« Nous espérons 17 milliards de dollars », annonce la ministre du Plan

« Nous espérons 17 milliards de dollars », annonce la ministre du Plan À l’occasion de la tenue de la « Conférence de la renaissance » du Niger à Paris le 13 et le 14 décembre, la ministre du Plan Kané Aichatou Boulama annonce espérer réunir 17 milliards de dollars pour financer la stratégie de développement économique et social du pays.

À la tête du ministère nigérien du Plan depuis février 2016, Kané Aïchatou Boulama chapeaute la « Conférence de la renaissance », organisée à Paris les 13 et 14 décembre, pour présenter le Plan de développement économique et social 2017-2021 (PDES 2017-2021). L’objectif : obtenir 7 milliards des bailleurs internationaux et 10 milliards des investisseurs privés.

Jeune Afrique : Quelles sont les contraintes qui handicapent le Niger ?
Kané Aichatou Boulama
: Je parlerais plutôt de défis. Il y a la sécurité que nous avons bien intégrée dans notre Plan de développement économique et social et que nous assurons avec le concours de la société civile. Il y a l’accroissement démographique que nous devons adapter au rythme de notre croissance économique et le changement climatique qui alterne sécheresses et inondations.

Nous devons préserver nos valeurs de solidarité, sans que cela ne dérive vers de l’assistanat

Il nous faut aussi modifier nos mentalités. Nous devons préserver nos valeurs de solidarité sans que cela ne dérive vers de l’assistanat. La cellule familiale doit être consolidée afin que notre développement mette en valeur le groupe plutôt que l’individu. Pour cela, nous visons une renaissance culturelle en nous appuyant sur notre chefferie traditionnelle qui est efficace pour régler les conflits locaux en collaboration avec l’administration. Enfin, notre PDES ne doit plus reléguer le développement au second plan, au profit des réfugiés de l’intérieur comme de l’extérieur.

J’ajouterais que nous privilégions le développement du capital humain en faisant passer nos dépenses pour la formation professionnelle et technique de 25% du budget de l’Education en 2015 à 40%.

Que contient votre Plan ?
l vise à accélérer notre croissance de 5 à 7% par an. Pour cela, notre politique s’appuie sur deux piliers. Le premier est la transformation du monde rural qui représente 40% de notre produit intérieur brut et où vivent 80% de notre population, dont les trois-quarts sont pauvres. Il n’y pleut que trois mois par an.

Les jeunes n’auront pas à s’exiler ou à verser dans le terrorisme

Depuis 2011, nous avons mis sur pied l’initiative « les Nigériens nourrissent les Nigériens » (3N). Il nous faut la conforter en mobilisant les eaux, les semences, les pistes, la transformation industrielle, l’électricité – nous allons électrifier au moins mille villages -, les nouvelles technologies et les crédits pour réaliser tout cela. Les gens seront retenus dans les villages et les jeunes n’auront pas à s’exiler ou à verser dans le terrorisme.

Et votre deuxième « pilier » ?
C’est le secteur privé. Investir au Niger était risqué. Ca ne l’est plus, car nous avons modernisé nos codes d’investissements, le secteur minier et de l’électricité. Nous avons ouvert un guichet unique pour les investisseurs étrangers. Nous avons ainsi pu progresser de 32 places en cinq ans dans le classement Doing Business sur le climat des affaires de la Banque mondiale.

Qu’attendez-vous de la conférence « Un Niger renaissant » ?
Au total, 27 milliards de dollars. Nous en apporterons 10 milliards. Nous espérons 7 milliards de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, plus 10 milliards des investisseurs privés. Cela semble séduire beaucoup de monde, des Russes, des Italiens, des Américains, des Maghrébins, notamment. La Société financière internationale (SFI) du Groupe Banque mondiale se dit prête à garantir nos risques.

Rendez-vous donc en 2021 ?
Nous aurons gagné nos paris. Notre taux de pauvreté reviendra de 45% à 41%. Notre natalité décroîtra de 7,6 à 5,06 enfants par femme. Et nos femmes seront de plus en plus autonomes économiquement, ce qui leur permettra d’avoir la parole dans les villages et nous permettra de gagner 3 points de produit intérieur brut par an !

 Par Alain Faujas

13 décembre 2017
Source : http://www.jeuneafrique.com/

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