SIM Aminchi 0range

Hama Amadou parle : Le régime tremble

Hama Amadou parle : Le régime trembleReçu par la chaîne de télévision panafricaine Vox Africa, Hama Amadou s’est largement étendu sur d’abord étendu sur les conditions politiques qui expliquent son absence prolongée du pays ; des conditions politiques que les Nigériens connaissent si bien et dont les mobiles ont été découverts par le monde entier lorsque l’homme, candidat à la présidentielle de mars 2016, a été incarcéré dès son arrivée à Niamey, en novembre 2015 et maintenu en prison alors qu’il était le challenger de Mahamadou Issoufou au second tour. Les mobiles ? C’est que, bien qu’ayant incarcéré, donc empêché son adversaire de battre campagne, Mahamadou Issoufou n’a pu se faire élire que par un grotesque hold-up électoral où l’on a vu des gens fabriquer des procès-verbaux, sous des arbres, loin des bureaux de vote. « Les conditions politiques qui ont été spécialement organisées pour mon élimination politique sont toujours en vigueur ». Rien de plus vrai. Durant 50 minutes d’affilée, Hama Amadou martèle ses vérités ; des vérités partielles pour certains qui auraient voulu l’entendre aborder des sujets de préoccupation actuelle tels que la présence des bases militaires étrangères, la loi de finances et le terrorisme. Des questions, certes, importantes que l’homme a pourtant abordées même s’il ne s’est pas étendu largement comme l’auraient souhaité certaines voix. Car, Hama Amadou a parlé de souveraineté et a évoqué le principe qui sous-tend la souveraineté des États ; un principe qui, dit-il, est reconnu et respecté au plan mondial, mais que les gouvernants actuels ont mis en sourdine. Comme exemple, il a évoqué les rapports entre le Niger et certains de ses partenaires étrangers, notamment avec Areva à qui le gouvernement de Hama Amadou a une nouvelle loi minière, celle dite de 2006. « Une loi, dit-il, que le gouvernement actuel n’a pu mettre en œuvre ».

Pompier de service qui a, à maintes fois, redressé le Niger dont les finances publiques étaient en déliquescence, Hama Amadou constate, avec amertume, l’état délabré dans lequel la gouvernance de Mahamadou Issoufou a précipité le Niger. Aussi bien sur le plan politique qu’économique. Il a notamment expliqué, au plan économique, l’intérêt partagé, tant pour le Niger que pour ses partenaires commerciaux traditionnels, en particulier la France, d’avoir « un nouveau type de rapport qui aide à un co-développement dans lequel on pourrait avoir des partenaires solvables ; un nouveau type de rapport qui permettrait d’avoir une balance commerciale beaucoup plus améliorée avec des capacités d’exportation plus intéressantes ».

« Le Niger se porte très mal et toutes les institutions de la République sont désormais sous la tutelle directe d’un seul homme »,

Hama Amadou indique d’abord qu’il ne s’agit pas là de son constat personnel, mais plutôt celui du peuple nigérien qui vit des moments très difficiles. « Sur le plan politique, dit-il, il y a une régression des valeurs de la démocratie dans notre pays ». « Une sorte de mise en coupe réglée de toutes les institutions de la République qui sont désormais sous la tutelle directe d’un seul homme », a dit Hama Amadou. C’est là une autre vérité que ne démentiront ni les Nigériens qui dénoncent cette situation, ni les observateurs étrangers de la scène politique nigérienne. « Toutes les institutions de la République sont devenues en quelque sorte des excroissances de l’Exécutif. Ou vous faites ce que veut l’Exécutif, ou on vous exécute», a affirmé Hama Amadou qui fait constater par ailleurs qu’il n’y a aucune limite à cette pratique antirépublicaine. « Que ce soit la justice, l’Assemblée nationale, les autres institutions fondamentales de la Ré- publique », a-t-il ajouté. Il fait observer ensuite que les libertés individuelles et les libertés publiques sont régulièrement piétinées ; que la loi ne sert que dans la mesure où elle permet au pouvoir en place de pouvoir sanctionner, de punir, de se débarrasser de ceux qui le gênent. Un sujet sur lequel l’on ne peut que s’incliner devant la triste réalité, les exemples foisonnant comme têtards dans un étang. Des délinquants, pratiquement pris la main dans le sac, sont en liberté et se permettent même parfois, d’user et d’abuser de la loi contre d’autres citoyens à qui il est reproché d’avoir informé.

