SIM Aminchi 0range

Poursuite de la visite de travail et d’amitié du Président de la République à Paris : Le Chef de l’Etat appelle les investisseurs privés à partager les fruits de la croissance nés du programme de Renaissance

Isssoufou programme Renaissance Paris.jpgLe Président de la République, Chef de l’Etat, SE Issoufou Mahamadou poursuit sa visite de travail et d’amitié à Paris où, il a pris part vendredi dernier à un panel dans le cadre de la première édition de la Conférence de Paris organisée par le Forum économique international des Amériques au centre de conférences de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) sur le thème ‘’Repenser la mondialisation’’. Selon les organisateurs, depuis 24 ans, ce forum réunit les figures les plus éminentes de la planète qui élèvent le savoir, la conscience et le débat qui entourent les enjeux économiques les plus pressants à travers le monde. Parmi elles, le Président de la République, Issoufou Mahamadou qui a donc cette année, participé au panel sur le financement de l’émergence économique dans l’espace francophone. Ce panel a été organisé par l’Organisation Internationale de la Francophonie dans le cadre de la Conférence de Paris et de sa stratégie économique pour la Francophonie.

Lors de son intervention à ce panel, le Président de la République a d’abord relevé la disparité qui caractérise le niveau de développement dans l’espace francophone avec des pays développés, des pays à revenus intermédiaires et des pays moins avancés. « Chacun de ces groupes de pays est confronté à des problèmes différents ». Pour le dernier groupe de pays, Issoufou Mahamadou a étalé les défis auxquels ils font face et qui se résument à un manque de ressources financières pour transformer leur actif démographique en dividende économique, un besoin de ressources pour investir dans le capital humain, les infrastructures, le développement agricole et dans l’industrie pour réaliser les ODD (Objectifs de Développement Durable) en 2030. Citant la CNUCED, le Chef de l’Etat a clairement affirmé que l’Afrique a besoin de 600 milliards de dollars par an.

Le Président de la République a également indiqué sans détours que le financement de l’émergence de l’économie dans l’espace francophone peut se faire par une combinaison de quatre sources à savoir : l’aide publique au développement, les investissements directs étrangers, les transferts financiers des diasporas et les ressources internes des Etats. Le Chef de l’Etat a également évoqué, un sujet qui fait aujourd’hui couler beaucoup d’encre et de salive : la migration. Les transferts de fonds opérés par les diasporas peuvent selon lui contribuer au financement de l’émergence économique des pays de l’espace francophone. C’est pourquoi, « les débats actuels sur la migration irrégulière ne doivent pas occulter les avantages de la migration légale », a-t-il affirmé.

Le chef de l’Etat s’est ensuite appesanti sur les mesures prises dans notre pays pour améliorer le climat des affaires. Dans ce domaine, le Niger a, en effet, beaucoup travaillé pour introduire de nouvelles réformes tendant à faciliter notamment la création d’entreprises dans notre pays et à attirer les investisseurs. Sur ce plan, il est très réconfortant d’apprendre selon le chef de l’Etat que la Banque mondiale considère le Niger comme le pays le plus réformateur en la matière. L’autre point important développé par le Président de la République est le Plan de Développement Economique et Social (PDES) 2017-2021. Devant des participants attentifs, le Président de la République a clairement exposé le PDES dont il a rappelé les priorités qui sont celles de la Renaissance du Niger qu’il a initiée.   Un plan dont les axes stratégiques sont la Renaissance culturelle avec comme programmes la mobilisation pour un changement de comportement et la consolidation de la culture démocratique et républicaine ; le Développement social et la transition démographique, l’accélération de la croissance économique par le développement du secteur privé, la transformation du monde rural et l’amélioration de la gestion du développement, celle de la gouvernance, la paix et la sécurité avec la consolidation de l’efficacité et la transparence des institutions, le renforcement de la sécurité intérieure et frontalière du pays ainsi que la gestion durable de l’environnement par une gestion durable des terres, des eaux et de la diversité biologique, l’amélioration du cadre de vie des populations et la lutte contre les changements climatiques. L’autre particularité du PDES 2017-2021 soulignée par le Chef de l’Etat est le fait que le financement de ce plan sera assuré à hauteur de 60% par les ressources internes.    

