L’air du temps : examen de conscience…
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M. Assane Soumana, Directeur de la Rédaction de l'ONEP -C’est un pas décisif qui a été franchi au Niger, le 30 novembre 2011, lorsqu’au cours d’une cérémonie empreinte de toute la solennité requise, le Président Issoufou Mahamadou apposait sa signature sur la Déclaration de la ‘’Montagne de la Table’’. Par ce geste, qui vient appuyer l’adoption, en juin 2010, de la loi portant dépénalisation des délits commis par voie de presse, le Chef de l’Etat propulsait ainsi notre pays dans le cercle des Nations de plein épanouissement de la liberté de la presse.
Comme tous nos confrères qui ont été les témoins directs de ce geste décisif, nous avons suivi la scène avec un réel enthousiasme, mais aussi avec un certaine charge de doute : enthousiasme de voir que l’on peut enfin nous faire confiance pour prendre nos responsabilités de leaders d’opinion, et doute quant à nos capacités de ne jamais trahir en évitant de tomber dans le piège de l’abus dans l’exercice quotidien de ce noble métier.
Aujourd’hui, un peu plus d’un an après l’événement, force est de constater que, dans beaucoup de cas, la réalité est aux antipodes de l’espoir suscité. Les faits sont là, têtus ! Beaucoup de nos confrères semblent n’avoir pas mesuré à sa juste valeur la portée de ces réformes qui, tout en ouvrant largement les ‘’vannes’’ d’une pleine jouissance de la liberté de la presse aux animateurs des médias nationaux, les mettent aussi face à leurs responsabilités. Un pari assurément délicat… Car, pour relever ce défi, il revenait à la presse nationale de s’imposer autant de rigueur que de professionnalisme dans la recherche et le traitement de l’info. Cela implique un travail ardu de vérification, de confrontation et de recoupement des informations glanées ici et là, le bannissement des conclusions hâtives, sources de désinformation. Il s’agissait aussi de faire la part des choses entre l’info et l’intox, et surtout, de résister à l’attrait du sensationnel… Que dire, sinon que le métier de journalisme est loin d’être des plus faciles au monde. Rigueur, responsabilité, recherche d’objectivité : tels sont les maîtres-mots du journalisme ! Du reste, le chemin est suffisamment bien balisé à travers le code d’éthique et de déontologie du métier pour éviter de sombrer dans les chemins tortueux de la dérive.
Aussi, au regard des dérives constatées et des accusations qui fusent de partout en doigtant la presse nationale comme étant le véritable ‘’prédateur de la liberté’’ des autres, les organisations socioprofessionnelles des médias sont vivement interpellées dans leur rôle de gardiennes de l’honneur du métier. C’est pourquoi, pour le choix des membres du futur Conseil Supérieur de la Communication (CSC), un travail sérieux doit être fait pour désigner ou élire des hommes et des femmes avertis et rompus à la tâche pour redonner à la presse toutes ses lettres de noblesse.
Assane Soumana
15 mars 2013
publié le 15 mars 2013
Source : Sahel Dimanche
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