Commission électorale nationale indépendante : Le Fichier Biométrique une lueur ou un leurre pour les échéances de 2021 ?

ISSAKA SOUNA CENI 02C’est un sujet de débat, mieux un sujet de préoccupations pour toutes les formations politiques qui ont la prétention de présenter des candidats aux futures élections générales de 2021, dès lors que sur la base de certaines confidences du président de la CENI actuelle maître ISSAKA SOUNA, il serait difficile pour notre pays d’avoir un fichier biomé- trique à l’horizon 2021 à cause des facteurs indissociables de la marche de notre pays. Au nombre de ces facteurs figure en premier lieu, la sècheresse financière sans précèdent que vit le Niger ; Car tirant les leçons des élections de 2016, il est apparu qu’à cette date notre pays ne dispose même pas de ressources humaines de qualité pour aboutir dans les délais à l’élaboration d’un tel fichier, encore moins à disposer d’un plateau technique adéquat. Parmi les obstacles qui se dressent contre la fiabilité voire la viabilité d’un tel fichier, il convient avant tout de faire remarquer qu’en 2018 , notre pays ne dispose d’un état civil crédible et sûr pour la simple raison que le Niger est très vaste, que les structures sanitaires qui sont au premier échelon de l’établissement des actes de naissances ne sont pas en mesure de donner une situation objective des naissances et des décès dans leurs localités respectives ,mieux 80 pour cent de la population nigérienne étant rurale, beaucoup ne déclarent pas les naissances à plus forte raison les décès. S’il est vrai que notre pays avait initié dans les années 2000, la carte d’identité biométrique et sécurisée, qui devait constituer à terme, le premier support du fichier électoral, force est de constater que certains acteurs politiques ont étouffé ce projet à dessein, on ne sait pour quelles ambitions ? Toujours est-il que le Niger est revenu à l’usage de l’ancienne carte d’identité nationale qui n’a aucun niveau de sécurité et pire qui est facilement reproductible et falsifiable à volonté au regard de l’avènement des NTICS. Selon toujours les dires d’un diplomate étranger au Niger, son pays étaient prêt à financer la modernisation de l’état civil au Niger, hélas cette bonne volonté de son pays n’a pas eu l’agrément des autorités Nigériennes !

En conclusion notre diplomate à la ferme conviction que ,les hommes politiques nigériens ne veulent nullement d’un fichier qui aurait l’avantage de sécuriser les votes des citoyens et de garantir surtout la crédibilité du processus électoral dans notre pays. 2021, c’est maintenant et comme l’a si bien dit le président de la République, il a la ferme intention d’inscrire son nom dans les annales politiques du Niger en devenant l’artisan de la première transmission pacifique et démocratique du pouvoir au Niger post Conférence Nationale. Gageons que cet engagement soit honoré pour la postérité ! Et d’ailleurs pourquoi ne pas se conformer aux directives de la CEDEAO, qui plaident pour une carte biométrique pour la sous-région ouest africaine avec le double avantage de servir en même temps de cartes d’électeurs et à ce titre l’exemple du SENEGAL devrait nous inspirer.

Oumarou Idé

21 janvier 2018
Source : Le Nouveau Républicain

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