Omar Hamidou Tchiana est-il en train de prendre ses distances d’avec les Guristes ?

Omar Hamidou Tchiana est-il en train de prendre ses distances d’avec les Guristes ?S’il y a une absence qui a été fortement remarquée à la marche organisée le dimanche 4 mars dernier par les partis au pouvoir, c’est bien celle de l’ancien ministre d’Etat chargé des transports, M. Omar Hamidou Tchiana dit Ladan. Bien que son parti, Alliance des mouvements pour l’émergence du Niger (AMEN-AMIN), soit toujours officiellement membre de la mouvance présidentielle, l’homme n’était pas à cette marche à laquelle tous les autres leaders des partis politiques ont pourtant pris part. Le lendemain lundi 5 mars, c’est sur son compte Tweeter que l’ancien ministre s’est manifesté à travers cette citation de l’ancien président américain Abraham Lincoln : «On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps». L’ancien ministre s’adresse-t-il indirectement à ses «amis» Guristes qui semblent l’avoir rejeté, après l’avoir utilisé en 2013 pour déstabiliser le Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA), dont il était le secrétaire général et qui venait de rompre son alliance avec le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDSTARAYYA) ? En tout cas, quand on analyse les choses de très près, on s’aperçoit que le président du parti AMEN-AMIN est en train de prendre ses distances d’avec les tenants du pouvoir en place que certains observateurs accusent, à tort ou à raison, d’être les commanditaires de la crise qui secoue son parti ces derniers temps. Peut-être que si l’ancien ministre d’Etat essaye de prendre ses distances avec beaucoup de prudence, c’est sans doute pour éviter de vivre ce qui est arrivé au président du MODEN-FA/LUMANA-AFRICA Hama Amadou. Depuis que son parti a décidé de rompre son alliance avec le PNDS-TARAYYA, cet homme était devenu la bête noire du régime des Guristes. Alors qu’il occupait le poste de Président de l’Assemblée nationale et donc de deuxième personnalité du pays, sa sécurité lui a été retirée et des menaces du retrait de leur autorisation ont été adressées aux compagnies privées de sécurité qui oseraient mettre à sa disposition des agents de sécurité. C’était du jamais vu dans le monde.

Et comme si cela ne suffisait pas les Guristes ont poursuivi la traque, jusqu’à descendre au plus profond des égouts et sortir une histoire de «bébés importés» pour y impliquer Hama Amadou, à travers sa seconde épouse. Le monde entier est témoin de l’exploitation lâche et honteuse qu’ils continuent à faire de ce dossier, même après s’en être servi pour empêcher au président du MODEN-FA/LUMANA-AFRICA de battre campagne pendant le premier et le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2016. Le président du parti AMENAMIN, qui est loin d’avoir un dos large et un moral d’acier comme Hama Amadou, a donc raison de faire les choses avec beaucoup de souplesse pour ne pas se faire écraser par un pouvoir qui n’a que se foutre du respect des lois et des principes moraux lorsqu’il s’agit de régler des comptes à un adversaire. Mais Omar Hamidou Tchiana doit aussi savoir prendre son courage à deux mains pour prendre ses distances d’avec des gens qui n’ont aucun sens de la reconnaissance pour scruter d’autres horizons où il pourra mieux poursuivre la construction de sa carrière politique et exprimer ses «principes» et «convictions» qui serait à l’origine de son départ du gouvernement il y a seulement quelques mois. Quand on fait de la politique, il faut savoir s’assumer et même prendre des risques s’il le faut.

Oumar Aboubacar Mohamed 

13 mars 2018
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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