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Arrestation de 3 rebelles tchadiens : la posture délicate du Niger

Arrestation de 3 rebelles tchadiens : la posture délicate du NigerLes trois responsables d'une rébellion tchadienne (le Conseil du commandement militaire pour le salut de la République, le CCMSR), arrêtés en octobre au Niger sont dans l’attente du sort qui leur sera réservé. En effet, la question que d’aucuns se posent est de savoir si ces derniers seront extradés vers le Tchad, comme l’ont demandé les autorités de ce pays, ou maintenu en détention au Niger et pendant combien de temps ? Selon RFI, N’Djamena a adressé aux autorités nigériennes, une demande d’extradition en mettant en avant une convention d’extradition signée entre les deux pays.   Le Niger se trouve plus que jamais dans une position délicate par rapport à la gestion de ce dossier

Selon Me Bernard Schmid, avocat des personnes détenues, la vie des 3 rebelles tchadiens serait menacée s’ils étaient extradés vers leur pays d’origine. Selon RFI, Il a émis cette crainte lors d’une conférence de presse organisée le 11 novembre dernier à Paris. L’avocat a appelé les autorités nigériennes à mettre en avant les conventions de Genève. L’avocat a également demandé à la France de faire valoir le statut de réfugié dont bénéficie l’une des personnes arrêtées au Niger, Hassan Boulmaye, le président du CCMSR, afin de le soustraire à toute extradition. Une seconde personne parmi les trois, bénéficierait également du statut de réfugié, selon l’avocat. Selon l’avocat, ces deux personnes doivent bénéficier de la protection diplomatique en vertu de l’article 25 de la Convention de Genève.

Les autorités nigériennes sont aujourd’hui face à un choix cornélien à savoir, livrer les 3 rebelles à N’Djamena avec la possibilité d’un procès expéditif, et les garder sur le territoire national en vertu de la convention de Genève dont se prévaut leur avocat. Le Niger entretien d’excellentes relations avec le Tchad avec un engagement fort de N’Djamena au plus fort moment de la guerre contre le terrorisme à Diffa. Les troupes tchadiennes, sur instructions d’Idriss Deby, avaient prêté mains fortes aux troupes nigériennes suite à l’assaut de Boko Haram contre la ville de Bosso, en début juin 2016. Le Niger a donc plus que jamais une dette envers le Tchad qui était là au bon moment, sous la houlette du Président Idriss Déby Itno.

Cependant, s’il devait arriver d’aventure à ce que le Niger soit dans la position de livrer les trois rebelles au Tchad, nul doute que lesdites autorités devraient s’entourer de garanties nécessaires, quant au respect des droits de l’homme dont les 3 personnes pourraient faire l’objet. En effet, aussi forte que soit l’amitié et la fraternité entre les deux pays et leurs Présidents respectifs, il n’en demeure pas moins qu’un « décès accidentel » des trois rebelles pourrait mettre le Niger dans une situation de profond embarras.

Ce dossier considéré par certains comme une patate chaude entre les mains de nos autorités, doit être géré avec une grande diplomatie afin de ne pas heurter les sensibilités, d’un côté comme de l’autre. Un travail d’équilibriste en quelque sorte.

Garé Amadou
14 novembre 2017
Source : La Nation

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