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Dissolution du conseil de ville de Niamey et ses démembrements : Au-delà de la motivation politique

La dissolution du Conseil de ville de Niamey et ses démembrements lors du conseil des ministres du jeudi 10 août 2017 continue à occuper l’actualité avec pour principales questions : Pourquoi Niamey seulement ? Pourquoi pas les 265 autres communes ?

C’est donc en termes d’équité que le débat est posé. Et, tout de suite, la motivation politique est trouvée. Comme quoi, à travers la situation ainsi créée au niveau des collectivités territoriales de la Capitale, il ne s’agit ni plus ni moins pour le principal parti au pouvoir, à savoir le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS Tarayya) que de lancer une OPA politique sur Niamey qui est classée parmi les fiefs de l’Opposition. Pour la parenthèse, c’est le Mouvement Démocratique Nigérien pour une Fédération Africaine (MODEN/FA Lumana/Africa) de Hama Amadou qui est sorti victorieux à l’issue du 1er tour des présidentielles et des législatives de 2016. Si l’on ne peut écarter la motivation politique autour de cette dissolution, ce qui est loin d’être un péché si l’on se situe dans une logique d’adversité partisane, on peut également trouver un solide argumentaire à l’opposé de ce qui vient d’être ci-dessus développé. C’est d’ailleurs la version officielle défendue. Elle se résume dans la question suivante : Quelle ville du Niger a bénéficié d’autant d’investissements comme Niamey ? La réponse saute aux yeux, au regard des nouvelles infrastructures coûteuses qui essaiment les différents coins de la capitale. Rien que les monuments qui ornent les principaux ronds-points de Niamey et la double voie dite Niamey Nyala qui relient 4 des 5 arrondissements de la capitale, illustrent l’ampleur des investissements réalisés pour l’embellissement de la Ville et l’épanouissement de ses riverains.

A la suite de cette réponse, la question logique qui vient à l’esprit est celle-ci : Qu’ont fait les arrondissements de Niamey pour accompagner les gros investissements réalisés dans le cadre du Programme ‘’Niamey Nyala’’ (Niamey la coquette) ? Avant de se pencher sur cette question, posons cette autre : quelle est la part de charges qui incombe aux collectivités de la capitale dans l’atteinte de l’objectif assigné au projet Niamey-Nyalla ? La ville de Niamey et ses 5 arrondissements n’ont aucune charge supplémentaire en dehors de celles qui leur sont traditionnellement dévolues, à savoir assurer l’hygiène et l’assainissement de la capitale de laquelle elles soutirent d’importantes recettes notamment, les taxes de marchés, des panneaux publicitaires, des taxis… sans compter ce que l’Etat leur verse comme subventions annuelles. Malheureusement, le constat est là et il est unanimement partagé par une grande majorité de la population de la capitale : Niamey est sale, très sale même avec zéro investissement. Les quelques rares caniveaux sont obstrués. Comme quoi, les collectivités de la capitale ne font rien pour assurer leurs fonctions régaliennes. Quelles peuvent être les raisons de cette inertie qui saute aux yeux ? Ici également, la motivation politique n’échappe pas à l’analyse. Les maires des arrondissements de Niamey, 4 sur 5 membres militants de l’opposition politique, de cette opposition jugée sur plusieurs cieux aux antipodes d’une opposition constructive n’ont-ils pas prêté le flanc à la guéguerre entretenue par leur camp politique que de se consacrer aux missions pour lesquelles ils ont été élus ? On peut donc trouver une motivation autrement politique à la dissolution ‘’ségrégationniste’’ du conseil de ville de Niamey et ses démembrements. Et, cela constitue le bénéfice de doute du Président de la République et du gouvernement.

Oumarou Kané

15 août 2017
Source : La Nation

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