Des Nigériens se méfient de leur justice

M. Marou Amadou, Ministre de la Justice, Garde des SceauxM. Marou Amadou, Ministre de la Justice, Garde des SceauxSuite aux différents scandales politico-financiers qui impliqueraient des personnalités du régime, les citoyens s’interrogent sur la capacité de la justice de leur pays à se saisir de tous les dossiers.

La constitution nigérienne consacre l’indépendance de la justice avec la séparation des pouvoirs. Mais à tord ou à raison, de nombreux citoyens estiment que la justice n’est véritablement pas indépendante. Les juges sont soumis à des pressions de la part du l'exécutif qui détient le pouvoir de nomination des juges.

Pour  EL Hadj Idi Abdou, acteur de la société civile nigérienne, "l’association des jeunes avocats du Niger, reconnaît les efforts des juges de siège qui souvent ne vont pas dans  le sens du parquet. Ils essaient d’affirmer leur indépendance. Cependant pour qu’elle soit effective, il faut que le président de la République cesse d’être le président du Conseil Supérieur de la Magistrature" .

" Les magistrats nigériens tiennent à leur indépendance et n’hésitent pas à dénoncer les injonctions du pouvoir. Cependant, ils sont fragilisés par les faibles moyens alloués au fonctionnement de la justice" explique le président de l’association des jeunes avocats du Niger, Me Boudal Mouloul Effred.

Dans un récent discours, le président nigérien Issoufou Mahamadou a réaffirmé l’indépendance de la justice et sa détermination à lutter contre la corruption et autres infractions assimilées. Les juges nigériens veulent le prendre aux mots dans la suite qui sera réservée à tous les dossiers pendant devant les tribunaux.

27 février 2018
Source :  http://www.dw.com/fr/

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