Gouvernance Guri : Les incohérences d’une communication…

Gouvernance Guri : Les incohérences d’une communication…Aucune entreprise humaine, ne peut aujourd’hui aboutir sans une communication efficace. Il est donc important d’avoir un plan de communication à tous les niveaux de l’échelle de la gestion d’un Etat. Les enjeux de cette communication doivent être définis pour savoir servir et accompagner l’action des hommes car selon cette communication est bien gérée ou non, une gouvernance fonctionne à merveille ou butte à des situations dangereuses comme celles que vit le Niger sous la Renaissance. Et les Nigériens le savent, le problème de la Renaissance est qu’elle parle mal, même conseillée par Harvard. Et le pire est de ne pas tirer les leçons de ses communications ratées, notamment en ce qui est de l’épisode turbulent de Charlie Hebdo au Niger. Aujourd’hui encore, la Renaissance est dans les mêmes tâtonnements, n’ayant jamais su affiner sa communication.

Défense nationale : la démission de la Renaissance ?

L’on parle depuis quelques années de sous-traitance de la sé- curité au Niger par des bases militaires étrangères que le pouvoir des socialistes, très complexé, a invitées sans la manière et sans la forme, à s’installer au Niger comme en territoire conquis, et personne, dans le pays ne peut aujourd’hui dire sur quelles bases se fondent ces installations anarchiques et anarchistes pour un pays qui veut croire à sa souveraineté. C’est à croire que le Niger est devenu une propriété privée d’une clique d’hommes et de femmes qui en fait ce qu’elle veut, se moquant éperdument de ce que peuvent penser les autres Nigériens de sa gestion. L’on sait que le pouvoir socialiste de Niamey, par faiblesse, s’est trop inféodé à la force impériale à laquelle il cherche à plaire coûte que coûte, ne jurant plus que par elle, puisqu’il ne peut pas se débarrasser de ses complexes que cinquante années d’indépendances n’ont fait que renforcer lorsque l’homme socialiste tropical ne peut croire en lui-même. Comment ne pas le croire quand il a fallu attendre qu’il arrive au pouvoir en 2011, soit au troisième millénaire, pour l’entendre dire, perdant toute foi en notre armée, que « sans les Forces étrangè- res, notre armée serait sourde et muette ». Est-il normal qu’un chef des armées puisse tant sous-estimer son armée ? Ce discours du complexe ne peut que sidérer les Nigériens, blessés dans leur amour propre quand ils savent que depuis cinquante ans – sinon davantage – cette armée aujourd’hui dénigrée par le discours politique officiel, avait fait notre fierté parce qu’elle avait toujours su faire face à tous les défis sécuritaires qui se sont posés à nous. On se souvient qu’en d’autres temps, au moment des complicités fortes avec Hollande, le régime aurait même demandé, selon les indiscrétions de la presse occidentale, des soldats Blancs pour assurer la sécurité présidentielle. De quoi pourraiton avoir si peur quand on est élu et surtout quand on serait un bon démocrate ? Mais ne parlons pas de cet autre qui parle d’officiers ethnicistes… Dieu nous en garde !

