Dossiers rouges : Une patate chaude entre les mains d’Ousseini Tinni, Iro Sani et Issifi Sadou !

 Dossiers rouges : Une patate chaude entre les mains d’Ousseini Tini, Iro Sani et Issifi Sadou !En cause : un constat de détournement de deniers publics à l’ARTP ! Certains fonctionnaires et agents de l’Etat ou alors de certains services publics se croient tout permis. Même le droit d’empocher l’indu et de mettre leur côté une bonne partie de l’argent public qu’ils avaient sous contrôle lors de leur passage à la tête de certains services. Puis, après acte, ils se la coule douce et tentent de paraître comme des fonctionnaires plutôt intègres et vertueux. L’exemple type de ce type de personnages nous est fourni par les sieurs Ousseini Tini (actuel président de l’Assemblée nationale et ancien cadre de l’ARTP), son actuel vice-président Iro Sani et le sieur Issifi Sadou, actuel ministre de l’entreprenariat des jeunes. Tous trois étaient en fonction à l’ARTP et sont désormais pointés du doigt après un audit interne réalisée par Abdoulkarim Mossi (vous vous en souvenez, le monsieur de la commission d’investigation de la dernière transition !). En effet, l’audit interne au sein de l’ARTP a révélé de très grosses incohérences. Elles sont notamment financières et sont fortement assimilables à un détournement de deniers publics grandeur nature. Mais de quoi s’agit-il ?

Les personnes citées, sachant leur départ de l’ARTP plutôt très probable au lendemain de la proclamation des résultats des dernières élections, ne sont pas passées par un long chemin pour s’en mettre pleines les poches. Le détour emprunté fut d’une grande simplicité : Etant membres de droit à l’ARTP et pratiquement surs de leurs qualifications en qualité de députés nationaux selon l’arrêt N°012/CC/ ME du 16 mars 2016, ils s’étaient activés à modifier à la douce la décision N°10/CNRTP/ARTP/ 13 du 22c octobre 3013, consacrée au « manuel des ressources humaines de l’ARTP ». Après modification, ils ont alors concocté la décision N°2012-70 du 21 Décembre 2012, portant création et fonctionnement de l’ARTP, qui elle-même fut complété par la Loi N° 2015 du 25 mars 2015 en son paragraphe 1, au point D relatif aux primes, titre 6, portant sur les rémunérations et autres avantages des 7 membres de l’ARTP.

Par cette modification de texte, Tini, Iro et Sadou s’étaient octroyés des indemnités de départ illégales de l’ARTP. Chacun s’est donc assuré de mettre dans sa besace les montants faramineux ci-après : Tini et Sadou se sont tapés les deux 16.150.000 FCFA, soit un salaire mensuel de 850.000 FCFA X 19 ; Iro Sani s’est quant à lui offert la bagatelle somme de 59.253.750 FCFA, soit un salaire de 850.000 FCFA X 19 ( notez bien qu’au moment des faits, il était plus gradé que son actuel patron)….Par ailleurs, l’administration de l’ARTP a donné son feu vert à cette ponction sans raison valable puisque l’ordre de paiement délivré a été co-signé par dame Aminata Courmo CDRH à l’ARTP et le directeur des Ressources Humaines Moussa Hati. Particulièrement prudent, seul le nommé Sidi Chégou, secrétaire Générale se méfiera d’y apposer sa signature.

Avec de telles casseroles bruyantes, comment toutes les personnes citées peuventelles échapper à un simple contrôle de rigueur à présent que le pot aux roses est découvert ?

Tini Ousseini, Iro Sani et même Issifi Sadou, même s’ils sont en ce moment à des positions de privilèges ne sont-ils pas de bons candidats à la porte d’entrée de la HALCIA ?

Dans tous les cas, leur sort semble déjà scellé s’il faut prendre en référence un enregistrement d’une voix dont le timbre rappelle celle d’un officiel, Brigi Rafini, qui informait un de ses interlocuteurs que Tini et Sani Iro devront rendre compte sur ordre du chef de l’Etat. Il reste que cela entrainera certainement un bouleversement de l’actuel bureau de l’Assemblée Nationale.

A un moment où les finances publiques sont en situation de grande sécheresse, pourquoi chercher l’argent ailleurs alors même qu’il est irrégulièrement retenu par de simples citoyens Nigériens ? Le nouveau président de la HALCIA tient là un bon filon pour marquer son passage à la tête de l’institution qu’il dirige depuis peu.

Mato Mai Roumbou

19 octobre 2017
Source : Le Nouveau Républicain

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