Nomadisme politique : La danse du ventre en marche

Depuis quelques temps, le contexte politique national est quelque peu secoué par des démissions tous azimuts de militants au sein de certaines formations politiques. Des militants non satisfaits de la gestion de leur parti qu’il considère comme un patrimoine commun décident de claquer la porte au profit d’autres structures politiques plus rentables. Toutes ces démissions ont un point commun : manque de conviction. La politique, pour cette nouvelle catégorie de militants, se résume à un gagne pain !
Le MPN de l’ancien ministre des Affaires Etrangères traverse une situation préoccupante depuis son retrait de la mouvance présidentielle. Certains militants, opportunistes de surcroit, se retirent du parti. La plupart annonce leur démission avec fracas comme s’ils sont indispensables au sein du parti. Les raisons de ces démissions en cascades se résument à la non satisfaction des intérêts personnels. Pour de nombreux militants, ces départs permettraient à terme de purifier le parti.
L’une des démissions qui a le plus surpris les observateurs est celle de l’ancienne ministre de la communication. Elle a quitté son poste de ministre après le retrait de son parti de la mouvance présidentielle. Quelques temps après, elle annonce sa démission au sein du parti et rejoint le principal parti au pouvoir.

Une autre militante en l’occurrence la vice-présidente nationale des femmes a, elle aussi, informé le public de sa démission. Elle reproche au Président du parti sa prise de décision hâtive relativement à son retrait de la majorité présidentielle. Dans un courrier qui a fait le tour des réseaux sociaux, elle a réaffirmé son soutien au Président de la République.
Un autre cas curieux est celui du député du parti. Il refuse qu’on lui mette du sable dans le couscous. N’ayant pas l’audace de démissionner, il soutient le régime tout en restant dans le parti. En agissant de la sorte, il sera à coup sûr exclu du parti pour insubordination.


En dehors de Kishin Kassa, Amin-Amen et CPR Inganci traversent la même situation.
En effet, un militant du parti Amen-Amin va lui aussi rejoindre Bassira du ministre Ben Mohamed. Il sera nommé conseiller du ministre. Sacré Niger, Il aura seulement suffit que son ministre soit limogé pour qu’il trouve une issue heureuse conforme à ses ambitions politiques.
Au sein du parti Inganci, ce sont des démissions en fracas. Le Secrétaire Général du parti ayant raz le bol des agissements du Président du parti, a adressé une correspondance à Kassoum Moctar afin de lui assener ses
vérités. Pour le SG, Kassoum Moctar tend à gérer le parti à sa guise. Il fait ce que bon lui semble oubliant qu’une formation politique est un patrimoine collectif où toutes les opinions aussi contradictoires qu’elles soient se valent.
Agacé, le Secrétaire national chargé de la communication du parti rend également le tablier.
Toutes ces défections dénotent d’un manque de conviction politique. Ces transhumants considèrent sans aucun doute la politique comme une activité lucrative. Quand on ne tire pas ses comptes le mieux serait de démissionner. D’ailleurs, la politique nigérienne est telle qu’il faut veiller sur ses intérêts.

19 juin 2018
Publié le 30 mai 2018
Source : L'Actualité

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Politique