Une volonté importante relevée et appréciée par les panélistes qui ont pris la parole lors de ce panel. Ils ont reconnu et souligné aussi que de plus en plus, l’Afrique compte sur elle-même et fait beaucoup pour son émergence économique. « L’Afrique francophone est en pleine transformation, en pleine modernisation ». Ils ont enfin appelé les pays de l’espace francophone à se concerter, à s’organiser pour chercher les moyens de financer leur émergence économique. Cette volonté de d’abord compter sur soi a aussi été soulignée par la Présidente de la République de Maurice, Mme Ameenah Gurib-Fakim qui a également parlé des recettes de la réussite économique de son pays.

La Secrétaire générale de l’OIF, Mme Michaëlle Jean s’est, elle beaucoup appesantie sur l’émergence africaine, le rôle du secteur privé, la baisse du coût des matières premières etc. En effet, pour son institution, les pays en développement de l’espace francophone, engagés dans l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) très ambitieux d’ici à 2030, et dans l’adaptation et la lutte contre les changements climatiques, doivent mobiliser des financements considérables pour assurer la transformation structurelle de leurs économies et renforcer leur croissance. Aussi, se pose-t-on la question à l’OIF de savoir comment, dans un contexte de tension sur les finances publiques, assurer le financement des réformes et infrastructures nécessaires à leur émergence économique ? C’est donc pourquoi cette table ronde a été organisée pour également permettre de trouver les stratégies à mettre en place pour mobiliser les investisseurs privés, mais aussi pour donner les pistes de dynamiques partenariales qui peuvent accélérer le développement de ces pays qui, selon l’OIF présentent un formidable potentiel pour le développement de l’ensemble de l’espace francophone.

Au Niger, avec les potentialités économiques du pays et les reformes entreprises pour améliorer le climat des affaires, le Président Issoufou Mahamadou appelle les investisseurs privés à venir partager avec nous les fruits de la croissance économique dont le programme de Renaissance est porteur. (Lire l’intégralité du discours du Chef de l’Etat au panel sur le financement de l’émergence économique dans l’espace francophone).

Idé Fatouma Envoyée Spéciale(onep)

11/12/17

Discours prononcé par le Président de la République du Niger, au panel sur le financement de l’émergence économique dans l’espace francophone, à l’occasion de la Conférence du Forum Economique International des Amériques : «Les pays de l’espace francophone doivent miser d’avantage pour leur émergence sur le commerce et les investissements directs étrangers. C’est ce que nous faisons au Niger à travers l’amélioration du climat des affaires» déclare SE. Issoufou Mahamadou

Excellence Madame Ameenah Gurib-Fakim, Présidente de la République de Maurice,

Excellence Madame la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais remercier Madame la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Son Excellence Madame Michaelle Jean, le Forum Economique International des Amériques et l’Organisation pour la Coopération et le Développement en Europe, pour m’avoir associé à cette très importante rencontre du Forum Economique Internationale des Amériques. Je tiens à relever la pertinence du sujet qui sera discuté au cours de ce panel, parce qu’il porte sur le financement de l’émergence économique dans l’espace francophone, un sujet d’intérêt pour les pays en développement en général et les pays africains en particulier.

Mesdames et Messieurs,

L’espace francophone est composé de pays qui sont à des niveaux de développement différents. Il existe des pays développés, des pays à revenus intermédiaires et des pays moins avancés. Cette configuration reflète bien celle qui existe au niveau mondial. Chacun de ces groupes de pays est confronté à des problèmes différents. Si les pays développés doivent faire face aux inévitables effets de la loi des rendements décroissants, au chômage dans une situation de passif démographique important, les autres ont un potentiel énorme de croissance avec une structure démographique caractérisée par la jeunesse de leur population. Malheureusement ces derniers manquent de ressources financières pour transformer leur actif démographique en dividende économique. Ces pays ont besoin de ressources pour investir dans le capital humain (éducation, formation professionnelle et technique, santé), dans les infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires, portuaires, énergétiques et de télécommunication, dans le développement agricole et dans l’industrie. Pour réaliser par exemple les objectifs de développement durable à l’horizon 2030, L’Afrique a besoin de 600 milliards de dollars par an, d’après la CNUCED. L’Afrique mise sur la consommation des ménages à travers le développement d’une importante classe moyenne, sur les investissements publics et privés, sur l’accroissement de ses exportations et la maitrise de ses importations, pour réaliser un niveau de croissance lui permettant de créer les conditions de son émergence. L’agenda 2063 de l’Union Africaine porte ces ambitions du continent.

