PNDS : la transe des alliés

PNDS : la transe des alliésQui règne par les armes périra par les armes ; maxime pleine de sagesse qui constitue le socle du machiavélisme politique. Ne cherchez pas très loin ; les faits se passent ici chez nous au Niger, dans la sphère du parti ténor de la mouvance au pouvoir, le PNDS Tarraya. De son long séjour à l’opposition à ses six années passées au pouvoir, le PNDS n’a cessé de jouer au divisionniste et au démagogue, nouant intrigues sur intrigues pour pouvoir dompter et mettre en marche ses adversaires politiques les plus coriaces. Chose apparemment acquise et réussie ; tous les politiciens nigériens ont à un moment où à un autre succombé aux sournoiseries du PNDS Tarraya. Et pour l’heure, seul Hama Amadou du Modem FA LUMANA semble s’être dé- fait complètement des tentacules de la pieuvre socialiste. Soit. Les trahisons et autres faux bonds que le PNDS se cesse de multiplier à l’endroit de ses camarades, amis et alliés représentent le lot quotidien de sa gouvernance. Pour l’heure, la chronique est desservie par une entrée en rébellion de deux principaux alliés, membres de la MRN. Ça couve peut-être, ou les choses sont au stade des négociations. Cependant, il faut comprendre que le RSD de Cheffou Amadou et Kishin Kassa de Yacoubou Ibrahim sont décidés à ne plus se laisser gouverner dans une alliance où ils pèsent lourd quand même. Ce n’est un secret pour personne ; ces deux formations politiques ne comptent plus obéir aveuglément au dictat du PNDS dans la gestion des affaires internes à la mouvance au pouvoir, surtout quand les questions sont relatives à l’organisation des prochaines joutes électorales. Ces deux partis politiques regorgent de jeunes très ambitieux qui tiennent coûte que coûte à afficher leur nom sur le paysage politique du pays. Et à l’allure où vont les choses, c’est comme si le PNDS veut une fois de plus faire taire toutes velléités pour être seul aux commandes. La nomination cavalière des membres de la CENI en dit long sur les sombres visées de ce parti. L’on se rappelle très bien comment est intervenue de façon brutale la rupture entre Amadou Boubacar Cissé et les guristes quand il avait fait le choix de ne pas s’embarquer derrière la candidature du Président Issoufou et de se présenter comme candidat autonome. Ceci dit, le bras de fer est déjà engagé entre ces deux partis en attendant que certains somnambules se décident à se tirer de leur sommeil dogmatique. Chose sûre, la conduite du RSD et du MPN vont faire école du moment où le pouvoir n’a plus les moyens réels pour convaincre. Sa gouvernance à l’à peu près, semée de délations et de ratés en tout genre n’embarque plus personne ; en tout cas pas ceux qui nourrissent de réels espoirs pour ce pays. Les forfaits commis s’amoncèlent et les alliés les plus lucides commencent à vouloir se désolidariser, ne pouvant plus engager leurs responsabilités dans des saccages auxquels ils n’ont nullement participé. Les rhéteurs du parti n’ont plus d’arguments et la cagnotte n’offre plus les possibilités de s’acheter les panses légères. Somme toute, le parti au pouvoir joue dangereusement avec le feu en croyant qu’il peut se permettre de se délester de ses alliés. Allons-nous très bientôt assister à une révision de la majorité parlementaire ? Utopie ou réalité, nous dirions, wait and see.
NARWA
24 mars 2018
Source : Le Canard en Furie

Imprimer E-mail

Politique