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Maradi/Lutte contre la pauvreté : Les parlementaires de la CAJI s’imprègnent de l’impact des filets sociaux

Une mission composée d’une quinzaine de députés membres de la Commission Affaires juridiques et institutionnelles (CAJI), conduite par l’Honorable Souley Dioffo, a séjourné du 10 au 11 novembre derniers, dans la région de Maradi, afin de constater de visu l’impact du Projet Filets sociaux sur les populations démunies, plus particulièrement celles des communes de Kornaka et de Gabi. Ces visites ont permis aux élus nationaux d’appréhender les effets bénéfiques des Cash Transfert et des Cash for Work, mis en œuvre par le projet Filets sociaux, ainsi que d’autres activités tout aussi importantes, à l’endroit des populations les plus démunies. Les députés nationaux sont sortis satisfaits de leurs visites sur le terrain.

La première journée de la mission parlementaire, dans la région de Maradi, s’est déroulée dans la commune de Kornaka où les députés ont visité 4 villages, à savoir Laléwa, Guidan Adamou, Batouré Maiguizo et Tagaza Idi. Lors de ces visites, les élus nationaux ont été informés des activités de Cash Transfert, de la mise en œuvre des activités d’accompagnement productif, et des PFE, ainsi que des activités et fonctionnement des associations villageoises d’épargne–crédit (AVEC), et celle des agents communautaires (Coaches,

Relais, comités de gestion des plaintes).

Les députés ont été agréablement surpris de l’intégration par les populations locales des sensibilisations menées par le service régional des Filets sociaux, à travers le Cash Transferts. Ces séances de sensibilisation en vue d’un changement de comportement ont porté sur 8 thèmes, à savoir, le lavage des mains au savon, l’allaitement maternel exclusif (AME), l’alimentation de complément de qualité, la malnutrition, la stimulation du langage, jouer avec les enfants, protéger les enfants contre les maladies, et soigner les enfants dès les premiers signes de maladie.

Des activités de Cash for Work ont également été menées à l’endroit des populations, avec un très grand succès, comme ont pu le constater les députés nationaux à travers la construction des salles de classes et de murs de clôture des établissements scolaires, sur fonds propres des villageois, appuyés par la prise en charge journalière de la main d’œuvre par le Projet

Filets sociaux, pendant une soixantaine de jours.

La deuxième journée de la mission s’est déroulée dans la commune de Gabi, avec la visite de deux villages, à savoir Takoudé et Kabobi. Les députés ont également pu constater comme lors des précédentes étapes, l’impact positif des filets sociaux sur la vie des populations les plus démunies. Au niveau de ces localités, les populations locales ont également bénéficié des campagnes de Cash Transfert pour un changement de comportement en matière d’hygiène et du bien-être de l’enfant. Des banques céréalières ont été construites par les populations des deux localités qui ont également bénéficié de la prise en charge de la main d’œuvre à travers le Cash for Work mis en œuvre par le projet Filets sociaux.

En termes de bilan concernant par exemple la première phase (2013-2015) du Transfert d’argent pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la date du 31 octobre dernier, 11 899 ménages répartis dans 233 villages ont été ciblés. Il a été transféré à ces ménages, 2 855 760 000 FCFA, ainsi que la formation de 233 comités de gestion des plaintes, la sensibilisation des bénéficiaires sur 14 thématiques en lien avec la santé, la nutrition, la petite enfance et l’hygiène, le recrutement de 259 relais communautaires, le paiement de 38 850 000F à titre de gratification des relais pendant 15 mois.

Pour la 2ème phase (2015-2017), 11 232 ménages répartis dans 197 villages ont été ciblés. Ces ménages ont bénéficié d’un transfert de 1919 040 000FCFA. De plus, 197 comités de gestion des plaintes, ont été mis en place et formés, ainsi qu’une sensibilisation des bénéficiaires sur les 8 thématiques, le recrutement de 481 relais communautaires, le paiement de 38 480 000F à titre de gratification des relais pendant 8 mois sur 15 prévus. Le but de ces importants appuis financiers exécutés sur des fonds accordés par la Banque Mondiale, est d’accroître le niveau et la qualité de la consommation alimentaire, la rétention et l’acquisition de petits biens, et le niveau d’autres dépenses sociales.

A toutes ces étapes, les députés nationaux ont prodigué des sages conseils à l’endroit des populations, afin que celles-ci entretiennent les infrastructures construites avec leurs énergies, et que lesdites populations investissent les sommes de 10 000 francs CFA octroyées gracieusement par le projet filets sociaux, dans le cadre d’activités génératrices de revenus. «Ne décevez pas ceux qui vous ont aidé» a dit le Président de la CAJI, au niveau de tous les villages visités.

Le Coordonnateur national de la cellule Filets sociaux, M. Morou Maidoka Ali, a lancé un vibrant appel à l’endroit des députés, afin que dans le cadre de la session budgétaire actuelle, l’Etat puisse apporter sa contribution, sur fonds propres, au projet Filets sociaux. L’objectif a-t-il dit, est de démontrer aux bailleurs de fonds, la bonne volonté du Niger à apporter sa part dans la mise en œuvre de cette dynamique de lutte contre la pauvreté et la précarité, sur toute l’étendue du territoire nationale. Les députés ont pris bonne note, et ont promis d’aborder la question lors des débats sur le projet de loi des finances 2018.

Le projet Filets Sociaux a été mis en place par l’Etat du Niger, le 11 octobre 2011, afin de faire face de manière efficiente, efficace, systématique et coordonnée à l’insécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables. Le nouveau système de filets sociaux soutenu par le projet touchera 140.000 ménages pauvres et vulnérables à l’insécurité alimentaire dans les régions de Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéry et Zinder. Avec une moyenne de cinq membres par ménage, environ 1.000.000 de personnes bénéficieront directement du projet. L’éligibilité du ménage sera déterminée en utilisant une série de méthodes de ciblage. Le projet est à ce jour, financé par la Banque Mondiale.

Garé Amadou, AP/AN

14 novembre 2017
Source : http://lesahel.org/

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