« Depuis 2012, le Niger est dans une sorte de déclin continu de la croissance réelle si bien qu’en 2016, le taux de croissance réel par habitant n’était que 0,1% tandis que celui de 2017 se situe autour de 1,2% »

À propos de la situation économique, Hama Amadou a déclaré que la pauvreté s’est aggravée ces dernières années, au Niger. Les cohortes de populations entières qui se ruent sur les centres urbains, notamment Niamey, à la recherche de quoi manger, font foi. Des témoignages poignants sur la gravité de la situation ont été rapportés par des députés qui informent que des populations, dans certaines régions, sont obligées de chercher quelques grains dans des termitières. Hama Amadou, qui sait probablement plus que ça, bat d’ailleurs en brèche la chansonnette de Mahamadou Issoufou qui ne perd pratiquement aucune occasion de communication pour déclarer que l’économie nigérienne se porte bien parce qu’elle aurait une croissance à deux chiffres. « Les rapports avec le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale mettent en évidence d’autres chiffres beaucoup plus réels », a dit Hama Amadou. « Depuis 2012, le Niger est dans une sorte de déclin continu de la croissance réelle si bien qu’en 2016, le taux de croissance réel par habitant n’était que 0,1% tandis que celui de 2017 se situe autour de 1,2% ». Ce qui veut dire que les Nigériens vivent aujourd’hui avec un Pib par tête d’habitant de 420 dollars par personne », a-t-il ajouté. Le pays s’est appauvri et les Nigériens se sont très appauvris constate Hama Amadou qui relève toutefois, en opposition à cette pauvreté généralisée des populations, « qu’il y a une certaine caste politico-commerciale qui, elle, voit sa richesse s’accroître »

« Je crois sincèrement en la démocratie et aux règles de la démocratie, mais si en face de moi, j’ai des hommes qui ne pensent qu’au pouvoir et à l’intérêt qu’ils ont de garder le pouvoir, quel que soient les moyens pour y parvenir »

C’est sa façon de faire de la politique, dans laquelle Ni humanité ni respect des principes démocratiques ; c’est son personnage, je n’y peux rien »

« Lorsque vous avez le pouvoir de commander à la justice, de convoquer les juges au palais pour leur imposer votre décision et qu’ils l’appliquent sans état d’âme, il est évident que vous aurez toujours raison dans le pays »

A propos de l’affaire des bébés, Hama Amadou n’est pas passé par quatre chemins pour expliquer que si c’est le moyen qui a été trouvé pour l’éliminer politiquement, il est toutefois là, plus que jamais dans son rôle d’opposant politique. « Cette affaire des bébés est le moyen qui a été trouvé pour essayer de m’éliminer de la scène politique », a déclaré Hama Amadou qui veut ainsi exprimer qu’il est toujours debout, entier et déterminé à aller au bout de son combat politique. Des preuves qui montrent qu’il s’agit d’un grossier complot politique où le principe de la présomption d’innocence a été piétiné et où la procédure judiciaire a été complètement laminée. En matière de supposition d’enfant, il faut nécessairement un procès au civil avant tout procès pénal. Et pour qu’il y ait un procès au civil, il faut préalablement qu’il y ait un plaignant. Or, Il n’y a dans cette affaire, aucun plaignant. Hama Amadou, qui a évoqué un certain nombre de preuves qui montrent que c’est un montage politique en vue d’éliminer un adversaire politique gênant, a indiqué que ce n’est pas si surprenant que la justice fonctionne et agisse ainsi. « Lorsque vous avez le pouvoir de commander à la justice, de convoquer les juges au palais pour leur imposer votre décision et qu’ils l’appliquent sans état d’âme, il est évident que vous aurez toujours raison dans le pays ».

Le premier respect qu’on doit à son peuple, c’est la sincérité et la vérité

« Je ne sais pas mentir, je ne sais pas faire des promesses fallacieuses. Je ne le fais pas parce que je respecte le peuple nigérien », a déclaré Hama Amadou qui a déploré la tendance du régime actuel qui joue sur le réveil de certaines animosités. Pour la première fois, Hama Amadou a réagi sur une question des plus sensibles. Il rappelle ainsi les propos malheureux que Mohamed Bazoum aurait tenus lors des dernières élections et qui ne peuvent servir personne. L’unité est la voie à privilégier, que ce soit au Niger ou même au niveau continental.

BONKANO

12 février 2018
Source : Le Canard en Furie

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