Menaces et intimidations des alliés : Ne pouvant plus supporter les outrages faits à la démocratie et à l’Etat de droit, Kiishin Kassa a choisi le Niger…

Menaces et intimidations des alliés : Ne pouvant plus supporter les outrages faits à la démocratie et à l’Etat de droit, Kiishin Kassa a choisi le Niger…Le Niger, on aurait cru, face à la détérioration de toutes ses valeurs et au rabaissement de sa démocratie et de sa pratique politique, est dans de mauvaises mains qui ne peuvent écouter personne, ne cherchant plus qu’à profiter du pouvoir d’État, harcelant un autre, déstructurant notre société, ébranlant sa cohésion séculaire, n’ayant que faire de ce que les Nigériens puissent s’entendre. Quand il aurait fallu attendre de voir au pouvoir ces socialistes de pacotille pour entendre dans le discours politique officiel, une exploitation cynique et irresponsable de l’ethnicisme dans un pays aussi fragile, les Nigériens se demandent bien s’il faut croire que ce sont les agités d’une certaine force vive de la nation qui avaient pour slogan « trois à zéro » qui seraient enfin au pouvoir pour laisser ces « électrons libres », tenir de tels propos divisionnistes qui ternissent l’image de notre démocratie «nouvelle « et polluent un climat politique et social national délétère ? Jamais ces questions prohibées, n’ont été aussi instrumentalisées, commercées que sous ce régime avec un, qui tout en nourrissant des ambitions présidentielles, s’en sert à cœur joie, parlant dans ses démesures d’officiers ethnicistes, et un autre – poussé peut-être par son système – qui ose sur un média exploiter maladroitement à des fins politiciennes, la fibre dangereuse de l’ethnicisme. Comment d’ailleurs ne pas croire qu’il est en mission : alors qu’il disait des choses aussi graves et que rien ne devait lui arriver, de l’autre côté le même pouvoir, peut arrêter d’honnêtes citoyens qui ne font porter dans la rue et ce pacifiquement, que des colères populaires qu’attisent une loi de finances décriée et une gouvernance politique faite d’injustices et de crimes économiques immenses. Le pays va mal.

C’est une certitude. Mais le régime a réussi à corrompre, une classe politique sans ambition si ce elle n’est mue que par l’égocentrisme, oublieuse de ce qui fait l’intérêt national, défendant seulement le pain qui lui profite, laissant un autre conduire le pays dans le chaos, tant qu’il est rassuré de garder une position dans le système. Dans ce qui fait la MRN et l’APR, il n’y a que ceux qui croient à la politique du business, profitant de privilèges, ivres de gloutonnerie maladive, pour trouver à manger sans jamais se soucier de ce qui arrive et peut arriver à leur pays. Tant que notre démocratie ne se libèrera pas de ces connivences dangereuses, de ses soutiens aveugles et serviles, le pays ne peut que sombrer face à l’indifférence calculée et mercantiliste de certains de ses enfants corvéables, face à l’inconséquence de certains de ses enfants à qui l’envie de manger à enlever toute lucidité. On ne peut donc que saluer la démarche courageuse et responsable du parti Kiishin Kassain, et ce malgré tout ce qu’on peut lui reprocher. Les Nigériens savent ainsi reconnaître à l’Honorable député Oumarou Abdourhamane, ses positions responsables, indépendamment de ce que pourrait dicter un « commandement politique » à l’intérieur d’une alliance alambiquée où le parti politique est méprisé et déconsidéré. D’ailleurs, beaucoup d’observateurs savent que dans la MRN et l’APR, il n’y a pas d’alliés mais les otages d’un régime, qui ne peuvent avoir, dans l’appréhension des représailles du «Maître» fougueux le courage de s’affranchir du dictat d’un système qui n’a pas d’état d’âme à faire le mal même à celui qui lui a fait du bien, ne pouvant jamais s’en souvenir, pour manifester quelque gratitude. L’Honorable Oumarou Abdourhamane est un digne fils du pays qui donne des fiertés et des repères à une certaine jeunesse, a toujours eu ses prises de position libre, guidé seulement par ce qui fait l’intérêt du Niger et de sa démocratie. Il refuse de se faire ce député godillot, instrument entre les mains d’un tutorat cruel qui aspire à dominer tout le monde, ne laissant aucun espace de liberté à un autre. Or, combien sont-ils, ceux-là qui, tout en étant avec le PNDS dans ce jeu hypocrite, loin des radars du système, disent leur malheur, leur déception, les souffrances qu’ils endurent, la marginalisation dont ils sont victimes, leur peur de l’avenir.

