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Le vote du budget 2018 : Le peuple nigérien face à son destin

Le vote du budget 2018 : Le peuple nigérien face à son destinLe peuple du Niger est désormais seul et sans protection face à son destin. Les Nigériens essoufflés et assommés par les zizanies créées à dessein et malicieusement entretenues par le régime d’Issoufou Mahamadou depuis plus de 6 ans, aux fins de mieux les dominer, avec malheureusement l’aide et la complicité d’hommes et d’institutions qui en raison de leur mission républicaine, devaient sinon les protéger et les défendre, tout au moins observer une neutralité dans le jeu politique. Qui n’a pas été témoin de l’usage abusif qu’a fait et continue de faire Issoufou Mahamadou des forces militaires et paramilitaires, de la justice et des magistrats, des chefs traditionnels et des oulémas, et même de certains diplomates et chargés de missions accrédités au Niger ? C’est par cette sournoise entreprise ayant prouvé à suffisance combien l’union nationale maladroitement galvaudée et l’éthique attendue d’eux étaient si précaires devant l’argent mirobolant ou la manipulation, que Mahamadou Issoufou a réussi avec aise à diviser les Nigériens, toutes composantes comprises, à les dresser les uns contre les autres, à leur imposer ses frasques irraisonnés, a émietter les audaces combatifs de et à rendre presque impossible toute forme d’union sacrée contre sa personne, son régime et son programme : Des partis politiques à l’assemblée nationale, en passant par les syndicats,la société civile, la presse, et même les institutions telles que le CNDP, la chefferie traditionnelle et les oulémas, tous ceux qui détenant une parcelle de pouvoir ou force de nuisance possible ont été mises soit en léthargie soit en complicité. C’est de cette manière, qu’il a réussi à tordre le cou à notre démocratie, le vidant de son substrat, de ses attributs, avantages et qualités que sont : l’opposition, la liberté, l’égalité, la justice…sacrifiée à l’autel des intérêts sordides de quelques fidèles boulimiques et au grand dam de l’écrasante majorité des autres citoyens. Entre temps, le régime, s’étant libéré de toute entrave, s’ est permis tous les excès : vols, pillage des ressources, banditisme d’état, surenchère, passe-droits, concussion, gabegie, trafics de tout genre ouvrant à lui-même et aux putréfiés qui l’entourent, un boulevard pour s’enrichir démesurément pendant qu’agonise en silence l’écrasante majorité des laissés-pour-compte.

 

Et comme une cruauté en appelle à une autre, en l’absence de quelle qu’opposition que ce soit, le pouvoir, effréné, se rua davantage sur le peuple et sur ce qui lui reste comme maigres ressources. Le 25 Octobre, le destin du peule se jouera à l’assemblée nationale. Le gouvernement viendra présenter la loi de finances pour l’année 2018, que beaucoup d’avertis de la chose qualifient de coup fatal pour les Nigériens. Conçu dit-on pour juguler la crise actuelle, le budget aura la particularité, essentiellement de se constituer des recettes internes mobilisées, ce qui n’est pas nouveau. Ce qui est plutôt nouveau et qui donne des frissons, c’est la hausse exponentielle que connaitront certaines taxes et patentes, notamment en ce qui concerne les biens et services de consommations ainsi que les produits de première nécessité, avec pour conséquence directe, la hausse vertigineuse des prix de vente de ses biens et services, en adéquation avec le pouvoir d’achat des citoyens déjà essoufflés par 6 ans de tayi-tawri. En un mot, ce sont les nigériens ordinaires qui n’ont rien gagné de la gouvernance du Guri qui seront assignés à payer ce que d’autres ont volé impunément. Et là où la chose énerve le plus, c’est qu’au moment où les citoyens sont traqués pour payer des impôts, le train de vie de l’Etat ne connait aucune baisse : le président conserve son gouvernement pléthorique et coûteux, il continue aussi ses randonnées dispendieuses à l’extérieur, boubous riches et gommés, à entretenir sa sécurité qui, à elle seule, sont prévus 21 millions de FCFA par jour dans le budget 2018… et j’en passe … 

En attendant, la pauvreté continue de sévir, comme l’insécurité dans les villes comme les campagnes. La nouvelle bourgeoisie continue de prospérer en accroissant les inégalités sociales et les frustrations. Le peuple se meurt, faute d’assistance et de défense face à ses propres élus-représentants, pour la plupart véreux sans conscience, devenus ses bourreaux. Sinon comment comprendre que nos députés tous bords confondus ne puissent pas ne serait-ce qu’une seule fois de l’histoire, taire leurs divergences et s’unir autour de l’essentiel qu’est la défense de ce peuple suffisamment meurtri et qui leur a confié son destin ? 

Pour le moment nous en sommes là, entre angoisse et déception, peur pressentiments pour ce qui va se jouer dans quelques jours à l’hémicycle et qui sera capital pour l’avenir de notre pays. Le peuple aura-t-il une majorité suffisamment affranchie de députés pour le défendre ou prendra-t-il lui-même ses responsabilités pour jouer son destin ? 
L’avenir très prochain nous le dira.

Salifou Magagi
26 octobre 2017 
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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