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Déclaration commune des partis membres de l'opposition politique nigérienne (FRDDR) et du Front des Partis Politiques Non-Affiliés pour l’Alternance Démocratique au Niger (FPNAD)

Declaration FRDDR FPNAD 11 11 17 02Déclaration commune du samedi 11 novembre 2017
Nous, partis membres du Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République (FRDDR) et du Front des Partis Politiques Non Affiliés pour l'Alternance Démocratique au Niger (FPNAD), profondément préoccupés par la situation sociopolitique nationale, faisons la déclaration dont la teneur suit :

Nigériennes, Nigériens,
Chers Compatriotes,
Il vous souviendra que la Conférence Nationale souveraine exigée par les forces vives de notre pays avait créé les bases de l'encrage dune culture démocratique d'expression libre et d'opinions plurielles. Elle avait notamment retenu le principe délections libres, loyales, transparentes, inclusives comme mode unique de dévolution du pouvoir d'État. Conséquemment elle n'accordait à personne et/ou à aucun groupe le pouvoir de s'attribuer l'exercice exclusif de la souveraineté populaire. Inscrites dans la Loi fondamentale, ces valeurs sont devenues les piliers sacro-saints de la démocratie nigérienne.
Aussitôt installé sur le fauteuil présidentiel et en dépit de son échec pour répondre aux aspirations du peuple, Issoufou Mahamadou sen prend délibérément aux fondations de la République, de l'État de droit et de la démocratie.
Ainsi, malgré qu'au sortir des élections de 2010-2011, les recommandations consensuellement retenues par tous les acteurs nationaux et internationaux ont porté sur la refonte du système électoral national, sa modernisation et l'affermissement de sa crédibilité populaire celles-ci seront toutes, occultées par Issoufou Mahamadou.

  • Rappelons que ces recommandations portaient sur :
  • L'adoption dun cadre législatif et réglementaire consensuel des élections ;
  • La mise en place dune CENI permanente ;
  • L'institution d'un fichier biométrique articulé à l'État civil ;
  • La création de mécanismes nationaux de financement des élections.

Sur tout un autre plan, aujourd'hui, le constat est amer :

  • Le calendrier électoral convenu au départ entre les acteurs politiques pour opérer les élections locales (communales et régionales) avant les élections générales (législatives et Présidentielles) fut inversé pour permettre aux élus, déjà connus, d'en être les organisateurs ;
  • Les partis politiques sont infiltrés et concassés, certains syndicats et organisations de la société civile seront tour à tour, censurés, et/ou instrumentalisés en vue d'être au service quasi-exclusif des régnants.
  • Certaines institutions de gestion et de sauvegarde de l'État de droit (justice, service de sécurité, fonction publique), furent mises sous ordres.
  • La presse publique mise au pas ; certains médias privés manipulés et canalisés pour servir l'entreprise de confiscation du pouvoir d'État ou transformés en instruments d'intimidations et de chantage ;
  • La gouvernance économique elle-même sera remodelée pour promouvoir les intérêts des régnants et de celles et ceux qui leurs sont assujettis.

En plus de la situation ainsi créée et contre toute attente, le régime du dictateur Issoufou Mahamadou a décidé :

  • De geler les élections locales tout en mettant en place un mécanisme sournois de remise en cause de l'option constitutionnelle qui consacre la décentralisation, avec en perspective la nomination des militants de GURI SYSTÈME à la tête des collectivités territoriales ;
  • De paralyser l'organe de régulation politique, le Conseil National du Dialogue politique (CNDP), qu'il ne réactive que pour porter atteinte aux lois électorales, à limage de la loi organique non consensuelle n°2017 - 64 du 14 août 2017, portant Code Électoral du Niger.


Cette loi, non consensuelle, conçue de toutes pièces, devrait permettre aux usurpateurs du pouvoir de créer à leur convenance et d'installer une Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) dont la mission, la composition, l'organisation et les règles de fonctionnement révèlent les intentions manifestes du régime de Issoufou Mahamadou.
Le FRDDR et le FPNAD dénoncent le sabotage du processus électoral par le régime de la 7ème République du Niger et déclarent que la prétendue installation de la CENI, le vendredi, 03 novembre 2017 est un non évènement et ne saurait nullement engager le peuple nigérien.
Par ailleurs, les tentatives récentes de culpabiliser les partis de l'opposition politique auxquelles se livre le pouvoir, suite à la réprobation unanime et populaire de la loi des finances 2018, ne sont que des soubresauts d'agonie dun régime aux abois.
La déclaration du Président du PNDS-Tarrayya, à la suite de la marche de protestation contre la Loi des Finances 2018, le dimanche 29 Octobre 2017, des organisations de la société civile procède de cette panique.
Nous le comprenons bien ! Condamné qu'il est à lier sa survie politique au PNDS-Tarraya au volume d'injures proférées à l'égard de l'Opposition Politique, des Partis Politiques Non Affiliés, des organisations de la société civile et de certaines associations religieuses.
C'est le lieu pour nous, de rejeter le projet de loi de Finances 2018 qui heurtent les droits humains et les prescriptions religieuses.