Audace et responsabilité…

Cela fait longtemps que les Nigériens savent qu’au sein de l’alliance qui gouverne, il y a quelques bisbilles que l’on a réfutées, quand même elles étaient réelles. On voulait faire croire que la MRN est un béton comme le disait de l’armée, un autre, il y a quelques années.

D’ailleurs, avoir cette attitude sincère même dans une amitié, ne peut être bien perçu par des socialistes allergiques à la contradiction, pour des socialistes qui ne peuvent entrevoir la politique que dans la divination du leader politique, dans le culte de la personnalité. Dès lors, ainsi que l’a notifié le professeur Namaiwa de l’Université de Dakar à leur parti, Kiishin Kassa doit savoir à quoi s’en tenir. Le parti d’Ibrahim Yacouba ne connaitra pas la paix car tant que vous n’êtes pas avec le PNDS, vous n’êtes plus qu’à abattre. Le Moden Fa Lumana en sait quelque chose et c’est peut-être pour cela que bien d’autres alliés sont indécis, et hésitent à prendre leurs responsabilités. Pourtant, cela ne devait pas être compliqué : en des moments de l’histoire d’un peuple, les choix ne sont pas si difficiles. Entre un peuple et un clan, le choix n’est pas si difficile. Dans la grandeur et la magnanimité, le MPN-Kiishin Kassa, après toutes les tentatives internes, sort de l’ombre et choisit le camp du peuple, le camp de la vérité : qui pourra savoir ce que pourrait devenir le Niger, après ces élections dangereuses que le régime veut organiser pour s’incruster au pouvoir alors même, peut-on s’en souvenir, qu’en 2016, cela n’avait été possible que par le hold-up, des trahisons internes, une observance extérieure complice. C’est dans la discrétion qui préserve des relations au sein d’une coalition que le parti a voulu travailler à changer la loi électorale et ce avec l’espoir que leur allié allait entendre raison et comprendre que les soucis de l’opposition sont bien fondés et qu’ils sont même partagés par des alliés du système qui aspirent aussi à accéder à des positions, non à servir de faire-valoir à une camarilla insouciante. En vérité, le MPN n’est pas seul : on se rappelle avec quelle rage, au sortir d’une rencontre du CNDP-maison, Ousseini Salatou avait fulminé pour exprimer leur désapprobation. C’était à un moment où Seini Oumarou commençait à « bouffer » et on ne pouvait pas lui tolérer cette liberté, et l’homme dût faire profil bas, perdant son verbe et ses audaces. On devait aussi apprendre à travers la déclaration de l’ancien allié du PNDS qu’il n’était pas seul dans cette démarche pour faire entendre raison aux camarades socialistes. Ainsi, nous dit-on, c’est « l’ensemble des députés composant le groupe LES PATRIOTES (ANDP, RSD, MPN), [qui] ont signé et déposé une pétition dans laquelle ils ont réitéré, avec force, les mêmes observations et attiré l’attention quant au risque pour notre pays de rompre brutalement la tradition des codes électoraux consensuels et inclusifs ». Les autres sont-ils en route, ou bien attendent-ils de voir ce qui pourrait arriver au MPN qui a osé sans attendre une décision collégiale avant de claquer la porte ? Il a raison : à trop attendre, on ne partira jamais, or le temps joue contre ceux qui attendent. Mais, il n’est pas seul et sans doute que d’autres finiront par s’en lasser et prendre leur courage entre les deux mains pour aller à la rencontre du peuple désormais debout. L’on sait d’ailleurs que le parti d’Albadé, même s’il a démenti un tweet, reste quand même ce parti qui rumine des douleurs mais que des calculs obligent aujourd’hui à vivre dans le mariage forcé, ne pouvant laisser la place à une coépouse devenue envahissante qui vient polluer le milieu. Le « Babizétarey », comme dirait le chercheur Jean Olivier de Sardan….

