Airtel Niger

Forfait Albarka

dimanche, 12 octobre 2014 04:19

La Nigérienne de la semaine : Mme Halima Alzouma

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Halima Alzouma 01Mme Halima Alzouma  vous êtes l’invité de la rubrique « La Nigérienne de la semaine » du site nigerdiaspora.  Comment souhaitez-vous vous présenter aux internautes ?

Je vous remercie pour cette opportunité que vous me donnez. Je m’appelle Mme Issa Alzouma Halima née Issoufou Salatikoye. Je suis psychologue clinicienne, spécialisée en inter culturel. J’ai fréquenté l'école primaire  mission fille, avant de continuer mes études secondaires au CEG 2,  puis au Lycée Kassaî,  toujours à Niamey où j'ai obtenu un bac littéraire.

 

C'est le destin qui m'a conduit vers la psychologie à la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Abdou Moumouni de Niamey où je suis arrivée de manière complètement fortuite. Je dirais même que c'est la psychologie qui est venue à moi. En effet, un problème d'effectifs en psychologie s'est posé et je faisais partie des étudiants sélectionnés pour compléter la liste. Mais, avec du recul et au fil du temps, je ne regrette pas ce choix quoique  imposé.

Quel a été votre parcours académique ?

Halima Alzouma 5Après l'obtention d'une licence en psychologie, je suis  allée  en Côte d' Ivoire dans l'intention de préparer une maîtrise,  mais  l'université de Cocody  était en grève et l'année fut ‘‘blanchie’’. J'ai, alors par la suite, bénéficié d'une bourse du Ministère de l'Enseignement Supérieur pour poursuivre mes études en France où j'ai préparé mon second et mon troisième cycle de psychologie à l'Université René Descartes Paris V.

A qui devez vous votre  parcours, et quelles  sont les valeurs qui  vous ont guidé ?

Il faut dire que je dois mon parcours tout d'abord à ma famille et particulièrement à mon oncle Idé Amadou qui a financé mes études primaires puis à ma chère patrie, le Niger par le biais du Ministère de l'Enseignement Supérieur qui m'avait octroyé une bourse. Concernant les valeurs qui m'ont guidées, je voulais évoquer la mémoire de mon père feu Issoufou Salatikoye  qui fut parmi les premiers instituteurs et inspecteurs du Niger. Le parcours de mon père qui avait lui même étudié en France m'a beaucoup motivé et m'a donné dès ma jeunesse le goût pour les études supérieures.

Halima Alzouma 4Parlez nous de vos expériences professionnelles  nationales et internationales?

Aujourd’hui, je travaille avec beaucoup d'associations africaines qui accueillent des immigrés. Chaque année, nous organisons des sorties culturelles notamment à Bruxelles et en Normandie. En dehors de la psychologie, j'interviens en tant qu'interprète en langue Zarma au tribunal, dans des foyers etc.

Que diriez vous,   si vous devrez apprécier votre métier de Psychologue clinicienne spécialisée en interculturelle?

Après ma maîtrise en psychologie clinique, j'ai préparé un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en psychologie interculturelle qui tient compte de la dimension culturelle dans la prise en charge du patient. C'est dans  les écoles des quartiers difficiles à forte concentration d'étrangers qu'interviennent les psychologues de formation interculturelle. Ils  travaillent en collaboration avec l'équipe des  enseignants. Ils ont pour  rôle, d’établir un lien entre la psychologie et la culture et d'expliquer que certains comportements loin d'être pathologiques sont l'expression de la culture.  En effet, les immigrés sont confrontés à des codes culturels le plus souvent contradictoires. Par exemple en Afrique, quand on s'adresse à un adulte, on baisse le regard par respect alors qu'en France, c'est considéré comme de l'impolitesse.

Halima Alzouma 1Y a-t-il des obstacles  ou des  facteurs avez lesquels il faut compter dans votre  travail ?

 Dans tout métier, il y a des obstacles mais il faut y faire face. Il m'arrive d'être confrontée à des cas difficiles, mais heureusement, cela n'arrive pas tout le temps.Comme je l'ai déjà dit  lors de la première édition du forum de la diaspora nigérienne qui s'est tenue au palais des congrès du 02 au 05 août 2012, je conseille à  mes frères et sœurs de la diaspora nigérienne, de rester proches de leurs racines et de leurs identités. Je leur recommande de prendre  en compte  la langue maternelle que nous devons valoriser en la  parlant à nos enfants. Ainsi, même loin du pays, ils restent connectés à leur culture et à leurs origines.

Je dois ajouter qu’il y a eu une avancée de la psychologie au Niger grâce aux enseignants compétents qui ont formé et continuent à former des psychologues.

Quels enseignements tirez-vous de votre expérience ?
Avant, on n’accordait pas une grande importance à la psychologie au Niger. Pour beaucoup de gens, la  psychologie avait un  lien avec la folie. Ils ignorent qu’on peut consulter un psychologue sans être "fou". Heureusement qu’aujourd’hui, la psychologie s'est bien développée.

Avez-vous des propositions, ou  projets  pour le développement de votre domaine d’activité  au Niger?

 

Halima Alzouma 3Je suis actuellement en train de réfléchir sur des projets pour le développement de mon domaine d'activité au Niger.

Le mot de la fin à votre appréciation Mme Halima Alzouma.J'encourage ainsi les Nigériens et les Nigériennes à persévérer dans les études, car la recherche du savoir est bénéfique pour tout le monde. C’est grâce  à  notre savoir que nous pourrons assurer la visibilité de notre chère  patrie, le Niger.

 Réalisée par Boubacar Guédé

 

Dernière modification le lundi, 13 octobre 2014 05:52