Installation du Conseil d’Orientation et de Pilotage de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption : Volonté d’insuffler une nouvelle dynamique dans la lutte contre la corruption

Installation du Conseil d’Orientation et de Pilotage de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption : Volonté d’insuffler une nouvelle dynamique dans la lutte contre la corruptionLe Premier ministre, Chef du gouvernement, SE Brigi Rafini, a procédé, hier après- midi dans la Salle des délibérations du Conseil de Cabinet de la Primature, à l’installation du Conseil d’orientation et de Pilotage de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption. Le Conseil est présidé par le Premier ministre, Chef du gouvernement.

En prenant la parole à cette occasion, le Chef du gouvernement, SE Brigi Rafini, a d’abord rappelé que cette stratégie ainsi que son plan d’action ont été adoptés par décret en date du 5 janvier 2018. A cet effet, il a précisé que le Conseil d’orientation et de pilotage est l’organe de mise en œuvre de ladite stratégie. Le Premier ministre, Chef du gouvernement a souligné que l’adoption de ces documents de politique traduit une fois de plus la volonté du Gouvernement de faire bouger les lignes en matière de lutte contre la corruption en cohérence avec l’engagement de SE Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat, de promouvoir une gouvernance de qualité centrée sur la préservation de l’intérêt général.

« Vous comprenez alors pourquoi le Gouvernement accorde une priorité de premier ordre à la mise en œuvre de cette Stratégie. Nous entendons poursuivre les efforts déjà entamés pour endiguer le phénomène pernicieux de la corruption dans notre pays », a déclaré SE Brigi Rafini. Il a par ailleurs noté que le Conseil d’Orientation et de Pilotage, est un organe qui aura à évaluer les performances et apporter les mesures correctives et orientations stratégiques pour combler les insuffisances constatées, va décider de toutes les mesures susceptibles d’améliorer les performances dans la lutte contre la corruption, approuver les différents rapports d’évaluation, entreprendre un plaidoyer pour promouvoir et mobiliser le partenariat politique, financier et technique en vue de faciliter la mise en œuvre de la Stratégie. « Vous comprenez alors que votre mission est un véritable sacerdoce. Je ne doute pas un seul instant de la détermination qui va nourrir vos réflexions et vos actes afin que notre pays continue à faire des progrès dans la lutte contre la corruption et les infractions assimilées », a-t-il confié avant de rassurer que le gouvernement, pour sa part, poursuivra ses efforts sans faiblesse en faveur de la lutte contre la corruption.

Le Chef du gouvernement a annoncé que le mercredi 25 Avril, il présidera personnellement la cérémonie de lancement officiel de la campagne de vulgarisation de la Stratégie Nationale de lutte contre la corruption à Tahoua. Selon le Premier ministre, l’objectif du gouvernement est de favoriser une plus grande appropriation de ce document par nos concitoyens, afin que chacun d’eux soit un acteur conscient et déterminé pour combattre la corruption sous toutes ses formes, en tout temps et en tout lieu.

« Cette ambition que nous portons fait corps avec le nécessaire changement de mentalités contenu dans la Renaissance Culturelle qui est, je rappelle, le 1er axe du Programme de Renaissance du Niger du Président de la République, Chef de l’Etat », a conclu SE Brigi Rafini.

Auparavant, le président de la HALCIA, M. Abdourahamane Ghousmane, a indiqué que le document de stratégie est articulé en sept (7) chapitres, notamment les généralités sur la corruption ; aperçu sur le cadre juridique et institutionnel de lutte contre la corruption ; la problématique de la corruption ; le cadre stratégique de lutte, l’analyse des risques ; la mise en œuvre de la stratégie et enfin le budget. Il a rappelé que l’approche adoptée tout au long du processus d’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption a été participative.

Selon lui, l’enjeu de cette approche est essentiellement la prise en compte du caractère transversal et institutionnel de la corruption en intégrant les acteurs des environnements économique, politique, judiciaire, administratif, social, etc. Il a également notifié que le document de stratégie a relevé des constats généraux et des défis ayant été pris en compte dans la formulation des axes stratégiques.

Concernant ces constats, on peut retenir entre autres que le Niger est confronté à un niveau de corruption relativement élevé ; l’enquête de perception conduite dans le cadre du processus d’élaboration a relevé la présence de la corruption dans toutes les régions du pays. Le secteur public est considéré comme le secteur le plus affecté par la corruption, suivi des organisations politiques et celles de la société civile (OSC). Retenons que tout ceci a un impact négatif sur le développement économique, social, culturel, politique et institutionnel de notre pays.

S’agissant des défis à prendre en compte, notons la pérennité des mécanismes de lutte contre la corruption. Cela est d'autant plus important qu'il conditionne l'efficacité des stratégies anti-corruptives ; l'intégration effective de la dimension de «prévention» en matière de lutte contre la corruption afin de favoriser les comportements anti-corruptifs au sein de la société nigérienne dans toute sa diversité; la prise en compte du caractère inclusif de la lutte contre la corruption. En effet, pour qu'elle soit efficace, la lutte contre la corruption doit être perçue, conçue et mise en œuvre de manière participative et transversale aux différents secteurs de l'Etat (secteur public, secteur privé et société civile) ; la mise en place d'un dispositif de communication adapté afin d'impulser une dynamique de changements basée sur une approche visant davantage la prévention comme l'une des stratégies cardinales   de   lutte   contre   la corruption ; la recherche d'une meilleure adéquation entre les missions, les objectifs et les capacités de la lutte contre la corruption. En effet, il a mentionné que les statuts et les prérogatives des organes de lutte contre la corruption, la qualité des ressources humaines et des moyens matériels et financiers mis à leur disposition constituent des conditions incompressibles d’efficacité dans la lutte contre la corruption.

Laouali Souleymane(onep)

20 avril 2018
Source : http://lesahel.org/

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