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Ville de Niamey : Entre désir de propreté, mauvais comportement, et incivisme des populations

En dépit des efforts consentis par l’Etat et ses partenaires pour débarrasser la ville de Niamey de toutes ces montagnes de dépotoirs sauvages qui jonchent souvent les grandes voies publiques, les lieux d’apprentissage (les écoles) et les quartiers, force est de constater que le problème se pose toujours avec acuité. En effet, il suffit de faire un tour dans la ville de Niamey pour se rendre compte de l’ampleur de cet état d’insalubrité.

Sans avoir la prétention d’être exhaustif, on peut facilement compter dans chaque arrondissement communal de la ville de Niamey deux à trois dépotoirs sauvages de grande envergure, en dehors des tas d’immondices qui pullulent quasiment dans tous les quartiers de la capitale. Si les municipalités sont pointées du doigt dans cette situation insalubre dans laquelle végète la ville de Niamey, il faut reconnaitre que les habitants sont tout aussi comptables dans la mesure où elles doivent œuvrer pour un cadre de vie sain et agréable à travers leur comportement de tous les jours.

Pire, les déchets solides entassés et les dépotoirs sauvages qui choquent plus d’un citoyen sont observés principalement sur la nouvelle voirie urbaine de 21 km qui a été récemment inaugurée par le Président de la République, Chef de l’Etat. En empruntant cette voie, juste derrière la Centrale de la Nigelec Koira Kano, on trouve un grand dépotoir sauvage. Au moment de notre passage le 3 mai 2017, précisément aux environs de 14 h 45 mn, le constat amer et est sans appel.

L’odeur que véhicule cette montagne de déchets est insupportable même pour les passants, à plus forte raison pour ceux qui habitent aux alentours. Mais, comme l’occasion fait le larron, un groupe de jeunes aux habits en haillon et munis chacun d’un sac, ramassent des ustensiles usés et objets en caoutchouc. Qu’est-ce que vous cherchez sur ce dépotoir sauvage ? ‘’Nous sommes des ramasseurs des objets jetés dans les dépotoirs sauvages’’, répond un jeune homme visiblement inquiet de cette interrogation inhabituelle. Il nous oriente vers son collègue qui, lui, dit-il, duré dans ce job. Ce dernier s’abstient de tout commentaire.

Non loin de ces jeunes, il y a un Quartier Général (QG) d’un autre groupe de jeunes qui focalisent brusquement leur attention sur nous. ‘’Pardon, il ne faut pas nous photographier’’, lance l’un d’entre eux. Toutefois, ce qui est dangereux pour ces ramasseurs ou collecteurs d’objets sur ce dépotoir, c’est le grand risque qu’ils encourent en érigeant une sorte de toilette aux pieds d’une des lignes haute tension de la Nigelec. Pour eux, il s’agit simplement de se laver, uriner et changer d’habits à la ‘’descente de leur travail’’, car ils passent toute la journée à ce niveau comme nous l’a bien dit un des leurs.

Selon un épicier qui se trouve en face de ce gigantesque dépotoir sauvage, cet endroit est invivable. ‘’Notre cadre de vie est infernal. L’air est extrêmement pollué. Nous craignons beaucoup pour notre santé. Récemment, je me suis même querellé avec un jeune collecteur d’ordures ménagères. Dieu seul sait combien de fois la mairie a dégagé les déchets d’ici. Mais les populations continuent de nous rendre la vie impossible via les collecteurs des ordures. Les habitants de Niamey ne facilitent pas la tâche aux autorités communales en ce qui concerne la gestion des dépotoirs sauvages. Un changement de comportement s’avère indispensable si nous voulons que la ville soit propre’’ précise le boutiquier. Même son de cloche avec son voisin, vendeur d’aliments pour bétail.

Comme si ce dépotoir sauvage que nous décrivons avec désolation ne suffisait, on trouve, par endroits, des tas d’ordures sur la chaussée et au niveau du terre-plein central. A tout cela, vient s’ajouter encore l’impraticabilité de la route Niamey Nyala. Profitant de la dégradation avancée en si peu de temps de cette voie pourtant goudronnée, les habitants du quartier y versent allégrement des ordures. Ce tas d’immondices, juste derrière l’école primaire Dar es-Salaam II, illustre bien cet état de fait. Toujours dans le quartier Dar es-

Salaam, deux autres dépotoirs sauvages se dressent majestueusement, l’un sur la latérite qui mène vers la clinique Mali Béro, et l’autre à côté de la station SONEF.

En cette veille de saison des pluies, il est urgent que les services compétents réagissent afin d’éviter aux populations certaines maladies comme le paludisme et les infections, car la pluie et l’insalubrité facilitent l’éclosion des moustiques et des germes de tous genres.

Hassane Daouda (ONEP)

05 mai 2017
Source : http://lesahel.org/

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