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dimanche, 17 mai 2015 20:52

Le Nigérien de la semaine : M. Majid Maty

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Majid Maty 01Comment souhaiteriez-vous vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora?
Je tiens tout d’abord à vous remercier pour l’honneur que vous me faites de pouvoir m’exprimer à travers votre site internet. Je m’appelle Majid Maty Elhadji Moussa, je suis manager en transport logistique chez Areva à Paris. Je suis actif dans la vie associative, j’aime l’entreprenariat et la découverte d’autres cultures.

Parlez-nous de votre parcours académique?
Mon aventure scolaire débute par la maternelle à Tahoua, suivie par les bancs de l’Ecole mission garçon de Niamey où j’ai effectué l’essentiel de mon école primaire, puis le collège Lako de Zinder lors de l’affectation de mon père. De retour à Niamey en 1999, j’ai obtenu mon baccalauréat au lycée Kouara.


Majid Maty 07Inspiré par le parcours de mon père, magistrat de profession, j’ai souhaité embrasser une carrière en droit. Dans cette optique, j’ai effectué une première année de licence en droit à Paris.
Cependant, ayant eu toujours un goût pour le commerce international, le Job étudiant que j’occupai dans une société d’export du matériels bureautiques et informatiques vers le Niger m’a poussé à me réorienter dans le commerce international et la logistique.


C’est ainsi que j’ai obtenu un master 2 professionnel en Commerce International, Transport et Logistique co-organisé par une école spécialisée dans le domaine (ISTELI) et une grande école de commerce (KEDGE Business School) à Paris. Je suis également titulaire du master 2 recherche de l’Université Paris Sorbonne en géographie, aménagement, environnement et logistique des échanges.


Puis, afin d’avoir une vision industrielle de la chaine logistique, j’ai complété mon cursus par une formation en master spécialisé (Bac+6) en Suply Chain Management dans une grande école d’ingénieur (CESI Centre des Etudes Industrielles) toujours à Paris.

 

 

Qu'est-ce qui vous a amené à embrasser cette carrière ?
La logistique est indispensable dans tous les secteurs d’activité qui nécessitent une rigoureuse organisation dans le processus allant de l’achat à la livraison de biens ou de services. Elle consiste en effet à gérer les flux pour s'assurer que l'on a le bon produit au bon endroit, au bon moment, au meilleur prix et à la bonne qualité. Elle se conjugue à la gestion, aux systèmes d’information, au commerce international, aux techniques de communication ainsi qu’à la finance. Ce sont toutes ces facettes qui m’ont attiré vers ce métier.

 

Majid Maty 03Pourriez-vous nous parler de vos expériences professionnelles nationales et internationales?
J’ai commencé ma carrière chez Enerdis Chauvin Arnoux à Paris en 2011, une filiale du groupe Schlumberger en tant que gestionnaire export et chef de projet en douane. Mes missions consistaient à gérer les flux de marchandises vers les clients.


Ensuite, j’ai été contacté  pour un poste chez Valeo, un équipementier automobile où j’opérais en tant que coordinateur Supply Chain.


En 2013, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le groupe AREVA en tant que coordinateur au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).


Le CEA est un organisme d’Etat, de recherche scientifique dans les domaines de l’énergie, de la défense, des technologies de l'information, des sciences de la matière, des sciences de la vie et de la santé. Je m’occupais de la logistique et des transports ainsi que des calculs d’adéquation matière-emballage. Le but était de m’assurer que l’équipement transporté ne dépasse pas les normes de sureté défini par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). Ce fut une expérience très enrichissante.


Un an et demi plus tard, je suis passé manager d’équipe au sein de la Nuclear Logistics Operations du groupe Areva au sein de laquelle, je dirige la cellule des outillages contaminés. Nous gérons la logistique de toute les centrales nucléaires en France et certaines à l’étranger notamment en Afrique du Sud ou encore la Chine. Je suis également membre de la FINA (Force d’intervention nationale d’AREVA) qui me rend mobilisable en cas de crise nucléaire majeure.

 

Majid Maty 09Quels enseignements tirez-vous de toutes ces expériences ?
Dans un monde en perpétuel mouvement, l'ouverture d'esprit qui nous permet de nous remettre en cause et de travailler en équipe pour renouveler nos idées, est essentielle pour progresser dans le milieu professionnel et aussi personnel. L'humilité nous permet d’apprendre des autres, d’être à l’écoute, d'accepter les critiques afin de s’améliorer. La rigueur est indispensable dans le nucléaire, milieu très exigent et sensible où l’erreur n’est pas admise.


Avez-vous rencontré des difficultés à vous intégrer en France en tant que "cadre nigérien" ?
J’estime ne pas avoir rencontré de difficulté particulière, car après avoir effectué l’intégralité de mon cursus supérieur en France, j’ai su m’imprégner de la culture et des codes professionnels du pays.


Quel rôle le Niger a joué dans votre parcours?
Le Niger a joué un rôle majeur dans mon parcours académique et professionnel en m’inculquant des valeurs de solidarité, de travail, de respect et de tolérance. Le Niger a également contribué à mon engagement dans le milieu associatif en France. Je suis en effet membre actif de L’ANRF (Association des nigériens résidents en France) qui œuvre pour le bien être de la communauté en France. 


Majid Maty 04Que pensez-vous de l'avancée de " votre secteur"  au Niger et dans la sous-région?

Le Niger, pays sahélien et enclavé est malheureusement contraint d’importer la quasi-totalité de ses biens de consommation via les ports étrangers dont le plus proche se situe à 1000 Kilomètres de la capitale. De ce fait le secteur des transports et de la logistique revêt alors un caractère stratégique.
 
