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Hama Amadou en 2021 : « Rebeloter », ou reprendre le pouvoir ?

Hama Amadou en 2021 : « Rebeloter », ou reprendre le pouvoir ? Pour rappel : contrairement à l'opposition Burundaise, l'opposition Nigérienne par la bouche de l'ex Président de l'Assemblée, et Président du Modem Fa Lumana- Africa , Hama Amadou réaffirme sa détermination à ne pas boycotter les élections de 2016, et ce quelles que soient les chicanes que le Gurisme mettra sur leur route : « Nous sommes tous candidats, nous n'allons pas boycotter les élections et nous allons travailler à assurer l'alternance au Niger. », déclarait Hama Amadou aux journalistes de l'émission Le Débat Africa N°1 et BBC-Afrique : Françis Laloupo et Liliane Nyatcha. Autrement dit, même si le Guri système persiste à ne pas satisfaire les exigences de l'ARDR, notamment « la récusation de la Cour Constitutionnelle », pour Hama Amadou point n'est question de boycotter.

Nous percevons bien la détermination du Président de Lumana FA qui est hautement justifiée, au regard de toutes les affres qu'il avait endurées sous l'empire du Gurisme. Le Président de Lumana Fa était fortement convaincu qu'en 2016, un des candidats de l'opposition battra à plate couture le Candidat du Guri système, ou si l'on veut du PNDS. Les dés étant déjà jetés, pourquoi diable jouer à une palinodie qui ne saurait être efficace ? Le front à trois (3) [Seini Oumarou, Mahamane Ousmane, Hama Amadou] est plus solide, gage d'une victoire que les propos hésitants, conditionnels qui risqueraient de démotiver les militants. A la guerre comme à la guerre. Le Gurisme a beau trafiqué, usé de dilatoire, de louvoiement, les anciens savent bien que l'on ne fait pas des grimaces à un vieux singe ; ni le leurrer même quand il sommeille, ou fait semblant de dormir. Hama Amadou fait partie de cette catégorie d'animaux politiques atypiques, qui peuvent être là, sans être là. Pour employer un terme Hollywoodien : c'est le James Bond National de la politique

: le 007. Si nous suivons bien le Président Hama Amadou, personne à quelques mois des futures élections ne peut plus faire marche arrière. Spécifiquement lui que le Gurisme a empêtré dans une affaire rocambolesque de « bébés importés » qui s'enlise devant les tribunaux nigériens. Ainsi peut aisément se comprendre derechef sa détermination à ne pas céder, et à affronter le Gurisme, quitte à sauter dans le premier avion même la veille des élections Présidentielles au grand dam de tous les illusionnistes et ses autres ennemis. S'il est candidat, et que sa candidature a suivi le protocole requis, alors il ne serait pas juste qu'il ne se présentât pas au même titre que ses autres challengers. Il est maintenant universellement admis que le Gurisme veut écarter le candidat potentiellement dérangeant, « l'isoler » pour qu'il ne perturbe pas les chances de l'Autre Gladiateur. Dans un langage Homérique, on dira que Hama Amadou est l'Achille de l'ARDR : sa présence est capitale pour remporter les élections de 2016, et mettre un terme à ce que l'opposition nomme « le règne dictatorial du Gurisme », et à « la grande prédation des richesses nationales ».

Il y a peu, quelques journaux, certains journaux de la place ont avancé avec certitude que le Président de Lumana Fa était au Niger, et assertent même qu'il a pu avoir des contacts avec certains des leaders de l’opposition. D'autres vont jusqu'à avancer qu'il a même été refoulé vers la frontière Niger-Burkina pour refus de Visa. Mais honnêtement, tout cela ne relevait- il pas du Bagou nigérien ? De la radio trottoir ? Laissons donc nos concitoyens rabâcher ce qu'ils veulent, nous sommes en démocratie, chacun peut opiner même dans le faux, si tant est que le faux peut contenter le savoir. Mais insistons sur ce sens du « Boycott » qui transparaît dans les propos du Président de Lumana Fa.

Il nous a semblé que le Président Hama Amadou ne pouvait pas courageusement braver l'exil, ayant quasiment tout en abandonné, et vouloir à quelques pas des élections opté pour un « Boycott ». Dans notre entendement, cela étai absurde, voire illogique, car même ses militants qui avaient attendu tout ce temps, et d'autres qui avaient souffert le martyr ne lui pardonneront pas cette décision. Pour sûr, de l'avis général il y aura des élections, quelles que soient les formes ou les couleurs. Nous irons tous voter (ceux qui sont enregistrés, car de ce côté-ci aussi se pose un grave problème fustigé par l'ARDR), et que le plus fort et le meilleur l'emporte. Nonobstant une CENI qui a dès le départ brillé par quelques cas de corruption ; d'un chronogramme que l'ARDR ne reconnaît pas ; et d'un fichier électoral suspect aux yeux de l'opposition, de l'extérieur Hama Amadou exhortait tous les militants et sympathisants de ne pas baisser les bras, ni de jeter le tablier, a fortiori de clamer au Boycott pour donner le terrain libre à l'adversaire et ses suppôts. Les élections sont déjà là. Et pour une opposition responsable, qui a tenu bon jusque-là, qui a affronté les injustices de tous ordres et les gaz lacrymogènes, Hama Amadou avait raison de souligner, de marteler que « l'alternance au Niger » aura lieu et grâce à la participation de l'opposition. Dès lors, il était possible de conclure que le grand Gladiateur, le James Bond ARRIVE à pas de géant au grand bonheur de ses militants qui attendaient impatiemment. C'était un impératif kantien : HAMA AMDOU DOIT REVENIR dans la bataille politique avec les mêmes droits et les mêmes chances que les autres candidats, au nom de la Justice et de l'équité dirait le philosophe américain John Rawls, qui caractérisent les démocraties civilisées.

Si Hama Amadou a pu tenir ses promesses, en 2016, en bravant les Guristes, la même attitude est envisageable d’ici peu, Hama Amadou doit nécessairement revenir pour reprendre son droit d’honneur, sa place de Président de la république qui lui a été usurpée. Mais, pour sûr, Hama Amadou ne reviendra plus pour moisir dans la prison de Filingué, il reviendra sous haute protection, avec tous ses droits de citoyen nigérien. En tant que Leader d’un parti politique, n’est-il pas plus utile dans son pays qu’en exil ? Il temps que le « zaman Lahiya » retrouve son lit au Lit au Niger. Paix à Feu Moumouni Djermakoye de nous avoir cultivés cette sagesse.

Mika 

19 octobre 2017
Source : L’Actualité

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