Le MPN est donc libéré, et il a refusé l’assujettissement, l’asservissement : pourquoi d’ailleurs vivre dans une alliance qui ressemble à une prison ? Le parti d’Ibrahim Yacoubou découvre enfin, les délices de la liberté mais aussi à partir de maintenant les affres de l’adversité inique de ses anciens amis et de l’opposition. Dans tous les cas, dans la vie il n’y ni de vie facile, ni de combat facile. Et puisque même au sein de l’alliance, l’on n’est jamais respecté, l’on n’est jamais considéré comme un partenaire à part entière, et que si l’on y reste ce n’est que pour souffrir, pourquoi alors attendre pour prolonger dans l’indignité son supplice ? Autant donc s’assumer, en allant à l’opposition car souffrir, s’il le faut là également, il faut l’accepter avec courage, ne serait-ce que pour sa dignité et pour sa respectabilité. Le MPN l’a compris. Et il va sans dire que son audace fait mal : un mur s’est lézardé… Le fameux béton se fissure et l’érosion est inexorable ! La renaissance vit le doute et des peurs, il est dans le basculement vers l’autoritarisme et la déchéance. Comme quoi, un bien mal acquis ne profite jamais.

La chute…

La Renaissance amorce un atterrissage forcé par la turbulence de la météo sociopolitique. Elle n’a pas d’autre choix. Inévitablement, cet acte courageux du MPN impactera sur la solidité apparente d’un système qui bat de l’aile depuis de longs mois. Et rfi n’avait pas tort de titrer, « Niger : après le limogeage d’Ibrahim Yacouba, la majorité se fissure ». Et cela est d’autant plus venu au mauvais moment, que le régime est harcelé de toute part, et ce ne sont pas les mots gentils de la Banque Mondiale qui pourraient lui être d’un secours en ces temps-ci, surtout lorsque les Nigériens vivent tout le contraire de que prétend la banque. Et c’est pourquoi, même s’il peut encore vouloir le faire à Kiishin Kassa comme il l’a fait à Hama Amadou et à son parti, le régime ne peut qu’hésiter car enfin, tout le monde pourra se rendre compte que les déboires de ce qui s’affranchissent du système Guri n’ont aucun fondement objectif, si ce n’est le cynisme d’une clique d’hommes qui n’ont jamais su qu’on peut gouverner sans se rabaisser, se maintenant dans ce qui grandit.

Comment ne pas saluer le courage de cette femme ministre militante du MPN qui a compris que dans une vie, on ne finit jamais de manger et qu’il y a mieux à protéger audelà d’un pain, un honneur. Sans hésiter, elle a répondu avec dignité et courage au mot d’ordre de son parti, démissionnant et poursuivant sa route. Des Nigériens dignes, il en reste encore et nous devons plutôt en être fiers… Elle fait honneur à la femme nigérienne.

