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Sur les chantiers de Tahoua Sakola : «Tous les travaux seront achevés au plus tard le 30 novembre 2017», assure le directeur régional de l’Equipement

Sur les chantiers de Tahoua Sakola : «Tous les travaux seront achevés au plus tard le 30 novembre 2017», assure le directeur régional de l'Equipement C’est un nuage de poussière aperçu depuis les environs de Founkoye qui nous accueille à notre arrivée à Tahoua. Entre Founkoye et la capitale de l’Ader, sur notre gauche, on remarque une base-vie emplie de tas de graviers, de camions, de citernes et autres machines. L’activité humaine y est intense, même vue de loin : c’est la base-vie de l’entreprise chargée des grands chantiers de Tahoua Sakola. Nous avançons vers la ville dont l’entrée est barrée par une déviation sur la gauche.

Nous rebroussons chemin à pied pour observer la perspective de l’artère principale de Tahoua sur laquelle s’activent des camions, Caterpillar, compacteurs, citernes, 4x4 de contrôle ainsi que de nombreux travailleurs. Ici, on procède aux travaux de terrassement ; là à l’extraction de blocs de pierre pour creuser les futurs canaux d’évacuation des eaux ; plus loin, des citernes arrosent la chaussée et des employés sont très affairés.

L’enjeu ? Finir les grands chantiers de Tahoua Sakola avant le 30 novembre 2017, dans la perspective de la fête tournante du 18 décembre que Tahoua va abriter cette année. Les travaux en cours sont de deux ordres, selon le directeur régional de l’Equipement, M. Amani Mamane.

En effet, « les travaux concernent une première phase de 8,400 km environ en double chaussée de 7 m chacune avec un terre plein central, des accotements en pavés et des caniveaux et cunettes pour l’assainissement et une tranche conditionnelle (en deuxième phase) pour un linéaire de 43 km. Pour cette phase de 8,400 km, il s’agit de l’Axe patte d’oie - Founkoye (RN 29) de 2 000 ml ; l’Axe Gouvernorat – Aéroport de 2148 mètres linéaires; l’Axe Rond Point Tassoungoum - Patte d’oie de 1 600 mètres linéaires ; le Triangle Patte d’oie de 1115 mètres linéaires; la Patte d’oie - Koloma (RN 25) de 1 500 mètres linéaires. Outre ces linéaires, il faut ajouter l’Aménagement de la piste d’atterrissage de l’aéroport qui sera portée à 3 000 mètres linéaires et l’aménagement de la patte d’oie». M. Amani Mamane indique que « le financement du projet Tahoua Sakola 2017 sera entièrement financé par le Budget d’Investissement du Niger (BIN) ».

Il a fallu la visite du ministre de l’Equipement sur ces chantiers le mardi 8 août 2017 pour que nous ayons, grâce à un prospectus édité par la SOGEA SATOM, le montant des travaux en cours. En effet, selon ce fascicule, « les travaux d’aménagement, de bitumage et de réhabilitation des voiries dans le cadre de Tahoua Sakola 2017 » sont l’objet d’un contrat de base d’un montant de 18.058.021.719 francs CFA auquel il faut adjoindre « l’avenant N° 1 relatif aux déplacements des réseaux d’un montant de 2.329.624.700 francs CFA ».

Comme on le voit, Tahoua Sakola va manifestement revenir beaucoup moins cher que les précédentes fêtes tournantes du 18 décembre. C’est que, contraintes financières oblige, il a fallu réduire l’ambition à la baisse. En effet, le projet initial était plus ambitieux : outre les voiries et l’aéroport, il était prévu un échangeur, une nouvelle Maison de la Culture, etc.

Pour l’heure, ce sont des travaux de très grande qualité qui sont menés par des professionnels aguerris de l’avis même des autorités régionales, des techniciens du ministère de l’Equipement et ceux en charge du contrôle.

Les agents de Satom mobilisés pour la circonstance, notamment les conducteurs des différents engins servant à la construction de routes (pelles hydrauliques, bouteur, scraper, tombereau, compacteur, etc.), les chauffeurs de gros camions et autres véhicules 4X4, chacun dans sa sphère de compétence, exercent avec rigueur, détermination et sérieux, sous l’encadrement du Directeur du chantier, M. Evariste Rouamba, un expert reconnu pour sa compétence avérée et son expertise en matière de conduite de ce genre des travaux express, mais bien faits.

