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Crise politique : le linge sale de la famille AMEN-AMIN, étalé sur la place du marché

La rumeur fait état d’une crise au sein de l’Alliance des Mouvements pour l’Emergence du Niger (AMEN-AMIN), balancé depuis quelques jours sur les réseaux sociaux,elle s’est finalement avérée. Et, c’est parti pour un autre ping-pong politique.

Aussitôt le linge sale étalé en public que le Bureau Politique National (BPN) d’AMEN-AMIN est parti à la vitesse supérieure. Le même jour, à savoir le samedi 11 novembre 2017 : tôt, le matin, réunion du BPN en session disciplinaire pour examiner le cas de son vice-président, Mohamed M’Bareck appelé à répondre de cinq chefs d’inculpation parmi lesquels, « tentative de déstabilisation du parti » ; et, en fin d’après-midi, sortie d’une correspondance notifiant à ce dernier son exclusion. Mohamed M’Bareck qui a délibérément boycotté son « procès » va-t-il accepter de boire la couleuvre de son éviction du parti ? Si jusque-là, il ne s’est pas encore exprimé sur la sentence prononcée à son encore, son état d’esprit à la veille de la tenue de la commission de discipline le concernant laisse penser que le berger ne tardera pas à répondre à la bergère. En effet, le 10 novembre 2017, Mohamed M’Bareck réagissant à une correspondance, à lui, destinée, par le patron du Parti, Omar Hamidou Tchiana dit Ladan l’appelant à la barre, entonnait la résistance. Aux cinq chefs d’inculpation portés à son encontre, il avait demandé le rajout de quatre autres jetés à la figure de l’ex-Ministre d’Etat, faute de quoi, il ne répondra pas à la convocation du samedi 11 novembre 2017. Ce ping-pong du 10 novembre 2017 augurait déjà de lendemains tumultueux au sein d’AMEN-AMIN et d’une parade devant le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey. Issu d’une scission du Mouvement Démocratique Nigérien pour une Fédération Africaine (MODEN/FA Lumana/Africa), AMEN-AMIN s’était lui-même constitué après un bras de fer judiciaire entre partisans du président parti au symbole de cheval ailé, Hama Amadou en fuite suite à son implication dans le délicat dossier de trafic d’enfants et son Secrétaire Général, Ladan Tchiana à la tête d’une grande fronde. Ce feuilleton judiciaire, l’un des plus courts des procès genre crise à l’interne d’un parti politique, avait fini par une décision en défaveur des frondeurs qui sont allés très vite à la création du parti dit de la « bénédiction » qui a, depuis, rejoint la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN) à laquelle il a d’ailleurs réitéré son appartenance.

Quel qu’en soit l’issue de ce bras de fer qui s’annonce entre tchanistes et mbareckistes (ces nouveaux qualificatifs ont déjà envahi les réseaux sociaux), cette énième crise repose le problème de la stabilité à l’interne des partis politiques.

Oumarou Kané

14 novembre 2017
Source : La Nation

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Politique