Crise au sein de l'ANDP Zaman Lahiya : La fille du père-fondateur préconise le consensus

Feu Moumouni Adamou Djarmakoye, père-fondateur de l'ANDP Zaman LahiyaFeu Moumouni Adamou Djarmakoye, père-fondateur de l'ANDP Zaman LahiyaDepuis la mort de son président, le Général Moussa Moumoui Djarmakoye, le parti ''Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès'' (ANPD- Zaman Lahiya) connait une crise interne, née de la guerre de succession à la direction du parti. Dans cette atmosphère tendue entre militants, regroupés au tour de plusieurs clans, l'une des filles du ''père-fondateur'' du parti, feu Moumouni Adamou Djarmakoye se prononce. Il s'agit de Kadidjatou Moumouni qui était l'invité de l'émission ''face-à-face'' de la télévision Ténéré''. Sur les antennes de nos confrères, la militante de l'ANDP et Présidente de la ''fondation Adamou Moumouni Djamakoye'' rappelle ses camarades au respect de la ''valeur cardinale'' du parti à savoir, le consensus. Selon elle, " seul le consensus peut sauver le parti ".

C'est la première fois qu'un membre direct de la famille Moumouni Adamou Djarmakoye se prononce sur la gestion de ce parti. Dans cet entretien qui a duré plus d'une demi-heure, Kadidjatou Moumouni a décrypté, à sa manière, la situation très conflictuelle de la formation politique. Cependant, la militante dit avoir agi à son nom propre et non à celui de sa famille.

Mme Kadidjatou a tout d'abord reconnu que le parti ANDP se trouve aujourd'hui dans " une impasse véritable ", due à un manque de consensus entre militants depuis le décès de son oncle, le Général Moussa A. Djarmakoye qui a succédé à son père à la tête du parti.
Face à cette tension qui n'a que trop duré, l'héritière politique du père-fondateur a jugé utile de rompre le silence et de rappeler sa famille politique à l'ordre, une façon pour elle de contribuer à la sauvegarde de ce ''patrimoine politique''. C'est la raison de cette sortie médiatique.
Selon elle, le parti ANDP a toujours été un parti de consensus et a joué " un rôle central " dans la promotion de la paix au Niger. Ce n'est pas un parti de moindre importance, a-t-elle soutenu.
Lors des dernières élections présidentielles, il a récolté un résultats satisfaisants et ceci grâce à la bonne gestion de son ancien président, le défunt Moussa Djermakoye.

Depuis sa création, devrait-elle souligner, la présidence du parti a toujours été assurée par les membres de la grande famille Djarmakoye.
A la question de savoir si la direction du parti va nécessairement revenir à un membre de cette famille, Mme Kadidjatou répond : " Non... Pas forcément ". Cependant, " la famille peut avoir son mot à dire dans la désignation du prochain dirigeant du parti " a-t-elle nuancé. L'élection du prochain dirigeant du. parti, c'est justement la question qui divise. A l'heure actuelle, on note six candidatures déclarées qui sont en examen. C'est dire qu'aucune d'entre elles n'est à présent validée. Mais déjà des voix s'élèvent pour remettre en cause la légitimité et donc l'inéligibilité de certains candidats. Ce qui a déclenché une bataille juridico- médiatique.

Mme Kadidjatou Moumouni Mme Kadidjatou Moumouni Situant à de son point de vue l'origine de ce problème, la fille du père-fondateur pointe du doigt l'abandon du consensus dans les instances décisionnelles du parti.

" Depuis la mort du Président Moussa, il n'y a plus le mot consensus. Les gens exigent désormais les votes, et après chaque vote, les perdants décident de quitter le parti " a-t- elle regretté. C'est pourquoi, lance- t- elle : " j'en appelle aux militants de revenir au consensus, car seul le consensus peut sauver ce parti.

Parlant de cette mésentente au sein de sa famille politique, Mme Kadidjatou dit ne pas être surprise, car dira-t- elle, d'une part les textes actuels du parti " laissent à désirer " et d'autre part " le présidium intérimaire est en train d'échouer " dans sa gestion.

C'est dire que selon, elle le parti doit revenir à ses fondamentaux à savoir le consensus et les négociations, et du coup, abandonner le ''formalisme catégorique''. " Si tous les prétendants au poste du Président se retrouvent au tour d'un table pour discuter, je suis sure qu'on va réussir " a-t-elle martelé, avant d'ajouter que " dans la culture de l'ANDP, le vote n'a amené que la division ".

Revenant sur la gestion du parti par le Président intérimaire, M. Sani Ousmane dit Dan Didjé, Mme Kadidjatou dénonce ''un abus de pouvoir'' de la part de celui qui, selon elle, devait se limiter à l'organisation l'élection du nouveau Président du parti. Mais par outrance, ajoute-t-elle, le Président intérimaire se permet de prendre des décisions qui affectent le parti. A titre d'exemple, elle dira que Dan Didjé décide même et à lui seul de la nomination des cadres du parti dans des postes de responsabilité par le pouvoir en place. En gros, explique- t- elle, Dan Didjé ne consulte pas le bureau, ni la base quand il prend ses décisions.

A la question de savoir quand se tiendra le congrès électif du parti, elle répond, il ressort de la décision de la justice, étant donné que l'affaire est pendante devant les juridictions. Mais selon elle, la majorité des militants ne sont pas favorables à congrès étant donné " qu'ils sont habitués au consensus ", surtout que l'organisation d'un congrès coûte chère.

Mahamane Sabo Bachir

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