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Assainissement au Niger : Du pain sur la planche du Président Issoufou

LAssainissement au Niger : Du pain sur la planche du Président IssoufouEn 2012, il a limogé deux ministres et un député membre du parti de son principal allié de l’époque a démissionné du parlement et de sa formation politique pour le sien. Huit députés de l’opposition de l’époque ont, dans la même foulée, écopé de levée d’immunité. Aucun de ses dossiers n’a réellement abouti. On aurait cru que l’assainissement est, du jour au lendemain devenu, dans le pied de Mahamadou Issoufou, une épine difficile à enlever.

Lorsqu’elle a éclaté, l’affaire dite des fausses factures (autour d’1 526 000 000 FCFA qui seraient sortis illégalement des caisses de l’Etat pendant la transition du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie, CSRD), dans laquelle le député dont nous avons fait cas plus haut a été cité comme le principal accusé, l’opposition parlementaire regroupé au sein de l’Alliance pour la Réconciliation Nationale (ARN), c’est un rappel, a tout de suite sauté sur l’occasion, pour jeter l’anathème sur le gouvernement. C’est ainsi qu’il a interpelé le ministre de la justice dont la réponse a surpris plus d’un à l’hémicycle comme dans l’opinion nationale. Dans un article intitulé Affaire des fausses factures : le Ministre de la justice protège « sa majorité » , un journal du pays expliquait :

Il s’agissait pour Marou Amadou [Ministre de la justice] de dire à la représentation nationale si oui ou non le procureur de la République a transmis une requête de levée de l’immunité parlementaire du député de la majorité Zakou Djibo dit Zakaï. Si oui, quel est le sort réservé à celle-ci ? Est-ce que le Ministre de la justice a autorité et pouvoir à donner suite à cette requête ? Est-ce que le Gouvernement a refusé de transmettre ladite demande ? Si tel est le cas, le Gouvernement de Brigi Rafini a-t-il peur de dévoiler des complicités à un haut niveau dans les rangs de sa majorité au pouvoir ? Notre ministre dit avoir bel et bien reçu la requête en question et qu’il l’avait transmise au Ministre chargé des relations avec les institutions le même jour, le vendredi 05 août 2011 vers 19 heures. Ne pouvant pas la faire enregistrer à l’Assemblée nationale et compte tenu du week-end qui s’en est suivi, le Gouvernement a finalement eu le temps nécessaire pour réfléchir et décider d’y adjoindre des dossiers similaires en souffrance concernant d’autres députés avec l’intention de « purifier le temple de la démocratie qu’est l’Assemblée nationale ».

Un autre scandale financier survenu sous le régime de Zaki est cette affaire de marché accordé, en violation de l’article 52 de la constitution qui interdit l’attribution de marché à tout parlementaire dont le mandat court encore, à un député du parti au pouvoir par deux ministres du premier gouvernement de ce régime. En l’occurrence, le ministre de l’équipement et celui des finances de l’époque. Une affaire pour le dénouement de laquelle, là encore, l’âge d’or n’est pas pour demain. Aujourd’hui, c’est à propos des affaires comme celle d’Africard ou encore celle des 200 milliards d’Areva que les Nigériens attendent le Chef de l’Etat au tournant.

Il faut dire que depuis son installation il y a 7 ans, le pouvoir « guriste » a été entaché de plusieurs scandale politico-financier. Et, malchance, trahison ou laisser aller, presque tous les auteurs de ces scandales sont du sérail du Président de la République. Le régime socialiste est accablé.

            Sur Radio France Internationale, un entretien diffusé le 25 Avril 2016, le chercheur Nigérien d’origine française, Jean Pierre Olivier de Sardan, invité Afrique de la rfi, expliquait au micro d’Anthony Lattier, le contenu d’une lettre ouverte qu’il a adressé plus tôt à « ses amis du PNDS » pour les interpeler par rapport aux engagements pris devant le peuple. À l’opposition, le Président Issoufou :

 voulait mettre fin à la politisation de l’administration. Il voulait mettre fin à l’affairisme et au poids démesuré des commerçants dans la vie politique qui financent les partis et les élections et attendent un retour sur investissement. Il voulait mettre fin à la corruption qui est devenue de plus en plus endémique dans le pays. Et toutes ces promesses hélas n’ont pas été tenues. C’est-à-dire qu’on se trouve exactement dans la même situation qu’avant.

Mais une fois au pouvoir, le chef de l’Etat semble noyé dans ce que le chercheur appelle : « une série de mauvaises habitudes ou de mœurs politiques ancrées dans l’administration, ancrées dans la classe politique. Il n’est pas facile de s’en dégager. On peut le dire dans les mots, mais le faire dans les actes c’est certainement difficile ».

Finalement, tout porte à croire qu’au Niger, on risque d’attendre encore longtemps avant d’avoir une vraie « opération maï bulala » qui épinglera tous ceux qui, pour le peu de temps passé aux affaires, se sont permis de se servir au lieu de servir, tous qui se sont sucrés sur le squelettique dos du peuple depuis les régimes passés, notamment dans des affaires comme Riz japonais ou encore celle des trop perçus des députés… La constitution nigérienne est claire : « les biens publics sont sacrés » et nul n’est au-dessus de la loi. Rien que cette semaine, un journal de la place a titré à sa une : « Dosso Sogha : L’Inspection générale d’Etat demande à Albadé Abouba de rembourser plus de 5 milliards de fcfa ».

À quand donc la fin des détournements au Niger ? Et il faut pour sanctionner les fautifs et dissuader ceux qui en ont l’intention. Pour mettre fin à l’hémorragie car comme ce dit le proverbe haoussa connu de tous : « A ba gawa kashi dan may ray ya ji sooro ».
19 janvier 2018
Source : http://nigerdiaspora.net/

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