Programme politique du régime de la septième République : la Renaissance culturelle tarde à venir

Programme politique du régime de la septième République : la Renaissance culturelle tarde à venirEn 2011, M. Issoufou Mahamadou, à l’époque candidat aux élections présidentielles, a présenté un programme politique de 5 ans pour demander le suffrage des Nigériens. Un programme novateur en plusieurs points parmi lesquels : l’initiative 3 N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens), Niamey Niyala, la Renaissance culturelle etc.

Telle que définie dans le Programme de Renaissance Culturelle : diagnostic et feuille de route, le document qui sert de référence en la matière, cette Renaissance n’est autre que le retour vers les « valeurs sociales positives, telles que l’honnêteté, la rigueur morale, le sens de l’entraide, la solidarité, le respect de la parole donnée, le don de soi, la tolérance, la dignité, l’amour du travail bien fait et l’hospitalité […] » des valeurs qui selon le gouvernement de la septième République « se perdent progressivement ». Pour ce faire, « La renaissance culturelle s’appuiera sur les valeurs issues de nos traditions dont la diversité est avérée et les valeurs universelles qui offrent un modèle de comportement exemplaire pour le citoyen nigérien ». Et le gouvernement d’ajouter que « La renaissance culturelle valorisera ce socle fondamental et l’éducation sera le vecteur principal de diffusion de ces valeurs ».

C’est son deuxième mandat qui court depuis bientôt trois ans, après sa réélection en 2015, qui, selon le Président de la République, sera consacré à la Renaissance culturelle. Une annonce qui était tombée dans un climat de vives critiques contre ce que beaucoup considèrent encore comme un concept de propagande, vide, sans contenu, un simple discourt politique.

Ces critiques, au vue de la réalité, ne semblent pas vraiment sans fondement, surtout quand on sait que depuis que le Président Zaki tient les rênes du pouvoir au Niger, aucun des maux que devait combattre son programme de Renaissance, dans sa dimension culturelle, ne tend vers l’amenuisement. Il y a donc urgence, à entendre certains politiciens, la presse, les artistes et professionnels de la culture… d’agir afin que cette Renaissance culturelle soit une réalité car quoi qu’on dise, elle a quand même le mérite de faire un diagnostic sinon exhaustif, du moins assez adapté aux principaux obstacles à un véritable développement socio-économique au Niger.

Dans une intervention sur Télé Sahel, la télévision nationale du Niger, le Ministre de la Renaissance Culturelle, Son Excellence Assoumana Malam Issa, est revenu sur ce programme qui va prendre un nouvel élan à partir de cette année. C’était, au journal de 20h30 du 4 janvier dernier. Selon l’ancien parlementaire qui est aussi porte-parole du gouvernement, plusieurs mesures seront prises et appliquées, et cela dès le 1er trimestre 2018 dans le cadre de la mise en œuvre de la Renaissance Culturelle. Au nombre de ces mesures : l’interdiction de la mendicité sur les grandes voix et devant certains édifices publics, la valorisation du cousinage à plaisanterie, une pratique inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, à travers un festival, la culture de la salubrité publique au niveau personnel et collectif, le port de casque, l’interdiction du téléphone au volant etc. Et le ministre d’ajouter que la Chefferie traditionnelle, les médias et les artistes seront mis à contribution pour sensibiliser la population par rapport aux points sus-cités.

L’inquiétude des uns et des autres semble donc entendue par les autorités de la septième République même si pour certains, un grand retard a été accusé dans la concrétisation de ce programme qui nous a été trop vanté. Mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais.

Pour finir, dans son discourt, lors de sa première investiture, le 9 avril 2011, le Président de la République a dit : « un changement des plus grands changements que je demande aux Nigériens est le changement de mentalité par rapport au temps ». Cela pour appeler le Ministre et le Président de la République et, au-delà, tous les Nigériens, à inscrire la question du temps sur la liste des priorités de 2018 car le retard, à l’instar celui soulevé plus haut par rapport au programme dont nous parlons, est devenu une habitude, non, un comportement pour beaucoup de fonctionnaire nigérien. Ressaisissons-nous donc par rapport au retard car comme l’a dit Taylor, « Time is money ».

10 janvier 2018
Source :  http://nigerdiaspora.net

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