Loi des finances 2018 : La société civile nigérienne enfin autorisée à manifester

Loi des finances 2018 : La société civile nigérienne enfin autorisée à manifesterÇa y est, après trois tentatives infructueuses dont même une bastonnade lors de la marche de l’ONG ACTIS Niger, les organisations de la société civile nigérienne ont enfin obtenu le feu vert des autorités pour battre le pavé à Niamey.
L’annonce, on s’en souvient, a fait l’objet d’une déclaration le jeudi 04 Janvier sur les chaines privées de la place. « Avant toute chose, permettez-nous de remercier et féliciter tous ceux, qui ont bien voulu répondre à notre premier appel à manifestation du jeudi 21 décembre 2017 dans les différentes localités de notre pays soit en organisant la marche suivie de meeting, soit en observant la ville morte avec tout le sens de responsabilité citoyenne ». C’étaient là les premiers mots de cette déclaration dans laquelle il sera dit qu’ « à l’issue de la réunion d’évaluation, un nouvel appel citoyen à manifestation nationale est lancé pour le dimanche 14 janvier 2018 en vue de créer une synergie d’actions pour lutter contre les mesures antisociales contenues dans la loi scélérate des finances 2018 initiée par le Gouvernement, adoptée contre toute attente par l’Assemblée Nationale et promulguée par le Président de la République depuis le 28 novembre 2017 ».
C’est donc toujours contre la loi des finances 2018 que les Nouhou Arzika, Moussa Tchangari, Ali Idrissa et les autres grands noms des bonnets blancs, « farin fulla » ont, en tête des Nigériens de Niamey, marché de la place Toumon à la place la concertation située à la devanture du siège de l’Assemblée nationale. Pour expliquer à l’opinion nationale et internationale combien ce budget est une arnaque contre les petits contribuables, pour dire « kash ! » à leurs élus qui n’ont pas hésité à autoriser le gouvernement à essorer ces contribuables, pour dire trop c’est trop au gouvernement pour toutes les mesures impopulaires qu’il a prises en plus de cette loi.


Entre autres dispositions, les manifestants ont rejeté :
1. la création d’une taxe d’habitation que devront désormais acquitter toutes les personnes disposant d’un compteur relié au réseau d’électricité ou d’un système autonome d’énergie électrique, qu’elles soient propriétaires des maisons, simples locataires ou de personnes y habitant à titre gratuit;

2. le rehaussement du taux de l’Impôt Synthétique de 2 à 5% pour les activités commerciales et de 3 à 7% pour les prestations de service, assorti de la fixation de minima de 60 000F pour le commerce et 80 000F pour les prestations de service ;

3. l’extension de l’assiette de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) qui sera appliquée désormais au transport routier des marchandises et des voyageurs, aux affaires faites par les commerçants qui se livrent à la commercialisation des produits agricoles après acquisition auprès des producteurs ruraux, à divers produits, notamment des denrées alimentaires, des intrants agricoles, des fournitures scolaires jusque-là exonérés.

Ils étaient plusieurs centaines à applaudir à la lecture de ces griefs, en guise d’acquiescement. Après donc les régions, le 21 décembre 2017, c’est autour de Niamey d’opposer son veto contre le budget 2018 dont la contestation fait presque l’unanimité dans notre pays.
Pari réussi pour les organisations de la société civile et vivement que ce cri de cœur résonne dans de bonnes oreilles car comme l’a dit Diderot dans L’Encyclopédie : « Toute république où la souveraineté réside entre les mains du peuple, est une démocratie ». Il faut donc écouter le peuple, faire avec sa volonté et tenir compte de son intérêt. C’est le peuple qui fait la démocratie.

15 janvier 2018
Source : http://nigerdiaspora.net/

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