Les routes assurent 90% du trafic du continent, le marché du transport routier au Niger est composé d’une part d’entreprises étatiques et d’autre part d’entreprises privées, d’artisans-transporteurs relevant souvent du secteur informel.


Il est à noter que la majorité des équipements ont en moyenne 20 ans d’ancienneté. Cette situation explique en partie un taux d’accidentologie élevée. Les facteurs contribuant ou aggravant les accidents de la route sont principalement : le manque de formation et de qualification des chauffeurs, la vétusté des moyens de roulage, du réseau routier et des infrastructures routières.

Le transport maritime d’un conteneur 20 pieds de Belgique (port Anvers) vers le Bénin (port de Cotonou) coûte 2700 euros, mais il faut débourser 2800 euros de plus pour acheminer le même conteneur au Niger voisin (Niamey) ou 5000€ pour le nord du pays (Agadez). Cette différence de coût est due à l’absence de réseaux ferroviaires et routiers intégrés vers les ports. En l’absence de ces liaisons, le transport inter-régional sera limité et onéreux, en particulier dans les pays enclavés.

 

Le transport aérien au kilomètre en Afrique demeure l’un des plus chers au monde. Il n’y a pas si longtemps, afin de relier deux villes d’Afrique, il n’était pas surprenant de devoir transiter par l’Europe pour des raisons financières ou de gain de temps. Cela s’explique par un faible volume de trafic, une absence de concurrence entre les compagnies aériennes ainsi que des taxes élevées.
    
Mais depuis quelques années, avec la croissance économique et démographique, nous voyons débarquer des partenaires multilatéraux. L'intérêt des investisseurs au Niger et en l'Afrique se précise avec l’arrivée du français Bolloré qui va investir environ 1 milliard d'euros dans la réalisation d’une ligne ferroviaire de 2800 km qui reliera la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso et le Niger.


Je cite également pour exemple le projet signé entre la société China Railway Construction Corporation et le Nigeria portant sur la construction d’un réseau ferroviaire à grande vitesse de 1400 km qui reliera toutes les grandes villes du pays, et qui doit compter 45 gares.
Aussi, un protocole d'accord pour un vaste projet d'infrastructures a été signé entre l’Union africaine et la Chine destiné à relier les capitales africaines au moyen d'autoroutes, de trains à grande vitesse et de liaisons aériennes.


D’autres projets d’envergure sous régionale me confortent dans l’idée selon laquelle, il faut compter désormais avec nous dans le jeu économique mondial.


Etant un panafricain convaincu, j’estime que les Etats africains ont tout intérêt à s’unir afin  d’avoir une vision d’ensemble et développer les infrastructures de transport. Cela contribuerait à développer le commerce sud-sud pour une intégration régionale réussie et à limiter les importations dont l’impact améliorera la balance commerciale des Etats.


En l’absence de cette politique d’harmonisation et de coordination, la part des échanges intra-africain ne risque guère de dépasser 10% contre 70% pour l’union européenne (source OMC).


Majid Maty 1Comment comptez-vous promouvoir votre « secteur d’activité » au Niger ?

Du fait de la démographie grandissante, des efforts doivent être consentis afin de créer et développer la mobilité urbaine à travers la mise en place d’un réseau de transport (bus par exemple). Ma modeste contribution à l’effort collectif à consister à créer une structure dénommée Africar - Niger favorisant la mobilité urbaine des personnes.

 

En tant que président du Comité d'organisation de la première journée culturelle nigérienne, Paris 2015, pouvez-vous nous dire comment vous êtes parvenus à réussir une telle organisation ?

L’organisation d’un tel événement a nécessité le déploiement d’une grosse logistique (rire).
Permettez-moi de saluer toute la détermination et l’abnégation dont les équipes ont fait preuve afin de mener ce projet à terme.


Majid Maty 2Ce projet a été initié en 2013 avec le concours de la communauté et le support de SEM Abderrahmane Mayaki, Ambassadeur du Niger en France.


Après le constat selon lequel toutes les diasporas africaines sont organisées et mènent des actions envers leurs communautés sauf le Niger, nous avons décidé d’agir. C’est ainsi que s’est créé une organisation pour soutenir la communauté afin qu’elle soit visible et solidaire. Nous avons entrepris des contacts auprès d’associations nigériennes en France, des autorités (Ministère des affaires étrangères) ainsi que des sponsors afin d’obtenir leurs soutiens dans cette initiative. J’en profite pour les remercier car sans eux, nous n’aurions pas pu réaliser cette manifestation (Hotel Gaweye, Grand Hotel, Soraz, Bagri, Caren Assurance, ainsi que AREVA France qui a été notre sponsor majeur).


Nous sommes heureux d’avoir pu tenir cette manifestation qui a réuni environ 800 personnes venues de toute la France, d’Europe, des Etats-Unis et du Niger.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Nigériennes et Nigériens qui voient en vous un modèle?

Je n’ai pas la prétention d’être un modèle, juste un citoyen nigérien comme les autres qui milite pour son pays ainsi que pour sa communauté en France. Mais je pense qu’il y’a des raisons de croire en cette nouvelle génération de nigériens, car elle est consciente des enjeux qui l’attende pour le développement de notre pays. Cette construction nécessite la contribution de toutes les intelligences et de toutes les énergies.

 

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Réalisée par Boubacar Guédé
Source: http://Nigerdiaspora.Net

 

Dernière modification le mardi, 05 avril 2016 14:01