Malgré ces paroles de mauvais augure nous demeurons fiers de notre armée…

Oui, nous sommes fiers de notre armée même si d’autres voudraient nous amener à ne plus croire en elle. Comment d’ailleurs ne pas s’offusquer de ce discours négatif proféré à l’encontre d’une armée, complè- tement à l’antipode d’une fierté nationaliste ? Dans la dernière déclaration de la mouvance au pouvoir, la MRN et ses affidés de l’APR, pour s’attaquer à une réprobation et une indignations de plus en plus grandissante set fortes et on ne peut plus légitimes dans l’opinion contre l’installation des bases étrangères, la MRN qui manque visiblement d’arguments, n’a trouvé mieux à dire aux Nigériens, qu’à rétorquer que c’est grâce à ces forces étrangères, avec une fierté naïve, que les Nigériens seraient en sécurité ? Faut-il comprendre que les socialistes au pouvoir par usurpation se seraient dérobés à leurs obligations constitutionnelles à assurer notre sécurité commune pour se résigner à la confier à un autre ? Et c’est là que l’on peut lire le complexe de ceux qui gouvernent aujourd’hui. Faut-il croire que parce qu’il s’agit de soldats blancs, nous serions désormais plus en sécurité ? Il fallait poser la question aux Irakiens, aux Afghans, aux Libyens. Ceux-ci vous diront ce que ces armées blanches leur ont apporté. La merde. Car, ces pays, plusieurs années après des interventions que l’on avait crues chirurgicales, restent dans le chaos, avec chaque jour le sang des hommes qui se verse par la violence des attentats. C’est même de l’irresponsabilité politique de la part d’un pouvoir de fanfaronner parce que, pourrait-il croire, un autre le protège d’autant plus que lui ne pourrait plus le faire. Les Nigériens, ne peuvent donc plus attendre mieux de la part des socialistes et de leur armée quant à la gestion efficiente de leur sécurité et que celle-ci doit désormais rester aux mains des Etrangers ? N’est-ce pas, ainsi qu’on veut nous le faire comprendre, que nous devons pour cela être fiers et reconnaissants à l’égard de l’impérialisme qui trouve ainsi au Niger, l’espace pour s’incruster et dominer un pan du monde dont on sait les potentialités dont il regorge ? Elit-on d’ailleurs un pouvoir pour se soustraire à ses devoirs et les confier à un autre ? N’est-ce pas la preuve que la renaissance ne peut pas ? S’il y a une chose qu’on ne peut pas confier à un autre dans la gestion d’un Etat, c’est d’abord la sécurité. Et il est dommage que les socialistes nigériens, enfants de Staline et de Machiavel, n’aient pas compris cela.

Est-ce à dire que notre armée n’est plus utile ?

Non, certainement. L’on sait que la Renaissance ne sait pas communiquer. Et cela n’est pas nouveau. Et nous aimerions croire, même lorsque les autres pourraient être en appui, que c’est notre armée d’abord, et elle en avant de tout, qui s’occupe de notre protection. L’on ne peut donc trouver qu’humiliant de dire, sans en souffrir, que c’est un autre qui assure notre sécurité et ce parce qu’il s’agit du Blanc, disons le Maître d’hier. C’est pourquoi, il faut refuser cette déstructuration et cette déconstruction de notre armée bâtie pendant des décennies où les exigences de la nation plurielle avaient poussé les premiers bâtisseurs de l’indépendance, à la modeler âprement et avec tact afin qu’elle réponde aux exigences d’un Etat moderne qui se construit et qu’un autre, même avec un bonus, ne réussira jamais à parachever. Alors qu’il faut mettre l’armée nationale en confiance, une communication maladroite de personnes en dé- route, fait croire que c’est par un autre, non par elle que la République paie pour assurer cette mission, que le pays serait en sécurité. Comment d’ailleurs le croire quand, il y a quelques jours, par la BBC, l’on apprenait que les autorités nigériennes ne seraient pas satisfaites de la coopération militaire. Et pour cause, alors qu’elles sont présentes, occupant des espaces inaccessibles pour nous Nigériens dont c’est la terre, l’ennemi continue à nous harceler, à nous surprendre, et à tuer, nous déchirant dans le deuil permanent.

Le grand problème de la Renaissance, c’est toujours sa communication.

