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Arrestations tous azimuts Issoufou discrédite le Niger !

Prison Niamey Argent EtatArrestations tous azimuts Issoufou discrédite le Niger ! Bakari Seydou et Bana Ibrahim Kaza, militants du MODEN FA Lumana africa. Ari Malla, Idé Kalilou supposés proches du leader de Lumana Hama Amadou, Gamatié Mahamadou, acteur de la société civile, Baba Alpha, journaliste Bonferey télévision, et Ali Soumana, fondateur de l’hebdomadaire Le Courrier, deux organes de presse qui dérangent le pouvoir du président Issoufou Mahamadou sont tous en prison et ont remplacé d’autres des mêmes catégories, politique, médiatique et associative. Ce qui fait du Niger d’aujourd’hui, le pays ayant le plus de prisonniers d’opinions de la sous-région Ouest-africaine. Ce n’est pas un honneur pour le pays encore moins pour ses dirigeants. A côté de nous, au Mali voisin, bien que le pays soit toujours en guerre, aucun prisonnier politique dans les geôles du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta. Pourtant, il y a juste quelques jours, le Mali a connu des manifestations monstres pour rejeter la révision de la Constitution voulue par le président malien. Que de jeter ses compatriotes en prison, le Président IBK a fait choix de la sagesse en renonçant, dans l’immédiat en tout cas, à son projet. Si c’était au Niger de Mahamadou Issoufou, le pays entier serait transformé en une prison à ciel ouvert. Ce qui n’est ni plus ni moins qu’une dictature dans un drap démocratique. Désormais le monde entier commence à découvrir les relents autocratiques du Guri system. En témoigne le communiqué de presse de l’association Amnesty Internationale en date du 11 juillet 2017. « Cette vague d’arrestations de leaders d’opinion en raison de publications sur les réseaux sociaux est une pratique liberticide dangereuse et les poursuites pénales à leur encontre sont préoccupantes, » a déclaré Kiné Fatim Diop, chargée de campagnes sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

Les autorités de Niamey ne se préoccupent nullement de l’État de droit ni même de l’image du pays que leurs agissements ternissent à tous égards à l’extérieur. En leur lieu et place, c’est Amnesty internationale qui se fait du souci : «les autorités font preuve d’une intolérance croissante à toute forme de critique. Un recul en matière de droits humains mettrait à mal les acquis du Niger dans le domaine » déplore son communiqué.

Il y a quelques années, le Niger avait une très bonne réputation de pays démocratique qui servait d’exemple sur le continent. Depuis l’accession de Mahamadou Issoufou à la magistrature suprême, les reculs s’accentuent sur tous les plans. En matière d’organisation élections « tropicalisées », notre pays en est devenu depuis 2016 un exemple « malheureux » ; le Niger de la Renaissance s’illustre aussi dans la prédation des libertés publiques, la confiscation de l’État par les régnants, la dislocation des contrepouvoirs au profit de l’Exécutif qui décide tout seul du sort de tous et de chacun. A tout cela vient s’ajouter une mauvaise gouvernance qui ferait honte aux pires des bandits. Mais au lieu d’ouvrir les yeux et les oreilles pour voir et entendre tout ça, le Président Issoufou continue de surfer sur son nuage d’un Niger paradisiaque. Il continue d’asphyxier son peuple pensant que personne ne sait ce qui s’y passe. Mais nous sommes dans un monde globalisé où tout se sait à l’instant. De même que nous sommes dans un monde civilisé où plus personne ne peut se passer de la démocratie. En reliant toutes les revendications sociales et politiques des populations à des « manoeuvres de subversion » du parti Lumana, le président de la République pense pouvoir se passer du respect des droits humains et des exigences de la démocratie. Mais il se trompe gravement parce que, désormais, tout le monde a compris.

KADEGOMNI

14 juillet 2017
Source : Le Monde d'Aujourdhui

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