Nigériennes, Nigériens,
Chers Compatriotes,
Le FRDDR et le FPNAD condamnent l'imposition au peuple nigérien de la Loi 2017-64 du 14 Août 2017 portant code électoral taillée au goût du régime et dont le processus d'élaboration et d'adoption ont écarté les partis politiques de l'opposition et les Partis Politiques Non Affiliés. La seule justification de cette manière d'agir, réside dans la recherche dune formule de légalisation dun hold-up électoral consacrant la candidature du raïs Issoufou Mahamadou ou de son fieul.
Le FRDDR et le FPNAD rejettent cette loi initiée de manière non inclusive et non participative.

Ils la rejettent parce que :

  • Elle remet l'administration du Ministère de l'Intérieur au cour du processus électoral. De fait, dans sa position de juge et de partie, ce ministère se dotera du monopole exclusif du contrôle de la CENI. Ainsi, il faut s'attendre à la restauration dun mode de gestion des questions électorales qui s'apparente aux fantômes décriés par le passé sous le règne du parti unique ;
  • Elle ne prend pas en compte dans sa composition les Partis Politiques Non Affiliés dune part, et de l'autre, seuls trois sur les 13 membres quelle compte ne relèvent pas du PNDS-Tarrayya ;
  • Elle ne fait pas de l'institution de la biométrie une obligation alors même que le Niger fait partie des deux pays au monde qui n'en disposent pas encore ;
  • Elle consacre la suppression des élections législatives partielles en cas de vacance de poste dun député offrant ainsi au gouvernant une formule de substitution du recours au suffrage universel.

Nigériennes, Nigériens,
Chers Compatriotes,
Il est désormais prouvé que le régime du PNDS-Tarrayya est « démocraticide » et « anti-républicain ».
Il vient d'en administrer la preuve supplémentaire en imposant au peuple nigérien une loi électorale confligène et innacceptable.
La déconfiture de ce régime s'est étendue à l'échelle internationale avec l'exclusion du Niger de l'Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE), venant ainsi s'ajouter aux nombreuses autres affaires telles AFRICARD, et URANIUMGATE. Cette situation marque l'échec total de Issoufou Mahamadou en matière de gouvernance économique et financière.

Nigériennes, Nigériens,
Chers Compatriotes,
Le FRDDR et le FPNAD, soucieux du devenir du Niger :

  • s'insurgent contre l'incapacité du régime actuel à garantir la paix et la stabilité sociopolitique au peuple Nigérien ;
  • déplorent les mauvaises conditions dans lesquelles les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont contraintes leur noble mission ;
  • s'indignent de la multiplication des exactions orchestrées par des réseaux de trafiquants de stupéfiants et d'armes sur toute l'étendue du territoire national,
  • transformant le Niger sous Issoufou Mahamadou en un carrefour des économies criminelles.

Le FRDDR et le FPNAD apportent leur soutien aux FDS et saluent la mémoire de tous les vaillants combattants qui sont tombés sur le champ d'honneur pour assurer la quiétude des populations nigériennes et préserver la République.
Ils présentent leurs condoléances aux familles des victimes civiles et militaires et les assurent de leur fraternelle solidarité.

Nigériennes, Nigériens,
Chers Compatriotes,
Au regard de l'incapacité du régime de la 7ème République :

  • À conduire le processus électoral dans le respect de la légalité,
  • À respecter et faire respecter les droits humains ainsi que les libertés publiques ;
  • À garantir la sécurité des personnes et des biens ;
  • À protéger et valoriser les richesses naturelles du Niger.

Le Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République (FRDDR) et le Front des Partis Politiques Non Affiliés pour l'Alternance Démocratique au Niger (FPNAD) :

  • Rejettent la loi organique n°2017-64 du 14 Août 2017, portant Code Électoral du Niger ;
  • Rejettent la CENI permanente dans sa forme actuelle, et récusent les membres qui la composent ;
  • Dénoncent les accusations mensongères portées par le Président du PNDS-Tarrayya contre les partis de l'Opposition Politique en réponse à l'incapacité du régime actuel à faire face aux défis du moment ;
  • Réitèrent son exigence du départ immédiat et sans condition de l'usurpateur Issoufou Mahamadou pour sauver le peuple Nigérien du chaos.

Enfin, le FRDDR et le FPNAD lancent un appel au peuple nigérien pour une forte mobilisation en vue de sauver la République, la démocratie et redonner espoir à notre pays.

Vivent le FRDDR et le FPNAD,
Vive la démocratie ;
Que Dieu bénisse le Niger et son peuple!
Je vous remercie.


Fait à Niamey, le 11 Novembre 2017.

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