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Remaniement technique du gouvernement : l’impossible changement

Image d'illustration On l’a souvent dit, il ne faut jamais espérer quelques changements ou amé- liorations avec les socialistes nigériens. Jamais, ils ne pourront s’élever à la hauteur de leurs responsabilités. Le lundi soir, alors que le pays vit des moments difficiles avec une crise tendue qui s’est davantage crispée avec les derniers événements nés de la marche de la société civile, on entendit, comme sortant d’un brouillon d’élève, la liste des nouveaux ministres issus d’un réaménagement technique du gouvernement. §Mais est-ce franchement technique, ce que l’on a entendu ?

Le peuple envoyait alors ces jours-ci au régime un signal fort au gouvernement quant à sa désapprobation autour de certains choix contenus dans la nouvelle loi de finance en débat à l’Assemblée Nationale, choix qui ont alerté le peuple qui avait décidé d’occuper la rue, le dimanche dernier pour exprimer son rasle-bol. Le régime voulait faire payer aux Nigériens, les conséquences de sa mauvaise gestion, sans avoir à consentir sa part d’effort dans la solidarité nationale. Alors que l’on attendait depuis des semaines, un nouveau gouvernement qui devrait tenir compte de cette exigence conjoncturelle, les Nigériens étaient déçus d’entendre qu’un gouvernement a été techniquement remanié, mais sans que cela ne puisse répondre aux attentes des Nigériens.

Issoufou ne peut faire des réformes profondes…

On aura compris que le président Issoufou est pris en otage par un groupe, du quel il ne pourra plus jamais se libérer. On ne peut donc pas comprendre, alors que les Nigériens se plaignent que le gouvernement est pléthorique, qu’il y a des dépenses de prestige dont aurait pu faire l’économie, et que remaniant son gouvernement, il ne puisse faire droit ni à cette exigence que commande l’austérité, ni à celle qui touche les préoccupations liées à l’efficacité de l’action gouvernementale, laissée dans la plupart des cas à des médiocres. Comment par exemple, laisser un ministre comme Kassoum Moctar à la même place quand, les syndicats de son secteur, et toutes les organisations sportives du pays, décrient ses pratiques et dénoncent son incompétence. On aura alors compris qu’Issoufou lui-même ne cherche plus l’efficacité, mais fait tout pour contenter ses soutiens et ses courtisans zélés, pour préserver un pouvoir dont on sait pourtant qu’il est trop fragile aujourd’hui. Il est bien dommage qu’un Zaki – disons un Lion – puisse manquer de force, à gouverner avec rigueur et énergie. Son gouvernement ne répond donc pas aux attentes des Nigériens et à persister à maintenir des hommes dont la majorité est inutile, par un tel entêtement, il ne peut que créer ce faisant, les conditions d’un durcissement de la situation sociopolitique du pays. C’est peut-être pour lui d’ailleurs, l’occasion à ne pas rater, pour réviser toute sa gouvernance et repartir du bon pied. Hélas. Ses faiblesses ne peuvent lui permettre d’avoir ces audaces qu’un certain charisme peut donner à un homme d’Etat. Ce remaniement n’aura été motivé que par la volonté d’écarter un homme dont on s’est bien servi et qui ne peut plus être, y compris avec ses trois députés, d’aucune utilité pour le système. L’homme est mis à la porte et on a profité pour opérer le même soir d’une dé- mission annoncée le remaniement que l’on sait.

Mais, en le faisant, comme toujours, lorsqu’il revient aux camarades de mettre en place une nouvelle équipe gouvernementale, ils ne peuvent s’empêcher de violer les lois. On se demande d’ailleurs, que fait tout ce beau monde autour d’Issoufou Mahamadou, qui conseiller en ceci, qui conseiller en cela, pour le mettre à chaque fois dans ces situations inconfortables ? Issoufou doit bien plaindre son monde : un vaste monde qui ne sert à rien sinon qu’à ré- péter des erreurs, les mêmes toujours et à s’engouffrer dans la violation fragrante des lois de la République. On aurait cru que ces hommes ne sont pas faits pour le pouvoir. Karidjo Mahamadou, qu’on voulait en un temps sacrifier sur l’autel de la lutte contre l’impunité au sortir des élections controversées de 2016, a dû s’imposer pour rester dans le système et à demeurer au moins député national, par les suffrages que ses efforts lui ont donnés dans la capitale. A ce titre, Président de la Haute Cour de Justice, il garde des privilèges et une position confortable. Peut-être que s’il avait été averti, il ne commettrait pas l’erreur d’un Diabiri Hassoumi, qui avait accepté un poste de gouverneur, contre son poste confortable de dépité, pardon de député, national. Le dernier remaniement technique, l’a consacré ministre, et ne pouvant occuper les deux postes désormais, il doit laisser à un autre – un suppléant – sa robe de député national. Peut-il commettre cette imprudence en acceptant ce cadeau empoisonné ? Il lui revient, lui et lui seul, de décider et pour s’aider, il y a des cas qui doivent l’inspirer dans son choix. Et ce d’autant qu’il n’est pas tard, quand, sa nouvelle nominale viole des dispositions. Il doit donc réfléchir par deux fois avant de prendre sa décision parce qu’il sait la jungle dans laquelle il évolue depuis qu’il s’est hasardé à y prendre place.

Ce nième remaniement montre bien que les Nigériens ont eu la malchance d’avoir les dirigeants les moins soucieux, et qui agissent toujours sans jamais se poser la question de savoir si les actes qu’ils posent sont conformes à la législation.

Dans ce qu’elle entreprend, la Renaissance se trompe, et peut-être faut-il attendre, qu’un autre communiqué du secrétariat du gouvernement, maintenant que des spécialistes du droit, sur les réseaux sociaux, ont décrié la violation qui consacre la nomination de Karidjo, vienne rectifier pour se conformer après la faute, aux textes. Combien de fois cela est-il d’ailleurs arrivé aux camarades, notamment par rapport à la loi sur le quota ? La Renaissance, c’est le bal des médiocres…
WAZ

02 novembre 2017
Source : L'Actualité

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