Ce parti jeune a compris que c’est aussi son avenir qui se joue dans la nouvelle loi électorale et dans la nouvelle CENI arrangée pour le parti présidentiel dont le souci est la peur de répondre de sa gouvernance chaotique au nom de laquelle, il a peur de perdre le pouvoir et joue à le conserver quel que soit le prix. Il ne peut donc pas ruiner son avenir à suivre des fantoches ou des « retraités » politiques en fin de vie politique qui pensent qu’ils jouent leur dernière chance à une mangeoire en acceptant d’ingurgiter un peu de la sauce du socialisme, fut-il sous les humiliations des camarades qui les martyrisent. Le MPN a compris que « la question électorale est une question centrale, voire la question cruciale dans la consolidation de tout système démocratique ». Le parti d’Ibrahim Yacoubou ne peut donc pas accepter de jouer avec pour plaire à un clan et abandonner le peuple et la viabilité de sa démocratie qu’on cherche ainsi à louvoyer et à assassiner par des coups tortus qu’aucun démocrate sincère ne peut accepter. Hamid Algabit, Cheffou Amadou, Seini Oumarou, n’ont peut-être plus d’ambition politique, ni pour eux-mêmes, ni pour leur parti si ce n’est de monnayer leur positionnement dans le système pour grignoter un peu avant que la nature ne décide de les sortir du champ politique. C’est dommage que chez nous, ceux qui ont déjà profité de l’État, ne sachent jamais donner le bon exemple, se compromettant dans la veulerie, jusqu’au bout. Ils ne peuvent laisser aucune leçon de grandeur et de noblesse… à une jeunesse montante qui regarde, ébahie et déçue des turpitudes d’aînés inconsolés.

En persécutant tous ceux qui l’abandonnent, ne partageant plus ses choix, le PNDS ne fait que se discréditer et sans doute que cette voie, si le régime devrait la maintenir, sera sans issue pour lui. Déjà, l’on peut voir des signes qui ne trompent pas : arrestation, emprisonnement, non respect des lois par ceux qui gouvernent, …