Dans le désir de plaire à l’autre – l’homme Blanc – on s’oublie et ignore les qualités qu’on peut avoir et pire, on oublie de le dire. Et des alliés, moutonniers, suivent des défaitistes sans art qui ne savent pas aider Issoufou dans sa gestion sinon qu’à le perdre davantage. Gérer un Etat est un art qui n’est pas donné à tous. Et les renaissants ont de quoi se plaindre quand le Créateur leur refuse ces talents. Depuis quelques jours, les incohé- rences d’une communication gouvernementale montrent les tares d’un système qui s’enfonce par ses incompétences avérées. Il en est de même pour cette gestion du problème de l’unité nationale et des fractures ethniques qui reviennent à la surface, cultivés par quelques hommes qui se réfugient dans un identitarisme suranné. On voit depuis des jours des reportages sur l’unité nationale, des chansons, des discours sur la télévision nationale comme si ces artifices pourraient suffire à calmer le jeu et à ressouder les morceaux cassés d’une nation émiettée qui vit les douleurs des blessures de ses divisions qu’une gestion souvent sectaire a entretenues, sinon éveillées et re-cultivées à dessin. Ces chansons et ces discours, eux seuls, ne peuvent pas soigner ces blessures quand les actes politiques posés quotidiennement sont complètement en déphasage avec la parole que l’on porte, un discours hypocritement rassembleur. Ce que les Nigériens, souvent sur des médias non sur les réseaux sociaux seulement, ont entendu ces derniers jours et qui menace notre cohésion, s’il avait été dit par d’autres Nigériens, les aurait certainement conduits en prison. Et ces ruptures d’égalité ne peuvent qu’indigner les Nigériens de plus en plus sceptiques quant à la capacité et peut-être la volonté du régime à poser les actes qui cimentent l’unité et confortent la nation. Dès lors que dans la nation, il y a des intouchables, des hommes et des femmes que la loi ne peut atteindre au nom d’affinités politiques avec le système. Combien sont-ils ces hommes qui, à cause de leur parole qui n’aura pas atteint la gravité de ce que d’autres aujourd’hui disent et diffusent sur des médias sans être inquiétés, sont allés en prison ? Amadou Ali Djibo dit Max, des acteurs de la société civile et plusieurs militants de l’opposition ont connu les mêmes fortunes. Ceux-ci sont vulnérables, parce que, pour être des opposants ou simplement des citoyens sont la parole dérange, ils sont devenus sous la Renaissance, des citoyens de seconde zone. C’est la Renaissance qui le veut comme ça. Il y a de ces questions sensibles pour lesquelles, le magistrat suprême, pour être le garant de l’unité et de la cohésion nationales, père de la nation, ne doit pas transiger quel que soit le fauteur. Mais puisque le Lion a perdu son cri naturel pour ne plus savoir rugir sinon que de miauler, alors il est difficile d’espérer que le régime actuel soit capable de gérer les dérives actuelles. On ne peut donc pas comprendre qu’en conseil de ministre, l’on dise simplement qu’une communication a été faite relativement à cette situation sans que le président de la République ne puisse sévir pour arrêter ces dérives et ce d’autant que tout le monde sait qui a dit quoi dans cette malheureuse propagande. Que viendra dire le ministre de la Renaissance culturelle ? Viendra-t-il apprendre aux Nigériens qu’il est important d’être ensemble, que l’unité nationale est sacrée ? La manière par laquelle, le gouvernement voudra intervenir dans ce terrain, si elle devait manquer de tac, pourra conduire à des situations plus délicates. Il y a donc lieu de faire beaucoup attention. Et l’exercice du ministre de la Renaissance culturelle est à risque, d’abord pour la nation et pour son image. Mais si c’est pour raconter l’importance de l’unité nationale, sans doute que ce n’est pas la peine. Aussi plus que de discours, les Nigériens attendent des actes qui prouveront cette volonté de rassembler, de soigner des blessures aujourd’hui profondes, hélas. De même pour comprendre que l’unité nationale est importante, il faut se rassurer que les Nigériens le savent déjà et il n’y avait qu’à voir le flot de réactions sur les réseaux sociaux de la part de citoyens indignés qui comprennent que personne d’autre ne peut plus comporter de tels insanités pour vouloir les embarquer dans une aventure sans lendemain. Et cela doit faire notre fierté. Et ça, c’est le fruit du travail des autres qui avaient compris l’importance de la mixité pour la cultiver et l’encourager sans le dire expressément. L’exogamie ne commence pas aujourd’hui, la Renaissance doit le savoir pour ne pas s’embrouiller dans son éloge comme si c’est sa création.

Les Nigériens sont mûrs et cette recette des discours qui divisent ne peut plus les prendre….

 27 février 2018
Source : Le Canard en Furie

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