SIM Aminchi 0range

Ibrahim Yacouba de nouveau dans la ligne de mire du Pnds Tarayya

ibroEn politique tous les moyens sont bons pour écraser son adversaire afin de faire prévaloir ses idéaux. Tous les moyens, des plus saugrenus aux plus ignobles et machiavéliques ; en somme une armada de négativités qui sont aujourd’hui dé- ployés pour arriver à briser les ardeurs politiques du jeune et charismatique président du parti KISHIN KASSA.

Ibrahim Yacoubou, de l’Arewa et de Maradi, est un vaillant homme qui, politiquement, représente une force sûre ; un potentiel inéluctable. Rien qu’en peu de temps, Yacoubou s’est imposé d’emblée sur plusieurs de ses aînés. Aujourd’hui il reste incontournable sur la scène politique nationale. Est-ce pour cela que le Président Issoufou garde un œil attendrissant vis-à-vis de ce jeune homme ?

Telle est la principale raison pour laquelle il fait peur, il dérange et empêche le sommeil à beaucoup de caciques du Pnds Tarayya. En triturant cette raison fondamentale, on peut décrypter un certain nombre d’événements et de facteurs qui ont concouru à cet état de fait. Premier événement, c’est le départ d’Ibrahim Yacoubou du Pnds Tarayya. L’on se rappelle bien que l’exclusion de ce jeune politicien du Pnds a été une véritable bourde, une erreur gigantesque née de la volonté d’un Foumakoye qui voyait d’un mauvais œil l’ascension de Yacoubou dans l’Aréwa. Au lieu de considérer ce fait comme un avantage à investir dans le potentiel du parti, Gado a choisi de soulever et de dresser ses camarades du bureau national contre Yacoubou. Le jeune douanier s’en est allé du Pnds ; un départ qui lui a suscité la compassion impressionnante des électeurs, principalement de Dosso et de Maradi. En témoignent ses scores élevés dans ces deux régions et un peu partout au Niger. Les acteurs du Pnds garderont à jamais cet épisode comme une épine à la gorge.

La conséquence politique directe a été fracassante. Aux dernières élections présidentielles 1er tour, le parti Kishin Kassa a pioché dangereusement dans l’électorat du Pnds. Ce qui a fait qu’au 2ème tour, le Pnds s’est retrouvé contraint de le soudoyer en lui proposant le poste qu’il occupe aujourd’hui. Cet épisode aurait été saisi comme une occasion pour le Président Issoufou de rappeler aux uns et aux autres leur bourde qui s’apparente ici à un crime de lèse-majesté. Le Président Issoufou aurait ouvertement interpellé les fautifs pour leur faire toucher du doigt la nature de leur gaffe. Cette occasion a contribué à éveiller un certain nombre de soupçons dans l’entourage du Président, notamment chez les caciques. En effet l’attachement du Président à ce jeune au potentiel inestimable inquiète les caciques et autres barrons du Pnds. Quand on sait que le Président Issoufou est toujours en quête d’un dauphin, il y a bien de quoi se poser des questions sur son attachement à Ibrahim Yacoubou. Une autre raison très claire qui expliquerait l’acharnement des uns et des autres contre ce jeune politicien.

Le pragmatisme et le sens de discernement de ce jeune leader se sont tout récemment manifestés. En effet face à l’accaparation de l’essentiel des prérogatives dans la désignation et la nomination des membres de la CENI par le PNDS, Ibrahim Yacoubou s’est associé au RSD Gaskiya pour dénoncer ces ratés à travers une lettre envoyée au ministre de l’intérieure et exposée lors d’un conseil de ministres. Cette décision courageuse a été saluée par plusieurs acteurs tant politiques que ceux de la Société Civile. Pour certains la décision de Kishin Kassa et du RSD représente le début de l’expression d’un rasle-bol longtemps contenu. Aussi en faisait-on le point de départ de l’effritement ou de l’éparpillement de la mouvance au pouvoir. L’un dans l’autre, il faut reconnaître qu’Ibrahim Yacoubou représente un sérieux os pour les caciques du PNDS : il entretient l’amertume par les regrets que suscite son départ ; il inquiète par la force de son électorat ; il traumatise par le potentiel réel qu’il représente aux yeux du Président Issoufou Mahamadou et de beaucoup de militants du PNDS qui continuent à mal digérer son départ forcé. Ceci dit, il apparaît comme un adversaire politique de taille pour les caciques du PNDS ; un adversaire qu’il faut combattre par tous les moyens, y compris les plus orthodoxes. C’est l’exemple de cet acharnement sans précédent que déploie le ministre des finances Hassoumi Massoudou contre l’épouse du jeune ministre. En effet malgré toutes les analyses des spécialistes en matière de finances et de micro finances, Hassoumi persiste et signe : Mme Ibrahim Yacoubou née Réki Moussa doit démissionner de ASSUSU SA, un établissement financier qu’elle a pourtant géré de manière efficace. Même quand elle a osé financer par humanisme les pécules des contractuels à hauteur de 4 milliards sans que l’État ne puisse la mettre dans ses droits, cette valeureuse femme a su garder le Cap. Malgré tout le PNDS, par l’intermédiaire de son ministre des finances, veut mettre les affaires de cette dame en branle ; histoire de saper les bases du fondement du financement de son mari aux prochaines joutes électorales.

Comme à l’heure habitude, les patrons du PNDS sont en train de se débarrasser d’un homme pas des moindres, qui les a aidé à accéder au pouvoir. Ce n’est ni la 1ère ni la dernière fois qu’ils agissent ainsi. S’ils ont osé le faire à Hama Amadou, qui épargneraient-ils ? Personne.

Hier c’étaient Hama et les autres, aujourd’hui ce sont Ladan Tchiana et Yacoubou qui sont sur la sellette ; demain ce sera le tour du RSD Gaskiya ou un autre. Ils ne s’arrêteront jamais, tant qu’il y aura des hommes courageux et valeureux qui peuvent remettre en cause leurs ambitions démesurées. Petit à petit ils sont en train de créer les conditions de leur impopularité qui, très certainement, les ferait chuter aux prochaines compétitions électorales. Leur force, leur conviction, leur motivation restent le pouvoir ; un pouvoir qu’ils croient pérenniser avec l’implantation dans le pays de façon anarchique de plusieurs forces militaires étrangères. Cependant, malgré tous les subterfuges imaginés çà et là par le PNDS Tarayya et ses sbires, le peuple, lui, reste serein ; il continue à mûrir sa conviction et sa mobilisation qui restent inébranlables !
Narwa

02 avril 2018
Source : Le Canard en Furie

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Politique