Message du Président Hama Amadou à l’occasion du 9eme anniversaire du Moden-Fa/Lumana-Africa

Hama Amadou 9eme Anniversaire Modem FA Lumana AfricaMesdames et Messieurs
Chers Militantes et Militants
du Modem /FA Lumana Africa

Depuis deux ans maintenant, l’occasion ne m’a pas été donnée de m’adresser directement à vous, dans le cadre intime de notre parti.

Aussi, de nombreux intervenants aux accointances mal définies se sont-ils chargés de parler de la vie de notre parti, des responsables de nos structures et de la manière dont nous avons choisi de mener notre combat contre la dictature, nous stigmatisant et nous invectivant, pour notre soi-disant inefficacité face aux abus du pouvoir en place.

Il est ainsi prouvé une fois de plus, que pour fuir ses propres responsabilités, on s’en décharge sur les autres.

La gouvernance actuelle du Niger n’est pas de la responsabilité de l’opposition. Mais certains Nigériens souhaitent que l’opposition seule se batte à la place du peuple pour lui rendre sa souveraineté et sa liberté, endossant seule pour tous, la charge de l’inimitié d’un régime paranoïaque et fou.

Que donc, ceux qui accusent l’opposition de faiblesse et de démission, nous disent ce qu’ils ont fait, quant à eux, pour se dresser contre les dictateurs qui nous gouvernent et les tontons macoutes, leurs sbires, chargés des basses besognes du régime.

Certes, les commentaires et les critiques acerbes sont foisons dans les salons.

Cependant, aussi virulents que caustiques soient ces jugements à domicile, ils ne contribuent en rien à la réalisation des vœux communs.

Il est vrai néanmoins que si de telles expressions peuvent servir à mesurer le degré de ras-le-bol de la nation, elles ne peuvent malheureusement pas affecter de manière significative la défense de la démocratie, et forcer le respect de la constitution ainsi que les lois de la république.

En effet, les forces de la prédation, ennemies jurées de la démocratie, ne reconnaissent que la règle du rapport des forces.

C’est pour cette raison, que face à la force détournée du pouvoir d’Etat, il faut opposer une véritable mobilisation des forces de la société nigérienne dans son ensemble.

Si donc l’opposition est faible, c’est parce qu’elle n’est pas nourrie par la mobilisation de tous les citoyens soucieux de leurs droits constitutionnels autant que de la bonne gouvernance du pays.

En conséquence, la faiblesse de l’opposition ne peut résider que dans la démission d’une grande partie du peuple nigérien, prête à accepter de s’accommoder d’un régime d’assujettissement, pour ne pas dire d’esclavage.

Aussi, les esprits critiques doivent-ils apprendre à se mobiliser pour venir se battre sur le terrain aux cotés de l’opposition, aux côtés de la société civile, aux côtés des scolaires, et aux cotés des victimes de l’insécurité grandissante. Car, le combat pour la liberté ne saurait être le combat des seuls partis politiques ou de la société civile.

Ce combat réclame l’effort de chacun et de tous ; que cet effort soit physique ou financier, cet effort est requis de chacun des citoyens de notre pays.

Militantes et militants

Nous entendons aussi certains analystes, dont la bonne foi, parait discutable, prétendre que le désastre politique, économique et social, résultat de la gouvernance calamiteuse du régime de la renaissance, est imputable à toute la classe politique nigérienne.

En quoi donc, l’opposition qui dénonce et critique les travers de ces renaissants aux méthodes de nécromancien, est-elle co-responsable des turpitudes de ceux-ci ? Assurément, l’amalgame est loin d’être de bon goût et relève sans nul doute des esprits qui refusent l’équité et qui, pêle-mêle, jettent dans le même caniveau les poissons pourris et leurs honnêtes congénères.

C’est pour dire autrement que notre pays a besoin d’objectivité, comme il a besoin du courage et de l’alacrité de ses enfants les plus conscients et les plus responsables.

Mesdames et messieurs

Ainsi donc, face à la pusillanimité démissionnaire du peuple nigérien, le régime des renaissants se croit en droit de préparer sournoisement, dans les bas-fonds des quartiers secrets de son bureau politique, la réédition d’un Tazartché par la fraude électorale et les manipulations du fichier des élections.

C’est pourquoi, il est impératif pour ces démocrates de façade d’éliminer sans pitié tout homme ou toute force susceptible de contrarier ce méchant dessein.

C’est pour la même raison qu’il leur importe de remodeler la CENI afin qu’elle épouse entièrement l’objectif de la prolongation de la vie du régime au pouvoir. Cette nécessité leur impose donc d’épurer l’armée, la police, et toutes les forces de la puissance publique, afin de les mettre au service exclusif du parti, tout en refondant la justice en vue d’en éliminer les magistrats rétifs à l’assujettissement politique. Si bien que le citoyen condamné par le parti, le sera inévitablement par la justice.

L’objectif final visé étant de parvenir à mettre au pas toutes les institutions, afin que le pouvoir de son chef soit total, et insusceptible de contestation par quiconque. Déjà, les documents devant servir la réalisation de ce   projet anticonstitutionnel sont en train d’être secrètement édités.

Le fichier électoral quant à lui est entre les mains des experts du parti pour étude, afin de le conformer au même dessein. On détourne entre temps l’attention des partis politiques et des citoyens de ces manœuvres souterraines, en multipliant les abus et les injustices que l’on sait. Guri assurément est confiant, car il fonde son audace, sur la prétendue lâcheté des nigériens.

A cet égard, ne nous a-t-on pas publiquement invités, à créer le rapport de force si nous voulons amener le régime à discuter ?

Comment imaginer qu’un gouvernement responsable puisse inviter l’opposition, et les citoyens à déclencher la guerre civile, si tant est qu’ils veulent véritablement être écoutés par les tenants du pouvoir en place ?

Cette attitude et ces propos nous donnent la vraie mesure des hommes et des femmes que le hasard de l’histoire et les complots sordides ont placés aux commandes du Niger.

Mesdames et Messieurs

Pardonnez-moi cette longue digression, mais je crois qu’il est utile d’en parler, car les mois à venir risquent d’être fatals pour l’avenir du Niger, faute d’une prise de conscience sérieuse de la situation politique qui prévaut.

En ce qui concerne en particulier Lumana-Africa, les suppôts de la renaissance considèrent que l’affaire est pliée et le sort de son président définitivement réglé. Du moins, souhaitent-ils faire accroire à nos militants qu’il en est ainsi. Puisqu’il ne peut plus se présenter aux élections ni diriger le parti, il ne vous reste, pauvres militants du Moden /FA, qu’à vous démobiliser et enterrer ce parti désormais sans âme.

 

 

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