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Échiquier politique national : De l’urgence de sauver l’ANDP/ZAMAN-LAHIYA du naufrage

Échiquier politique national : De l’urgence de sauver l’ANDP/ZAMAN-LAHIYA du naufrage Évoquer l’Andp Zaman Lahiya revient indubitablement à parler de l’héritage politique légué par un homme qui était fortement attaché aux valeurs démocratiques, feu Adamou Moumoumi Djermakoye. Néanmoins, comme tout parti politique, l’Andp Zaman Lahiya est une oeuvre collective, une maison commune. Le président- fondateur (paix à son âme) était entouré de cadres et de militants de la première heure dont l’investissement moral et personnel avait fait naître un parti qui avait un poids et une influence inestimables sur l’échiquier politique national. Dire que l’Andp Zaman Lahiya avait une audience certaine et constante aux quatre coins de notre pays est un euphémisme. Pour cause, sous la conduite de feu Adamou Moumoumi Djermakoye,empreinte de pragmatisme et du sens de l’État, l’Andp figurait parmi le trio de tête des formations politiques majeures au Niger. Au sortir de la Conférence nationale, le parti avait engrangé plus de 13% des sièges à l’hémicycle. Aussi, que ce soit à l’intérieur de nos frontières, au niveau sous régional, voire international, l’Andp Zaman Lahiya jouait avec brio sa partition en ce qui concerne notamment les questions politiques et sociales. La voix du consensus prônée par Djermakoye était tout aussi écoutée que respectée.

Aujourd’hui, cette aura appartientdésespérément au passé. Depuis le décès du président- fondateur, le 14 juin 2009, le parti fait pathétiquement de la figuration sur la scène politique nationale. Et c’est peu dire. Des formations ayant récemment investi l’arène politique pèsent nettement plus que le parti légué par Adamou Moumoumi Djermakoye (réduit à 2,4% en termes de nombre de députés). C’est un fait irréfutable, l’électorat de l’Andp Zaman Lahiya a fondu comme beurre au soleil du fait d’une gouvernance interne aux antipodes des règles démocratiques. Et cette inacceptable régression (au sens large du terme), d’aucuns l’imputent ouvertement à l’actuel leader, Moussa Moumoumi Djermakoye. Si les récriminations contre ce dernier étaient frileuses, étouffées, elles se font aujourd’hui de plus en plus prégnantes, ouvertes et assumées. L’on assiste à la gestation d’une fronde générale motivéepar la pente déclinante sur laquelle caracole l’Andp Zaman Lahiya depuis 2009. Au nombre des cadres à qui il reste encore le courage de tirer la sonnette d’alarme, se trouve Ali Seini Gado, membre fondateur du parti et fidèle compagnon politique du défunt Colonel. Dans une lettre d’une sincérité et d’un discernement extrêmes, cet ancien ministre en appelle ardemment à la lucidité de Moussa Moumoumi Djermakoye.

Dépourvue de tout faux-fuyant, la correspondance d’Ali Seini Gado est un véritable hymne au sursaut à l’endroit du président de son parti. Nombreux sont les caciques et militants de base ayant irrémédiablementtourné le dos au parti. Il est temps d’arrêter ces vagues de désertion qui minent gravement l’assise électorale du parti jusque dans son fief historique, en l’occurrence la région de Dosso. Pour ce faire, Moussa Moumoumi Djermakoye doit se résoudre à admettre l’évidence :l ’Andp Zaman Lahiya se meurt à petit feu. Il se doit de faire une lecture clairvoyante et surtout dépassionnée de la consternante situation dans laquelle baigne l’Andp Zaman Lahiya sous sa conduite. Aujourd’hui, il n’existe qu’une seule option à même d’éviter ce naufrage annoncé, à savoir le passage de témoin aux commandes du parti. En termes clairs, Moussa Moumoumi Djermakoye doit urgemment convoquer un Congrès extraordinaire et tirer sa révérence en tout honneur. C’est du moins le message qui ressort en filigrane de la courageuse lettre d’Ali SeiniGado. Il appartient désormais au patron de l’Andp Zaman Lahiya de prendre conscience de la très mauvaise posture dans laquelle stagne son parti et d’en tirer toutes les conséquences. Faute de quoi, l’histoire retiendra une image peu flatteuse de Moussa Moumoumi Djermakoye. À bon entendeur salut !

Ali Wangari

07 septembre 2017
Source : Le Courrier

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Politique