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Agadez Sokni : Les travaux à rude épreuve, la société civile réagit

Agadez Sokni : Les travaux à rude épreuve, la société civile réagit Grace à la fête tournante du 18 Décembre, la ville d’Agadez a bénéficié de plusieurs infrastructures et réalisations acquises à grands frais dans le cadre du programme Agadez Sokni, de nouvelles voies éclairées, des rues éclairées par des lampadaires solaires, des arbres plantés le long des boulevards, des places aménagées. Mais le comble aujourd’hui, certaines de ces réalisations suivent des coups durs au vu et au su des autorités et des citoyens. La société civile d’Agadez dénonce cette situation qu’elle qualifie d’un manque de patriotisme de la part des élus et des citoyens.

Un laisser faire regrettable

Depuis l’organisation d’Agadez Sokni, la capitale de l’Aïr a eu un nouveau visage, l’image reflète une ville à l’allure des autres grandes villes du Niger, malheureusement huit mois après, on constate une dégradation de certaines infrastructures pas encore réceptionnées et une lenteur dans le parachèvement de certains chantiers.

La société civile dénonce un laisser faire et regrette le manque de suivi. Salif MANZO, acteur de la société civile confie au journal la « LA NATION » qu’au début on a assisté avec joie à la réalisation de tous les chantiers, nous étions très contents mais force est de constater qu’aujourd’hui, la majorité de ces infrastructures qui d’ailleurs ne sont pas encore réceptionnées commencent à se dégrader au vu et au su de tout le monde. L’acteur de la société civile dresse un constat : « C’est un héritage à protéger, on constate que déjà certains des panneaux solaires sur les axes routiers sont tombés, certaines constructions fissurées, des places où tous les arbres ont été arrachés et détruits par manque d’entretien’ », nous confie M. MANZO.

La société civile d’Agadez, qui a un regard sur ces réalisations acquises à grands frais, fustige le silence complice des concernés. Salif MANZO dit que tous ceux qui sont concernés, les entrepreneurs en charge des travaux, le comité Agadez SOKNI, les autorités doivent attacher leurs ceintures pour sauvegarder ces acquis ; nous, de notre côté nous menons à chaque fois des sensibilisations pour un changement de comportement des citoyens ; nous rassure cet acteur de la société civile, avant de poursuivre : « ça nous fait mal de voir certains édifices dégradés dans peu de temps ; de voir des panneaux solaires qui éclairent nos rues qui étaient sombres, avant cette fête de 18 Décembre, s’écrouler et là vraiment nous condamnons l’entreprise en charge qui a placé des panneaux très fragiles qui ne peuvent pas résister à la force des vents d’Agadez, résultat depuis le début de la saison pluvieuse la majeur partie a cédé et on ne voit pas l’entreprise faire quelque chose », dit il.

L’acteur de la société civile, Salif MANZO confie au journal la NATION que ce qui fait mal, nous craignons fort que l’argent qui sera injecté pour réparer tous ces dommages dépassent même ce qui a été investi par l’Etat. Nous lançons vraiment un appel à l’endroit des autorités d’agir et de serrer leur ceinture pour sauver cet héritage qui fait honneur à Agadez. Ces infrastructures ne méritent pas d’êtres ignorées, lance M. MANZO très touché par le manque de civisme de certains citoyens. « Pire, nous voyons des animaux errants arracher les branches de ces beaux arbres qui font le décor du grand boulevard KAOCEN et sur d’autres places au vu des citoyens qui ne réagissent pas ; il faut que cela s’arrête », dit il.

Selon Salif MANZO des mesures d’urgence s’imposent pour mettre de l’ordre, sauver ce qui est fini et bousculer les entreprises qui trainent pour finir les travaux inachevés. On constate une lenteur et cela n’est pas normal ; il faut que toutes ces entreprises finissent ces travaux pour remettre la propriété à la commune pour une bonne gestion et dans l’intérêt des Agadeziens ; nous espérons une réception rapide de ces infrastructures », conclut-il.

Pour Mohamed MOMO, un jeune très actif sur les réseaux sociaux, une inspection d’Etat s’impose pour voir clair dans les réalisations d’Agadez Sokni. En huit mois, beaucoup sont en train de céder, à l’image des panneaux solaires et des fissures sur certaines villas ; cela est intolérable, martèle ce jeune internaute de la région d’Agadez et de poursuivre : « Nous allons continuer à dénoncer ces entreprises irresponsables et tous ceux qui sont impliqués dans ces mauvaises réalisations ».

Rachid KOLLO, un autre jeune acteur de la société civile du collectif pour le renouveau parle d’un manque de suivi. Il confie au journal la NATION qu’il ne suffit pas de faire des travaux ; il faut surtout avoir un œil sur toutes ces réalisations ; il faut que le comité Agadez SOKNI bouscule toutes les entreprises qui trainent et demandent à celles qui ont fait du mauvais travail de reprendre sinon au Niger, on jette l’argent par la fenêtre. La saison des pluies a déjà mis à rude épreuve certaines réalisations ; et à chaque fois les autorités, pendant les visites de différentes infrastructures, parlent d’un état d’avancement normal des travaux et félicitent même ces entrepreneurs qui sont en retard ; cela sent de la politique et nous le condamnons, dit il.

Un jeune étudiant, lui, est inquiet des travaux qui trainent à la maison de la culture d’Agadez : « Depuis le début des travaux, il y a un an, on est bloqué ; au moins qu’ils accélèrent pour finir avec la bibliothèque de la MJC qui nous permet de faire nos recherches. Grâce à l’espace américain de cette bibliothèque, nous avons gratuitement la connexion et des matériels informatiques pour mener à bien nos recherches, et aujourd’hui tout est bloqué, la bibliothèque est toujours fermée, dit il, très triste avant d’ajouter : « J’espère d’ici la fin de ces vacances, la bibliothèque va rouvrir ses portes ; nous lançons un appel au ministre Rhissa Ag BOULA de faire quelque chose au nom de la jeunesse et de l’éducation pour qu’on puisse enfin retrouver ce grand centre de recherche très utile pour les étudiants, fonctionnaires et toute personne qui veut la clé du savoir qui est la lecture ».

Le retard accusé dans certains travaux inquiète également les élus locaux qui ont demandé aux entreprises concernées de tout mettre en œuvre pour boucler les travaux. Selon le maire Rhissa FELTOU, « le conseil va user de tous les moyens qu’il a pour que ces entreprises puissent se dégager de leurs responsabilités », dit-il avant d’ajouter : « Nous souhaitons voir la fin de ces travaux et nous demandons aux citoyens de contribuer pour la sauvegarde de toutes les infrastructures achevées », dit il.

En attendant, la réaction des responsables concernés dont le ministre à la Présidence chargé, d’Agadez SOKNI, la société civile lance un appel à la prise de conscience des citoyens d’Agadez pour protéger et sauver ce qui peut l’être et exige que les entreprises fautives soient sanctionnées.

ISSOUFOU HADAN

15 août 2017
Source : La Nation

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