Mesdames et Messieurs,

Le Financement de l’émergence dans l’espace francophone peut se faire par une combinaison d’au moins quatre sources : l’aide publique au développement, les investissements directs étrangers, les transferts financiers des diasporas et les ressources internes des Etats. Le montant de l’aide publique au développement est estimé à 56 milliards de dollars en 2015. Il s’agit d’une goutte d’eau dans l’océan des besoins financiers pour soutenir le développement. Souvent quand on parle d’aide publique au développement, on se réfère à l’exemple du plan Marshall qui a mobilisé 4,3% du PIB Américain pendant 5 ans pour aider à la reconstruction de l’Europe, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. C’est le souvenir de ce plan qui a inspiré, dans les années 1970, l’engagement des pays développés à consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement. A Monterrey et à Doha, lors des conférences sur le financement du développement, cet engagement a été confirmé et devrait être réalisé à l’horizon 2015 en passant par l’étape de 0,5% en 2010. A l’heure du bilan, rares sont aujourd’hui les pays développés qui ont tenu cette promesse. D’ailleurs les esprits ont évolué ces dernières années : l’accent est de plus en plus mis sur le développement du commerce et des investissements. Dans cette perspective, l’aide publique peut être utilisée pour garantir ou bonifier le financement de façon à servir de levier pour l’accroissement des investissements privés. C’est l’objectif, entre autres, du programme compact for Africa du G20, sur l’initiative de la chancelière Allemande Angela Merkel. C’est le lieu de noter l’existence du plan européen d’investissement extérieur ainsi que les promesses faites pour le financement des mesures d’adaptation et d’atténuation face aux effets des changements climatiques.  

Mesdames et Messieurs,

Les pays de l’espace francophone doivent miser d’avantage pour leur émergence sur le commerce et les investissements directs étrangers. C’est ce que nous faisons au Niger à travers l’amélioration du climat des affaires. La Banque Mondiale considère que le Niger fait partie des pays les plus réformateurs en la matière. Notre plan de réformes continuera à être appliqué avec plus de détermination pour les années à venir. Le Niger dispose également d’un cadre de partenariat public-privé qui est en train de faire ses preuves. La consolidation de l’Etat de droit garantissant une sécurité juridique aux investisseurs, l’existence des codes fiscaux, miniers, pétroliers, et d’investissements incitatifs sont autant d’instruments favorables à l’investissement. Mais au-delà des mesures incitatives que peut prendre tel ou tel pays, l’accroissement du volume des investissements dans l’économie réelle dépend de la nature de la gouvernance économique mondiale. En effet beaucoup d’argent est aujourd’hui orienté vers des activités spéculatives. Ainsi en Europe et en Amérique du Nord, le volume des transactions financières est presque 100 fois plus important que le PIB nominal des Etats. La gouvernance économique et financière mondiale doit se préoccuper de cette importante question.

Mesdames et Messieurs,

Les transferts de fonds opérés par les diasporas peuvent contribuer au financement de l’émergence des pays de l’espace francophone. La Banque Mondiale estime en 2016 à 575 milliards de dollars, le montant des transferts des différentes diasporas des pays à revenu élevé et en développement. Les transferts à destination de ces derniers sont estimés à 429 milliards de dollars dont 60 milliards pour l’Afrique, provenant d’environ 30 millions de ressortissants Africains actifs dans le monde. Ces montants sont sans commune mesure avec ceux de l’aide publique au développement. La diaspora peut être un puissant moteur de croissance économique. C’est pourquoi il faut encourager les transferts formels à travers notamment la baisse des couts de transfert, des facilités d’investissement dans les pays d’origine, des banques capables de faire le pont entre les pays d’accueil et les pays d’origine.

