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Guerre des clans au Pnds Tarayya : Mohamed Bazoum, Gandou Zakara et d’autres grosses pointures sur la sellette

Guerre des clans au Pnds Tarayya Mohamed Bazoum, Gandou Zakara et d’autres grosses pointures sur la selletteLes vacances gouvernementales s’annoncent pleines de périls pour Mohamed Bazoum, Gandou Zakara et d’autres personnels politiques non moins bourrés de suffisance. Selon des sources bien informées du dossier brûlant de la guéguerre qui mine le PndsTarayya, et par ricochet, la majorité présidentielle tout entière, ils doivent craindre pour leurs postes et peut-être pour leur liberté. Si Mohamed Bazoum est dans le collimateur de l’aile dure du Pnds Tarayya qui ne lui pardonne pas certains de ses comportements désinvoltes vis- à-vis du président de la République, les autres doivent payer, dit-on, pour des actes graves qu’ils auraient posés dans l’exercice de leurs fonctions. Un dossier des plus explosifs qui, selon des proches du ministre de l’Intérieur, serait géré avec des humeurs et non selon les règles d’usage internes au parti. Actuellement en dehors de Niamey depuis le début d’août, Mohamed Bazoum se serait retiré dans son village de Tesker Pourquoi ? On ne saurait le dire. Mais des questions se posent. Pourquoi aurait-il éteint ses téléphones portables ?

Mystère et boule de gomme ! Officiellement en congé annuel, Mohamed Bazoum, soulignent certaines sources, fait tout pour éviter Mahamadou Issoufou qui l’aurait humilié en refusant de le recevoir. Son absence a ainsi été remarquée à l’accueil du Président Issoufou revenant d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, où il a pris part à la cérémonie d’ouverture des jeux de la Francophonie, aux côtés de certains de ses pairs francophones. En quittant le 1er août, 48 heures avant le 57e anniversaire de la fête mythique de l’arbre et à quelques heures d’une réunion des ministres [ndlr : le conseil des ministres du 2 août] Mohamed Bazoum a davantage alimenté les causeries et les conjectures. Ses absences répétées lors d’évènements et de cérémonies officiels où sa présence est recommandée, voire obligatoire, tendent à confirmer ce qui se raconte à Niamey : Mohamed Bazoum et Issoufou Mahamadou ne s’adresseraient plus la parole et leur collaboration est plus que jamais électrique. Plusieurs fois surpris dans des postures pleines de désinvolture vis-à-vis de Mahamadou Issoufou, Mohamed Bazoum est carrément accusé de manquer de respect au président de la République au point où des voix se sont élevées au sein du Pnds Tarayya pour exiger une sanction exemplaire. Il s’agirait, dit-on, de montrer à Bazoum et à ceux qui pourraient être tentés de suivre son exemple, qu’il n’est pas indispensable.

Si près de la disgrâce, Mohamed Bazoum aurait confié à certains de ses proches qu’il est persuadé que le clash serait inévitable entre Mahamadou Issoufou et lui, mais qu’il ne serait jamais le premier à dégainer. Et comme Mahamadou Issoufou est connu pour sa dextérité dans ces genres d’embrouillaminis politiques, la main toujours sur le colt, il n’est pas exclu qu’il tire le premier. Ce ne serait pas une surprise, note un militant du Moden Fa Lumana qui rappelle que si Hama Amadou est dans cette situation, c’est bien parce qu’il est resté lié à son serment de loyauté vis-à-vis de Mahamadou Issoufou. Bazoum attendrait-il pour autant que son sort soit scellé ? Rien n’est moins sûr. Pour certains observateurs, l’homme se sent si trahi qu’il serait entré dans une sorte de rébellion dont personne ne connaît la dimension et les conséquences à venir. Le fait qu’il se soit retranché à Tesker, coupé du monde puisque injoignable sur ses téléphones portables, indique que l’homme est profondément blessé. Des sources bien placées pour le savoir, à Zinder, indiquent d’ailleurs que Mohamed Bazoum a violé, pour la première fois, le protocole qu’il a, lui-même, établi depuis des années lorsqu’il arrive au Damagaram. Le 1er août, lorsqu’il y est arrivé, c’était dans la plus grande discrétion, sans aviser les personnes habituelles qu’il informait de son arrivée et à l’exclusion de tout folklore politique. Pour beaucoup d’observateurs avisés, il sait que les dés sont jetés et qu’il fait désormais figure d’ancien membre de gouvernement, en attendant d’être éjecté de son fauteuil de président du parti. Le travail de sape visant à le couper de tout soutien éventuel au sein du parti serait presque achevé et selon un militant qui ne porte pas particulièrement Bazoum dans son cœur, Mahamadou Issoufou a même fait preuve de patience et de compréhension insupportables vis-à-vis d’un homme qui affiche, jusque face aux caméras de télévision, son dédain et son manque de considération pour le président de la République. Pour lui, comme pour certains membres du bureau politique du PndsTarayya qui ne s’en cachent pas, Bazoum, c’est du passé.

La guéguerre au sein du Pnds Tarayya gonfle et beaucoup d grosses têtes qui se prennent pour des intouchables vont bientôt faire les frais de la purge qui s’annonce. Si Mohamed Bazoum fait les frais d’un bras de fer qu’il a engagé avec Mahamadou Issoufou sans être sûr de l’emporter, Gandou Zakara, Ibro Zabèye et d’autres petits leaders politiques vont également passer à la trappe. Les forfaitures accomplies pour les uns, l’inutilité politique pour les autres, expliqueraient la nouvelle redistribution des cartes qui permettrait à Mahamadou Issoufou de faire d’une pierre, deux coups. D’une part, il donnerait un semblant de crédibilité à la lutte contre les délinquants en se débarrassant des plus sales, ce qui le mettrait à l’abri de certains dossiers telle que l’uraniumgate ; d’autre part, il se débarrasserait, une fois pour toutes, de tous ces vendeurs d’illusions qui pullulent autour de lui sans être capables de lui apporter quoi que ce soit. Non seulement, il ferait ainsi une économie budgétaire énorme qui serait de nature à desserrer l’étau sur les finances publiques, mais il mettrait fin à une certaine escroquerie politique qui pourrit la vie politique nationale. Seulement, il va être confronté à d’énormes problèmes, le premier étant lié à sa capacité à rester sans parti pris. Ce dont, selon un leader de l’opposition, il est incapable. Peut-il mettre un Hassoumi Massoudou à la disposition de la justice ? Cela paraît difficile pour beaucoup d’observateurs qui notent que ce dernier a agi, dans les deux cas qui pendent au nez de l’actuel ministre des Finances [ndlr : l’uraniumgate et l’achat de l’avion présidentiel] sous les ordres directs du président de la République. Or, s’il ne livre pas en premier Massoudou Hassoumi dont les délits sont indiscutables, on voit mal comment pourrait-il jeter en pâture un Gandou Zakara ? Mahamadou Issoufou est, donc, face à un dilemme. Pourtant, tout est déjà tranché, les personnes avisées confiant que Dandadji, cette année, sera fatale à bien de grosses pointures du PndsTarayya.

10 août 2017
Source : Le Courrier

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Politique