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Recomposition politique : une dizaine de partis s’apprêtent à quitter la mouvance présidentielle

Issoufou partis politiques rompre jeuneImage d'illustrationCes derniers jours des réunions plus ou moins secrètes se tiennent çà et là dans les villas et jardins de la périphérie de Niamey. En sourdine, les milieux politiques sont en ébullition. Les concertations consultations- ententes se multiplient en prélude de ce que le président de la coalition de l’opposition, le FRDDR, a appelé « le tsunami politique qui s’annonce au Niger. » Amadou Ali Djibo dit Max avait fait cette annonce publique le 15 octobre dernier, à l’occasion du deuxième anniversaire du MPRJamhuria d’Albadé Abouba. Alertés par ces propos qui sont loin d’être fortuits, nous avons cherché à en savoir plus. Se faisant, nos sources nous ont rapporté plusieurs réunions d’une dizaine de partis politiques de la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN, majorité au pouvoir). Ces réunions statuaient sur un probable départ en bloc de ces partis politiques qui ne se retrouvent plus dans la gestion du Président Issoufou. A leurs frustrations égoïstes s’ajoute la paupérisation galopante du pays et des populations ainsi que l’enrichissement outrageant des barons du régime. Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que le projet de loi de finances 2018 promet aux Nigériens l’enfer terrestre avec des taxes et impôts en plus, et de trop. Ce sont là entre autres raisons pour lesquels la dizaine de formations politiques compte allez voir ailleurs avant que ne s’écroule le bateau Renaissance. En tout cas, elles ne souhaitent pas être à bord lorsque le « tsunami » de Max se déclenchera. Sans gilet de sauvetage, ces partis politiques ne peuvent risquer d’attendre le dernier moment pour sauter. Ils envisagent anticiper en mettant de leurs côtés toutes les chances d’être à l’abri pendant qu’il est encore temps. Selon nos sources, deux réunions se sont déjà tenues et les violons sont accordés. Il ne reste plus qu’à attendre le moment opportun pour s’en aller bruyamment.

D’autres sources indiquent que des partis de grande envergure lorgnent aussi cette éventualité de quitter la MRN. Mais là, le problème est qu’ils sont impliqués dans la gestion du pouvoir et leurs militants en proie à des dossiers compromettants qui pourraient les mettre à l’ombre à moins qu’ils ne refusent d’obtempérer aux mots d’ordre de leurs partis respectifs. Dans ce dernier lot, on attend impatiemment et l’on scrute l’horizon pour voir de quelle côté la balance va pencher. Dès que des chances de sortir vainqueur s’affichent du côté de l’opposition, ces partis s’empresseront de rejoindre celleci pour finir le combat ensemble et se mettre ainsi à l’abri. Dans le cas contraire, ils resteront dans leur MRN jusqu’à ce que le « tsunami » les emporte, ensemble. Une équation difficile pour qui voudrait faire la politique sans prendre de risque ni de coup.

Le Président Issoufou a bien compris ce manque de courage de nos politiciens et c’est pourquoi il les laisse se « salir » avec les biens et deniers publics, sûr, qu’ils ne sont pas en mesure d’accepter de payer pour leurs fautes.

Par : Ibrahim YERO

26 octobre 2017
Source : L'Eclosion

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