  1. Evariste Rouamba et son staff technique d’encadrement et de supervision veillent au grain en intégrant dans leurs actions quotidiennes l’ensemble des contraintes d’environnement, de sécurité et de qualité, afférentes au chantier, ainsi que les contraintes naturelles liées au sol et aux conditions météorologiques.

Outre ces grands travaux, Tahoua bénéficiera de la construction de dix Cases de passage ministérielles à deux niveaux – financées par dix institutions et sociétés - dont le chantier est en cours dans l’enceinte de la Case de passage présidentielle, de cent (100) villas d’accueil des participants à la fête dont une quarantaine seront disponibles avant le 18 décembre ainsi que de la réfection de la Case de passage présidentielle, de la tribune officielle, de la Maison des Jeunes et de la Culture Albarka Tchibaou, du stade et de l’arène Kataki. Les cinq derniers chantiers de réfection n’ont pas encore commencé même si leurs sites ont été visités par le Comité d’organisation que préside M. Issoufou Katambé.

En tout cas, les travaux déjà engagés avancent bien, selon le directeur régional de l’Equipement. « A la date du 8 Août 2017, le taux d’avancement des travaux est de 30.4% et les travaux se résument de la manière suivante. Tous les dalots (09) sont exécutés à 100% sur l’ensemble des axes ; débroussaillage : 100% axe patte d’oie – Founkoye ; 54% axe gouvernorat – aéroport ; 20% Rond point Tassoungoum - patte d’oie ; déblais/remblais 68% ; couche de fondation 45% ; couche de base en   cours   avec une planche d’essai prête pour l’imprégnation ; préfabrication des GBA 30% ; préfabrication des éléments de caniveaux 45% ; un important stock de bitume (147 tonnes) et des graviers (12 000 m3) ».

Pour M. Amani Mamane, « selon le planning, tous ces travaux seront achevés au plus tard le 30 Novembre 2017 ». Et M. Amani Mamane d’indiquer que, « pour exécuter ces travaux, l’entreprise a mobilisé un nombre important de matériel (122 confondus), 65 camions de transport de graviers de Niamey à

Tahoua et un personnel d’encadrement et agents de maitrise adéquats (32). Dans le même ordre, 18 petites et moyennes entreprises nigériennes sous - traitent les travaux et il y a une création de 756 emplois de main d’œuvre locale ».

«Si rien n’est fait rapidement pour les dédommager, les gens vont beaucoup jaser ici », assure le maire de Tahoua

A propos de retombées locales justement, il est frappant de remarquer le développement du petit commerce à Tahoua. Sur le long des routes dont les boutiques et autres échoppes ont été rasés pour les besoins des travaux, de la nourriture, des boissons, des fruits et autres sont proposés aux ouvriers par des petits commerçants à la sauvette.

Certes, le dédommagement des propriétaires des boutiques rasées ou déguerpies fait couler beaucoup d’encre à Tahoua. « Si rien n’est fait rapidement pour les dédommager, les gens vont beaucoup jaser ici », assure le président du Conseil de Ville de Tahoua au ministre de l’Equipement Kadi Abdoulaye. Prenant la menace au sérieux, le ministre a convoqué le lendemain une réunion sur cet épineux problème en présence de tous les protagonistes. Ceux-ci ont compris la nécessité de cette casse et promis d’attendre que l’Etat prenne toutes les dispositions idoines pour les dédommager.

Très engagés dans cette opération de modernisation de leur capitale, les habitants de cette ville commerçante de Tahoua vaquent normalement à leurs activités : la circulation des voitures, des motos « Kabou-kabou », des tricycles « Adaidaita sahou » et d’autres véhicules de particuliers, de l’Administration ou des ONG et projets est grouillante à tous les carrefours comme dans le principal marché de la capitale de l’Ader. Point de désœuvrés apparemment, surtout en cette période où les bras valides sont aux champs. Mieux, les femmes et les jeunes s’organisent pour contribuer au succès de Tahoua Sakola.

Ah ! N’oublions pas ceci : Tahoua va bénéficier d’une plantation d’alignement et d’ombrage, du réaménagement de carrières en champs de cultures ainsi que de la construction d’écoles, de l’éclairage public, etc.

Par notre envoyé spécial Sani Soulé Manzo

18 août 2017
Source : http://lesahel.org/

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