SIM Aminchi 0range

Jusque où ses alliés vont suivre le PNDS-TARAYYA dans son intention de devenir un parti unique au Niger ?

Jusque où ses alliés vont suivre le PNDS-TARAYYA dans son intention de devenir un parti unique au Niger ?Sans doute encouragé par le silence complice d’une Communauté internationale devenue méconnaissable en matière de protection de la démocratie et des droits fondamentaux de la personne humaine, suite aux élections tropicalisées de 2016 qui lui ont permis de conserver le pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA) s’exerce, depuis bientôt deux ans, à créer les conditions pour s’imposer comme le seul parti politique au Niger. C’est ainsi qu’il a pratiquement réussi à mettre sous coupe réglée toutes les principales institutions du pays, à la tête et au sein desquelles il a placé ses militants qui n’exécutent que ses ordres. Même les institutions judiciaires ne sont pas épargnées par cette boulimie du PNDS-TARAYYA à vouloir régenter la vie des Nigériens. Et que dire de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) et du nouveau Conseil supérieur de la communication (CSC), qui ont la lourde responsabilité d’organiser et de superviser les prochaines élections générales ?

Ces deux institutions sont aussi en passe d’être acquises au seul PNDS-TARAYYA, au vu de leur composition.

Si des pays comme la France, la République fédérale d’Allemagne et même les très démocratiques Etats-Unis d’Amérique ont, visiblement, renoncé à leur rôle de sentinelle de la démocratie dans le monde, au profit de leurs intérêts bassement maté- riels, il est très curieux de constater ce silence qu’observent tous ces partis politiques qui gèrent le pouvoir avec le PNDSTARAYYA. A cause de quelques tabourets qui leur ont été attribués, les hommes et les femmes qui dirigent ces partis sont devenus comme des vulgaires jouets dans les mains du parti rose qui ne semblent leur accorder la moindre considération. Même à la CENI où il a décidé que la représentation des partis politiques se fasse sur la base des regroupements, le parti de Bazoum Mohamed s’est arrangé pour que les représentants de la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN) soient en majorité issus de ses rangs. Malgré tout, les autres partis de la MRN, dont certains aspirent sans doute à présenter des candidats aux différents scrutions, n’ont pas eu le courage de protester et de demander un peu plus de considération de la part de leur allié.

Même le Mouvement patriotique nigérien (MPN KIISHIN KASSA) du ministre des affaires étrangères Ibrahim Yacoubou et le Rassemblement social et démocrate (RSD GASKIYA) de l’ancien Médiateur de la République Cheiffou Amadou – qui auraient protesté contre la composition de la CENI et certaines dispositions du Code électoral – n’ont plus donné de la voix. Leurs leaders ont certainement été sommés de se tenir tranquille, au risque de voir ce qu’ils vont voir. C’est quand même inquiétant pour le Niger de manquer d’hommes et des femmes politiques courageux pour arrêter cette descente aux enfers dans laquelle le PNDS-TARAYYA est en train, lentement mais sûrement, d’engager le pays. Avec une opposition politique complètement déboussolée et des partis alliés incapables d’attirer son attention, le parti de Bazoum Mohamed ne s’arrêtera sans doute pas en si bon chemin dans son obsession à s’imposer comme le seul parti politique au Niger. Quand même ses militants ordinaires disent à qui veut les écouter que leur parti restera au pouvoir pendant au moins 30 ans et qu’on observe tout ce qui se passe, on ne peut pas que les croire. Que Dieu sauve le Niger et son vaillant peuple.

AMO

02 avril 2018
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

 

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