Des signes de fin de règne ? Comment d’ailleurs ne pas s’offusquer de l’attitude d’un partenaire qui ne veut agir qu’en fonction de ses seuls intérêts même si cela devait se faire contre les convenances. Et le parti d’Ibrahim s’indigne « [ ] que déjà au stade d’avant-projet de loi portant code électoral, il y a donc de cela exactement un an, le MPN Kiishin-Kassa a notifié au Premier Ministre, Président du CNDP, avec ampliation à tous les acteurs politiques concernés, par lettre N°005/MPN/ KK en date du 21 avril 2017, ses observations essentielles par rapport à cet avant-projet. Cette lettre n’a jamais eu de suite », comme par mépris, pourra-t-on l’imaginer parce que certainement, dans son esprit, aucun allié ne peut oser le contrarier et pourrait penser alors qu’il a toute latitude à imposer à tous ses volontés. La preuve, Seini Oumarou, celui-là qui a vu en la gouvernance socialiste, une gouvernance satanique, a appris à se taire pour manger silencieusement dans le confort d’une servilité qui n’est pas sans porter des taches à sa réputation d’homme politique opportuniste que le prétexte de l’intérêt supérieur de la nation ne saurait excuser. On ne peut d’ailleurs que regretter que les Nigériens ne puissent pas compter sur ceux à qui ils ont tout donné et qui ne peuvent rester à demeurer à leur côté. En tout cas le MPN, lui, le sait et rassure que « les reformes ne sont utiles que lorsqu’elles permettent de renforcer la confiance des acteurs, la fiabilité et la sincérité du processus, l’équité, la transparence et l’honnêteté des scrutins à venir ». Or, dans le contexte actuel, les Nigériens sont profondément divisés, optant de plus en plus pour la radicalité, pour l’extrémisme et Dieu seul peut savoir jusqu’où nous conduira le jusqu’au-boutisme d’un système devenu, lui aussi, « sourd et aveugle ». Or, si le Niger a pu préserver une certaine quiétude jusque-là, c’est parce que les acteurs ont été capables de se parler et d’avoir sur des questions nationales majeures un minimum de consensus, toute chose que refuse aujourd’hui les prétendus socialistes qui gouvernent par usurpation. Et Kiishin Kassa ne peut comprendre : « En effet, pour la première fois depuis la Conférence Nationale Souveraine, nous avons une CENI dont l’orientation, la composition et la prééminence des représentants de l’administration constituent des hypothèques à la sincérité et à l’équité du processus électoral dans notre pays ». C’est donc inacceptable car cela est non seulement une régression pour nous autant qu’une insulte à l’égard du peuple nigérien que le socialisme prend aujourd’hui pour un troupeau de panurge. Contrairement à Gaskia, le parti de Cheffiou, au MNSD de l’allié de la 25ème heure, de Bassira de Ben Omar, au RDP d’Algabit, au Jamhuriya d’Albadé, pour le MPN-Kiishin Kassa « [ ]le seul et véritable enjeu reste, non pas la victoire du MPN ou d’un autre parti, mais la stabilité de notre pays. Ce que [comme pour s’en plaindre,] n’augure point le code électoral actuel ». Maintenant seulement, l’OIF peut comprendre qu’elle est dans une mission difficile au Niger : autant les socialistes sont têtus, autant les Nigériens sont déterminés à ne jamais accepter que les prochaines élections se passent selon le schéma que voudraient mettre en place les socialistes, se passant de tout consensus préalable autour des questions sensibles liées à l’organisation de scrutins. C’est pourquoi, le régime doit désormais s’attendre à entendre de plus en plus de voix discordantes par rapport à sa loi électorale taillée sur mesure et par rapport à sa CENI configurée sur les seuls choix du parti rose et où des partis comme le MNSD et le Jamhuriya, ne doivent pas croire que leurs hommes qui y sont envoyés pourraient toujours répondre à leurs attentent sachant que les socialistes ont cette capacité de corrompre des consciences pour mettre en ré- bellion des hommes et des femmes téléguidés qui ne sauront plus répondre à leur parti. Du reste, le MNSD l’avait connu lors de la dernière législature quand nombre de ses députés ne répondaient plus à ses mots d’ordre car «achetés» et manipulés. Sans compter ces représentants d’une administration hyper-politisée où ceux qui seront envoyés ne seront forcément que du PNDS. Et la malice Kiishin Kassa l’a bien comprise pour refuser dès aujourd’hui d’être le dindon de la farce dans laquelle il refuse de jouer. Aussi dit-il, pour marquer sa désapprobation qu’ « en vertu de l’obligation de réserve et du fait qu’ils ne sont pas [en principe] des acteurs politiques, les représentants de l’administration ne peuvent avoir le droit de vote » or c’est sur ces gens que le système compte pour imposer ses choix à toux dans la CENI, mais en tenant ce discours mensonger selon lequel, elle ne serait composée que de 3 représentants pour la majorité et de trois autres pour l’opposition – notions que refusent Ibrahim Yacoubou et son parti. D’ailleurs, les socialistes peuvent-ils croire que les Nigériens sont si enfants à ne pas comprendre ce jeu si puérile ? Pire, parlant de la DIFEB, Kiishin Kassa dira qu’ « Il en ressort que les modalités de recrutement des membres ont été influencées par des considérations partisanes ». Personne ne peut donc faire confiance à cette structure, si ce n’est le PNDS seul. Sachant qu’il ne peut pas gagner à la régulière des élections dans le pays, il cherche en amont à mettre en marche sa machine à frauder en imposant les bases déloyales sur lesquelles devraient se faire les prochaines élections car en vérité le PNDS sait qu’il n’a jamais occupé une première place sur l’échiquier politique et que cette position n’avait été arrangée sur l’échiquier que par des hommes qui pourraient l’avoir regretter aujourd’hui et pensaient n’avoir d’autre choix que de passer la main à des hommes dont le discours avait trompé plus d’un dans le pays.