Les débats actuels sur la migration irrégulière ne doivent pas occulter les avantages de la migration légale. La meilleure façon de mettre fin aux drames des migrants vendus comme du cheptel et de les protéger des risques qu’ils encourent dans la traversée du désert et de la mer méditerranée, c’est certes de réprimer la migration irrégulière mais surtout d’encourager la migration légale.

Mesdames et Messieurs,

Les pays de l’espace francophone doivent surtout mettre l’accent sur la mobilisation de leurs ressources internes pour financer leur émergence. Alors que dans les pays développés les taux de pression fiscale sont généralement supérieurs à 30% du PIB, atteignant dans certains cas plus de 50 pour cent dans beaucoup de pays à revenu intermédiaire et moins avancés, ces taux sont en deçà de 15%. Au Niger le plan de développement économique et social 2017-2021 est bâti sur une hypothèse de progression continue du taux de pression fiscale qui passerait de 15-16% actuellement à 20% en 2021. Au-delà de cette date les efforts doivent être poursuivis pour porter ce taux à 25-30%. La réalisation de ces objectifs nécessite une restructuration de notre économie, c’est-à-dire sa modernisation. En effet l’archaïsme de la structure d’une économie est un obstacle à sa fiscalisation. La modernisation de l’économie est une des conditions de l’élargissement de l’assiette fiscale. Notre pays met ainsi en œuvre un train de mesures dont les effets se font déjà sentir. D’importantes réformes sont en cours dans les régies financières telles que l’interconnexion des régies, l’interconnexion des bureaux de douanes avec les ports des pays de transit, la suppression des valeurs administratives en douane, l’institution d’une taxe d’habitation basée sur la puissance du compteur électrique, la réduction des exonérations, la mise en place des budgets programmes, le contrôle a priori des marchés publics, etc. Il s’agit non seulement d’améliorer les recettes mais aussi d’améliorer l’efficacité de la dépense, le tout accompagné d’un programme de lutte de longue haleine contre la corruption.

Mesdames et Messieurs,

Les 13 et 14 décembre 2017 se tient ici à Paris, la table ronde sur le financement du plan de Développement Economique et Social du Niger pour la période 2017-2021. Les priorités de ce plan sont celles du Programme de Renaissance du Niger, mon document de promesses électorales au peuple Nigérien lors des élections générales de 2016, à savoir : la renaissance culturelle, la consolidation des institutions démocratiques, la sécurité, le développement des infrastructures, la sécurité alimentaire grâce à l’initiative 3N les Nigériens Nourrissent les Nigériens, l’hydraulique rurale et urbaine, les secteurs sociaux de base éducation et santé, et la création d’emplois notamment pour les jeunes. Pour financer ce plan le Niger a besoin de 12 milliards de dollars selon l’hypothèse de base avec un taux de croissance de 5,9% ou 15 milliards de dollars selon l’hypothèse haute avec un taux de croissance de 7% par an. Pour le financement de ce plan il est prévu 60% de ressources internes. Nous lançons un appel à la mobilisation de tous nos partenaires publics pour qu’ils nous accompagnent sur le chemin de la renaissance du Niger. Nous lançons également un appel aux investisseurs privés pour qu’ils viennent partager avec nous les fruits de la croissance économique dont le programme de renaissance est porteur. Le Niger est un pays où les opportunités sont réelles dans le secteur minier, dans le secteur pétrolier, dans l’agriculture et l’agro-industrie, dans le tourisme dans les infrastructures, etc. Telles sont Mesdames et Messieurs quelques réflexions que m’inspire ce thème si opportun de financement de l’émergence dans les pays de l’espace francophone.

Je vous remercie de votre attention.

Onep

11 décembre 2017
Source : http://lesahel.org/

Imprimer E-mail

Politique