la Lutte contre les Infractions Assimilées (HALCIA). 

En ouvrant les travaux de la formation, le Vice-Président de la Haute Autorité à la Lutte contre les Infractions Assimilées (HALCIA), M. Salissou Oubandoma, a souligné que le blanchiment d’argent, la corruption et la saisie des avoirs criminels, sont  des thèmes assez complexes,  qu’ils constituent un savoir dont  le fossé est inépuisable. C’est pourquoi, il a salué cette formation qui vient à point nommé, car elle participe sans doute au renforcement des capacités des différents acteurs concernées par la question. Pour Salissou Oubandoma, la corruption est un phénomène mondial qui se caractérise par des facettes multiples et se manifeste sur plusieurs échelles. La corruption implique un comportement de la part d’un agent public qui s’enrichit de manière illicite en détournant un pouvoir qui lui a été confié. La corruption implique également le comportement d’un acteur économique qui utilise des pratiques diverses pour contourner la règlementation.

Quant au blanchiment d’argent, il est l’action de dissimuler la provenance d’argent acquis de manière illégale (spéculations illégales, activités mafieuses, trafic de drogue, d’armes, extorsion, corruption, fraude fiscale etc. afin de le réinvestir dans les activités légales. A ce titre, le Vice-Président de la HALCIA a dit que le blanchiment d’argent favorise la corruption et déstabilise l’économie des pays vulnérables comme les nôtres. De plus, il compromet l’intégrité des Institutions et des systèmes financiers légitimes et procure au crime organisé les fonds nécessaires pour entreprendre d’autres activités criminelles. 

De son côté, l’Ambassadeur de l’Union Européenne au Niger, SE Paula Mateus Raul se réjouit de la place de la lutte contre le crime organisé et la criminalité financière dans l’agenda national des autorités politiques du Niger (PDES 2017-2021) et dans le cadre législatif et juridique en vigueur. Il salue l’adoption récente de la stratégie nationale de lutte contre la corruption et des infractions assimilées par le Gouvernement. Le blanchiment des capitaux et plus généralement la criminalité financière ainsi que le crime organisé constituent aujourd’hui de grands défis qui exigent, en plus d’un engagement ferme à l’image de celui dont font montre les autorités nigériennes à tous les niveaux, beaucoup de rigueur technique et professionnelle pour y faire face. Ils sont néfastes pour la croissance économique et un obstacle au développement durable.

Selon l’Ambassadeur, pour accompagner les autorités nationales dans la mise en œuvre de leurs politiques et stratégies en la matière, l’UE a mis en place un nouvel instrument financier qui est le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique. C’est dans ce cadre que le projet Appui à la Justice, à la Sécurité et à la Gestion des Frontières au Niger (AJUSEN) a été formulé et approuvé en 2016. L’objectif de cet important appui de l’Union Européenne en faveur du Niger est d’accompagner les efforts des autorités nigériennes visant à doter les acteurs du secteur des capacités à la hauteur des défis actuels notamment la lutte contre les crimes organisés, le terrorisme et les différents trafics. Son institution reste disposée aux cotés de l’Etat du Niger pour l’accompagner dans sa volonté de relever les défis du développement et de la sécurité, condition nécessaire pour assurer le bien-être des populations dans un Etat de droit.

Le Chef de projet, M. François Dupin, a mis l’accent sur les grandes lignes des différents programmes du Projet. Il a présenté ses remerciements aux différentes partenaires  qui appuient le projet, avant d’étaler succinctement les différentes phases du projet et d’identifier les acteurs de la chaine pénale. Il a parlé du travail des magistrats, des forces sécuritaires et leurs équipes pour l’atteinte des objectifs. S’agissant du volet sécuritaire, l’AJUSEN a pour objectif principal de renforcer les capacités de la sécurité intérieure notamment la douane, la police judiciaire, les magistrats et les agents de la HALCIA.

 L’Expert formation projet, M. Valero Pierre, a défini, quant à lui la formation comme étant axée sur le renforcement des capacités et le développement des compétences du volet sécurité du Projet AJUSEN au profit des forces de sécurité intérieure. Cette session devrait leur permettre d’améliorer leur performance, sur le terrain du travail quotidien et aussi  leurs interventions dans la chaine pénale. Cette formation est en phase avec cette dynamique de renforcement de leur capacité à répondre efficacement aux demandes du public en termes de sécurité dans le respect de l’éthique et de la déontologie.

 Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

21 juin 2018 
Source : http://lesahel.org/

Imprimer E-mail

Politique