Comme toute l’opposition et la société civile qui se battent aujourd’hui, il s’agit de préserver notre démocratie et la quiétude dans un pays que le bellicisme de socialistes pousse peu à peu vers des turbulences qui peuvent avoir des conséquences fâcheuses pour le pays et pour sa stabilité. Le MPN croit d’ailleurs que la paix ne sera possible que par « une alternance démocratique apaisée et vertueuse [toute chose] que, le MPN estime que le nouveau code électoral n’est pas de nature à garantir [, en tout cas dirat-on] des élections ÉQUITABLES, LIBRES ET TRANSPARENTES », ainsi que les Nigériens l’appellent de leur vœu, gardant l’amer souvenir des pires élections de leurs histoire en 2016.

Mais, le parti d’Ibrahim Yacouba ne désarme pas et veut croire à un dernier sursaut patriotique de la part de ses anciens alliés. Aussi, dira-t-il, « C’est pour cela que nous appelons, encore pour la quatrième (4e ) fois, le Président du CNDP à considérer cette question comme étant du plus grand intérêt pour la stabilité et la consolidation des institutions démocratiques fortes, tant prônées par le Président de la République ». On peut voir que ceux qui veulent faire croire que le premier ministre, le sieur Brigi Rafini est un homme sage, doivent bien se désillusionner pour comprendre à qui ils ont à faire aujourd’hui. Enfin, on peut seulement retenir que Bazoum Mohamed a finalement réussi à se débarrasser d’un allié pour lui encombrant dont il ne comprenait pas, comme il a pu, par-dessus de sa tête, revenir dans le sillage du pouvoir, surtout à lui reprendre une place qu’il envie – les affaires étrangère – alors qu’il l’éjectait avec fracas à la veille du premier tour.

L’Opposition doit donc s’ouvrir car après tout, les gens sont en politique même si d’autres pourraient croire qu’il faut être prudent. On pourra se réjouir que « Le MPN Kiishin Kassa entend continuer à se mobiliser avec toutes les forces politiques et les acteurs intéressés, en vue de garantir dans notre pays un processus électoral équitable et consensuel ». Mais certainement qu’on dira des choses pour rendre difficiles des rapprochements entre acteurs politiques. C’est de bonne guerre. Pourtant, il est évident que le moment est venu pour toute l’opposition à se structurer et à avoir une vraie ambition pour le pays, en sortant des querelles byzantines, futiles. Le Niger n’a pas besoin forcément de ces échangeurs qui ont aidé à enrichir des hommes du système et qu’on veut nous présenter comme étant des réalisations pharaoniques pour lesquelles, l’on pourrait excuser l’iniquité et les démesures, les blessures et les douleurs que le socialisme entretient dans le pays depuis des années. Mieux que ces bétons, le Niger et les Nigériens ont besoin de stabilité qui rassure, de cohésion qui nous rend plus forts à aller sur tous les fronts, ensemble, pour le progrès commun. A quoi serviront ces échangeurs quand le pays devra vivre dans le déchirement, dans ces surdités ou personne n’écoute l’autre, dans ces malaises où se cultivent des haines et des relents violents ? Le Niger a besoin d’une gouvernance juste, plus humaine, qui fait plus de place à l’homme, à l’homme nigérien et non à une clique et à ses inté- rêts mesquins et égoïstes.

Mais le mur tombe comme dirait un rappeur nigérien. Et l’opposition pourra se renforcer pour triompher face aux faucons. Pour certains analystes, il ne faut pas oublier qu’Ibrahim Yacoubou a quand même occupé un poste clé dans le système – c’est peut-être aussi cela la cause de ses ennuis au milieu de camarades jaloux et envieux – par lequel, il pourrait en savoir trop sur le régime et surtout sur l’appréciation qui se fait de par le monde, de sa gouvernance. Alors, quand on pourrait avoir compris à travers les relations avec des partenaires et non des moindres que le système est presque en disgrâce, pourquoi attendre … ?

A.I

23 avrril 2018
Source : Le Canard en Furie

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