Niger, MPN Kiishin Kassa : La clarification

Ibrahim Yacouba Mpn Kiishin KassaDepuis aujourdhui un peu plus d'un mois, le MPN s'est retiré de la majorité présidentielle,en même temps que ses ministres quittaient le gouvernement.
En suivant le fil des déclarations et certains articles de presse, l'on apprend que ce retrait est en vérité l'épilogue d'une tension qui couvait depuis plus d'un an,lorsque le président du MPN et en même temps ministre des affaires étrangères écrivit (en avril 2017)à son Premier ministre pour désavouer un projet de code électoral que son parti considerait déjà comme ,je cite, "nocif pour la démocratie au Niger".

Cette tension s'est exacerbée en mars 2018,lorsque le MPN ,cette fois doublé du rsd,écrivit à nouveau au PM pour réaffirmer son opposition au code électoral.
Les observateurs ont noté que le point critique a certainement été atteint lorsque le MPN rendit publique,le 3 avril 2018, une importante déclaration publique radiotélévisee pour encore (et avec des termes forts) dénoncer le nouveau code électoral,la nouvelle composition de la CENI et autres violations graves des droits et libertés au Niger.

Cette chronologie liée aux prises de position du MPN par rapport au code est maintenant assez bien connue des nigeriens.

Ce qui ,par contre,attire mon attention, c'est le lien fort entre le départ du parti de la majorité et les démissions des deux responsables du parti ,ainsi que le grand ecart que tente le député tanimoune Oumarou .Ce dernier, selon les propos d'un député Pnds , est "accroché éperdument au poste de vice président de l'assemblee nationale".

En fait,à l'analyse,ces événements sont plus que liés .En effet,en écoutant les récentes interviews du président du parti MPN et les dernieres déclarations ou communiqués du MPN, l'on peut se rendre compte facilement ce parti renoue en fait avec ses lignes politiques originelles et le soubassement idéologique qui avait été sa marque pendant la campagne des élections 2016.
C'est comme si le MPN decidait d'effacer la parenthèse de son soutien au Président issoufou Mahamadou et de reprendre corps avec son fondement politique d'un parti progressiste et panafricain ,dont l'élément central est la ruprure d'avec tout ce qui se faisait jusquici.Un des slogans du MPN disait en 2016"Ensemble,le Niger autrement ".

Il y a donc aujourdhui une clarification politique nette qui s'est opérée au niveau du MPN.
En s'engageant resolument à l'oppposition, le MPN se trace une ligne politique plus cohérente , plus nette et plus conforme à ses valeurs. Dès sa création,le MPN a toujours été un parti des jeunes et des femmes qui ne demandent que le changement.Or, celui-ci ci ne peut s'opérer en s'acoquinant avec un gouvernement qui incarne, aux yeux des nigeriens, toutes les tares de ce monde.
Niger, MPN Kiishin Kassa : La clarificationLe retrait du parti est donc une action inattendue pour certains,mais vitale pour la crédibilité du parti.
Certains analystes qui ne savaient pas lire les événements politiques ont dû etre surpris. Certains militants, qui n'ont jamais compris l'orientation politique du parti,ont dû aussi être désarçonnés . Et c'est justement cela qui a provoqué le decrchage des deux demissonnaires et du grand écart que tente le député Tanimoune Oumarou.
Au fond ,au fur et mesure que le temps passe, le MPN affine son corps dirigeant et se deleste de ceux qui se sont retrouvés au MPN, presque par hasard , ou pour des postes et le confort du pouvoir (le cas du député tanimoune)ou sans engagement ,sans meme aucune culture politique et sans aucun électorat (les cas de la trésorière sani koubra et de la vice présidente des femmes habi kadi).

Tous les partis ont connu ces situations et ont eu des departs symboliques lorsqu'ils ont changé de bloc politique : Le pnds,lorsqu'il a quitté l'afc et qu'il s'est allié au mnsd a, eu beaucoup de departs retentissants à l'époque ;le lumana lorsqu'il a quitté le gouvernement en 2013 a eu des départs et même des ministres qui sont restés au gouvernement ,etc.

Il y aura donc encore dautres départs au MPN,mais comme dans les deux partis cités dans les deux exemples,ils répondront toujours aux mêmes considérations et n'auront quasiment aucun impact électoral.
Pendant ce temps,au niger tout comme à lexterieur,le parti gagne en crédibilité et devient de plus en populaire auprès des jeunes et des femmes qui aspirent au changement .Et le discours du parti est devenu plus conforme à l'orientation politique du parti annoncée lors du lancement du parti en 2016.

En janvier 2018,J'avais deja ecrit, qu'en écoutant le discours du président du MPN à l'anniversaire de Dosso, ce parti navait plus rien à voir ,ni à faire avec le gouvernement de Brigi Rafini. Certains m'avaient même insulté à cause de ça sur internet.
Le retrait intervenu quatre mois plus tard m'a donné entièrement raison.
Aujourdhui encore,je peux dire avec certitude que le retrait du parti MPN de la majorité et le décrochage de certains responsables en déphasage avec la ligne du parti sont une clarification opportune et heureuse pour ce jeune parti.C'est comme lorsque l'oiseau prend son envol ,il se débarrasse toujours des plumes mortes.C'est le cas pour le MPN aujourd'hui ,ce fut ,comme je viens de l'evoquer,la même situation pour le pnds en 1994 et pour le lumana en 2013.Et ces partis ont eu aussi, à ces périodes là , à subir les assauts du parti au pouvoir.Sans grand impact sur leur développement , tout comme ce sera sans grand impact aujourd'hui sur le MPN.

Il y a deux avantages à cette clarification. Le 1er est lié au développement du MPN .En se clarifiant,le parti va connaitre un progrès considerable,c'est l'histoire politique qui l'a prouvé partout.
Le 2e avantage, cest le renforcement de l"opposition face à ce gouvernement de Brigi Rafini qui a échoué sur beaucoup de plans et que tout le monde considére comme etant dans une installation progressive d'une dictature au Niger.

L'avenir confirmera ou dementira mes propos, mais il reste certain que le MPN va devenir, dès les prochaines élections, l'une des principales forces politiques de ce pays.En tout cas ,tous les indicateurs le montrent déjà.

Sani Oumarou

29 mai 2018

Imprimer E-mail

Politique