Sommet de l’Alliance Solaire Internationale (ASI), à New Delhi, en Inde : Le Chef de l’Etat réaffirme l’adhésion du Niger à l’Initiative

Sommet de l’Alliance Solaire Internationale (ASI), à New Delhi, en Inde : Le Chef de l’Etat réaffirme l’adhésion du Niger à l’InitiativeLe Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Issoufou Mahamadou, a participé dimanche, 11 mars 2018, à New Delhi, en Inde, au Sommet Fondateur de l’Alliance Solaire Internationale(ASI), co-présidé par le Premier Ministre Indien SEM Narendra Modi et le Président français SEM Emmanuel Macron.

Plusieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement ainsi que des représentants des Organisations Internationales ont également pris part à cette conférence, la première du genre, de l’Alliance Solaire Internationale,  une « coalition très prometteuse » qui vise à lutter contre le changement climatique «en accélérant la révolution de l’énergie solaire. »

Cette alliance, lancée conjointement le 30 novembre 2015 en marge de la COP 21 à Paris  par le Premier Ministre indien Narendra Modi et l’ancien Président français François Hollande, se veut « une plateforme collective de proposition d’une alternative aux énergies polluantes dans le monde.»

L’ASI regroupe tous les pays se situant totalement ou partiellement entre les deux tropiques, membres des Nations-Unies et ayant par cette position géographique, un grand potentiel solaire. Toutefois, les autres pays peuvent être membres sur demande et après acceptation de l’Assemblée constituante de l’Alliance.

Entrée en vigueur le 6 décembre 2017, soit 30  jours après le dépôt de l’instrument de ratification par quinze premiers pays dont le Niger, l’ASI compte aujourd’hui 121 membres. Elle a pour objectif principal d’assurer un transfert de technologies et de faciliter les financements pour développer, dans tous les pays à fort potentiel solaire, des capacités de production d’électricité.

Cette conférence a été marquée notamment  par les allocutions du Premier Ministre indien et du Président français, co-présidents et celles des autres dirigeants venus du monde entier dont SEM Issoufou Mahamadou.

Dans un discours, le Chef de l’Etat a souligné que l’Alliance fait partie des réponses les plus pertinentes aux défis qui se posent à la communauté internationale. Car, a-t-il expliqué, elle se propose de « transformer ce handicap que constitue l’extrême ensoleillement en une opportunité de nature à booster le développement économique et social » des pays notamment les plus pauvre du monde.

SEM Issoufou Mahamadou a rappelé que le Niger s’est très tôt investi dans le domaine de l’énergie solaire travers les recherches conduites  par un de ses émérites fils, le Professeur Abdou Moumouni Dioffo. « De nos jours, l’effort se poursuit et le Programme de Renaissance du Niger a prévu la promotion de l’énergie solaire comme axe majeur de la politique énergétique du pays », a  souligné le Président de la République.

SEM Issoufou Mahamadou a indiqué que son pays est désireux de développer «un partenariat conséquent » dans le domaine des énergies renouvelables et en particulier de l’énergie solaire, aussi bien dans le contexte de l’Alliance que sur le plan bilatéral.

L’ASI constitue un véritable  instrument de solidarité agissante entre les pays riches et les pays à fort potentiel solaire, a poursuivi le Chef de l’Etat.Après la séance inaugurale, les participants à ce sommet ont pris part à des séances techniques portant sur les priorités solaires, les financements abordables et les applications solaires.

A noter que le Premier Ministre indien a offert, le même jour, un déjeuner aux Chefs d’Etat et de Gouvernement. Le sommet s’est achevé dimanche  en fin d’après-midi.

Arrivé vendredi nuit, 9 mars 2018, dans la capitale indienne, le Président de la Républiques’est entretenu samedi après-midi, 10 mars 2018, avec le Premier Ministre Indien, SEM. Narendra  Modi.

Dans la soirée, le Président indien, SEM Ram Nath Kovind, a offert à New Delhi, un banquet à Rashtrapati Bhawan, aux Chefs d’Etat dont SEM Issoufou Mahamadou qui ont participé dimanche, 11 mars 2018, au Sommet de l’Alliance Solaire Internationale.

Peu après la fin du sommet, le Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, s’est entretenu, her, avec le Président du Ghana, SEM Nana Akufo Addo, puis avec son homologue du Mali, SEM. Ibrahim  Boubacar Keita.

Le Chef de l’Etat est accompagné dans ce déplacement de M. Ouhoumoudou Mahamadou, Ministre Directeur de Cabinet du Président de la République, Mme Amina Moumouni, Ministre de l’Energie et Mme Lamido Ousseini Salamatou Bala Goga, Ministre Déléguée auprès du Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine  et des Nigériens à l’Extérieur, Chargée de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur.

Lire ci - dessous l’intégralité du discours prononcé par le Président de la République lors du Sommet  Fondateur de l’Alliance Solaire Internationale.

Abdourahmane Alilou AP/PRN


Allocution du Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou lors du sommet de l’Alliance Solaire Internationale : «Le Niger est convaincu que l’Alliance Solaire Internationale constitue un véritable instrument de solidarité agissante entre les pays riches et les pays à fort potentiel solaire », assure SEM. Issoufou Mahamadou, président de la République, Chef de l’Etat.

« Excellence Monsieur Narendra Modi,  Premier Ministre de l’Inde,

Excellence Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République Française,

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Mesdames et Messieurs les partenaires de l’Alliance Solaire Internationale,

Mesdames, Messieurs,

Je tiens à renouveler mes félicitations au Premier Ministre Narendra Modi et au Président Emmanuel Macron,  coprésidents de ce sommet et promoteurs infatigables de l’Alliance Solaire Internationale, pour l’impulsion concluante qu’ils ont su donner à cet ambitieux projet.

Ce premier sommet de l’Alliance Solaire Internationale est l’aboutissement d’un processus auquel le Niger a largement contribué, depuis la signature de l’Accord-cadre, en marge de la COP 22 de Marrakech,  en novembre 2016. Conscient de l’importance de cet accord, le Niger fut l’un des premiers pays à le ratifier, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être parmi les pays membres fondateurs.

Mesdames, Messieurs,

L’Alliance Solaire Internationale fait partie des réponses les plus pertinentes aux défis qui se posent à la communauté internationale : Promouvoir  le développement économique et social de façon durable. La zone cible de l’Alliance est la zone intertropicale, représentant 73% de la population mondiale. Elle présente la particularité d’être la plus exposée aux effets du réchauffement climatique du fait d’un ensoleillement élevé et de comporter la majorité des pays les plus pauvres du monde, pour lesquels l’atteinte des objectifs du développement durable en 2030 constitue un sérieux  défi.

L’Alliance solaire internationale se propose de transformer ce handicap que constitue l’extrême ensoleillement en une opportunité de nature à booster le développement économique et social de ces pays. C’est désormais une évidence, qu’aucun développement n’est possible sans la garantie d’un accès adéquat à l’énergie. L’énergie, en quantité suffisante est consubstantielle au développement et à la prospérité mondiale. En effet, grâce à l’énergie, les populations des pays cibles pourront accroitre leur production agricole, développer des industries et des services, et de manière générale, améliorer leur cadre de vie.

Par ailleurs, l’énergie solaire contribuera à l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et donc de sauvegarde de l’environnement.

En particulier, sa diffusion dans le milieu rural où elle va se substituer au bois de chauffe, permettra également de lutter contre la désertification. En effet, dans des pays comme le Niger, les besoins énergétiques pour la cuisson, restent encore quasi-exclusivement satisfaits par le bois-énergie, ce qui accélère la désertification.

Excellences,

Mesdames Messieurs,

Le Niger s’est très tôt investi dans le domaine de l’énergie solaire à travers les recherches conduites par un de ses éminents fils. En effet, dès 1969, notre pays s’est doté d’un Office National de l’Energie Solaire (ONERSOL), devenu aujourd’hui Centre National d’Energie Solaire (CNES), pour la recherche et le développement des applications de l’énergie solaire.

L’ONERSOL, sous la direction du Professeur Abdou Moumouni Dioffo, physicien émérite, a produit et vulgarisé des chauffe-eaux solaires et des distillateurs. Il a développé et expérimenté des pompes solaires pour l’hydraulique villageoise et l’irrigation. C’est ainsi que des brevets d’invention d’un moteur thermique solaire et d’un générateur solaire à vapeur conçus et développés par l’ONERSOL, ont été déposés auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle.

Le Programme de Renaissance du Niger a prévu la promotion de l’énergie solaire comme axe majeur de la politique énergétique du pays

De nos jours, l’effort se poursuit et le Programme de Renaissance du Niger a prévu la promotion de l’énergie solaire comme axe majeur de la politique énergétique du pays. Aussi, notre ambition pour les cinq ans à venir, traduite dans le Plan de Développement Economique et Social du Niger 2017-2021, est-elle l’utilisation accrue de l’énergie solaire, à travers sa mise en valeur dans l’électrification rurale décentralisée. Cela permettra d’améliorer le taux d’accès à l’électricité du pays qui n’est que de seulement 12%.

De plus ce taux d’accès cache une disparité énorme car il est à peine de 1% pour les populations rurales, et de plus de 50% pour les populations urbaines.

 Le Niger est désireux de développer un partenariat conséquent dans le domaine des énergies renouvelables et en particulier de l’énergie solaire, aussi bien dans le contexte de l’Alliance que sur le plan bilatéral. Nous saluons le financement des projets solaires par EXIMBANK Inde  ainsi que par l’Union Européenne et la France. Nous déplorons ici les conditionnalités du FMI, qui nous limitent l’accès à des sources de financement, y compris concessionnelles.

S’agissant de de l’Alliance Solaire Internationale, ses programmes sont à même de permettre la réalisation de nombreux objectifs autour desquels nous sommes aujourd’hui mobilisés. L’engagement pris de faciliter les financements pour développer des capacités de production d’électricité dans tous les pays à fort potentiel solaire et la volonté de mobiliser d’ici 2030 mille (1000) milliards de dollars d’investissements pour le solaire  sont  à saluer. La possibilité de réduire les coûts des projets de production d’énergie solaire à travers les financements abordables,  le développement des mécanismes de crédit commun que prévoit l’Accord constituent des mesures novatrices de nature à faciliter la mise en œuvre de grands projets solaires. En effet, le classement actuel des coûts de l’énergie, suivant les sources, place le solaire et le charbon juste après le pétrole et loin derrière l’hydraulique et le nucléaire. Il y a donc encore des progrès à faire pour une réduction des coûts de l’énergie solaire afin de la rendre plus compétitive que le charbon et de la mettre en compétition avec le nucléaire et l’hydraulique. Cela semble possible au vu des perspectives offertes par l’Alliance Solaire Internationale. 

Le Niger, déjà adhéré au programme du solaire pour l’agriculture …

Notre ambition, au Niger, est de transformer le monde rural. Cette transformation est impossible sans accès à l’électricité. C’est en éclairant les villages que nous créerons des millions d’emplois pour des jeunes qui n’ont, pour l’instant, comme seule alternative, que la voie  périlleuse et mortelle de la migration.

C’est pourquoi le Niger est partie, avec 21 autres pays, au programme du solaire pour l’agriculture qui vise la décentralisation des applications vers les zones rurales à travers des systèmes d’irrigation, le conditionnement des productions et le développement de normes communes. Grace à l’initiative 3N, les nigériens nourrissent les nigériens, notre pays s’est engagé sur la voie de la modernisation de son agriculture en renforçant notamment le  volet irrigation, et compte profiter largement des applications solaires dans ce domaine.   L’alliance de l’eau et du soleil, telle est la condition de la modernisation du monde rural.

De même,  des programmes comme ceux relatifs à la mise à échelle des mini-réseaux solaires ou ceux relatifs au ’’ toit solaire’’ constituent une opportunité que le Niger ne manquera pas de saisir dans le cadre de l’Alliance. Les nouvelles technologies de l’information constituent pour le Niger une autre opportunité de développement des applications de l’énergie solaire par le biais du programme «villages intelligents» mis en œuvre par l’Agence Nationale de le Société de l’Information (ANSI), y compris la mise en place de réseaux électriques intelligents.

Enfin, Excellences  Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, je voudrais avant de terminer mon propos, réaffirmer le soutien et l’adhésion du Niger à cette importante initiative.

Le Niger est convaincu que l’Alliance Solaire Internationale constitue un véritable  instrument de solidarité agissante entre les pays riches et les pays à fort potentiel solaire.

C’est un devoir moral d’assurer à travers l’Alliance, l’accès universel à cette énergie si indispensable à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie des populations de la zone intertropicale.

Je vous remercie. ».

Onep

12 mars 2018
Source : http://lesahel.org/

 

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