dimanche, 05 avril 2015 10:46

Le Nigérien de la semaine : Modi Alzouma Moussa

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Modi Alzouma 001Comment souhaitez-vous vous présenter aux internautes de Nigerdiaspora?

Je n’ai pas d’autre façon de me présenter qui soit contraire à ce que je suis, c'est-à-dire un citoyen nigérien profondément attaché à son pays, à ses valeurs ainsi qu’au bien-être de ses populations.




Quel a été votre parcours académique?  

J’ai fait l’essentiel de mon parcours académique à Niamey, au Niger : l’école Diori, le CEG VI, le lycée Kassaï, puis l’IFTIC. Après quelques années de travail, d’abord dans le privé (le journal Le Démocrate), puis dans la Fonction publique en qualité d’attaché de presse au ministère de l’Education nationale où je suis resté pendant près de dix ans, je suis allé à Lomé, au Togo, pour faire une Maîtrise en communication avant de faire, à Dakar, au Sénégal, un Master en communication.



Modi Alzouma 11Qu'est-ce qui vous a poussé vers le journalisme ?

Très tôt, j’ai été attiré vers le journalisme, sur la base, je l’avoue, d’une idée plutôt naïve. Je caressais un rêve de jeunesse et pensais, ingénument, que le journalisme était la voie la plus indiquée pour le réaliser. C’était l’unique choix que j’ai fait en Terminale. J’ai ainsi fréquenté l’Institut de formation aux techniques de l’information et de la communication (IFTIC) et me suis retrouvé, après le service civique national que j’ai quand même effectué dans le secteur de l’éducation, comme journaliste stagiaire au journal « Le Démocrate », un hebdomadaire privé nigérien très apprécié à l’époque.

Modi Alzouma 08Parlez nous de vos expériences professionnelles nationales et internationales?

Je l’ai déjà quelque peu effleuré en parlant de mon parcours académique. Après mon service civique national que j’ai effectué dans le secteur de l’éducation, contrairement à bon nombre de mes collègues qui l’avaient fait dans les médias de la Place, j’ai travaillé au ministère de l’Education nationale en qualité d’attaché de presse pendant dix ans environ ; dix ans au cours desquels j’ai capitalisé une solide expérience auprès d’hommes et de femmes de rigueur. L’aboutissement de ce travail qui n’était pas une sinécure, eu égard à la multiplicité des acteurs en présence et à leurs spécificités, c’est la CONFEMEN (Conférence des ministres de l’Education des pays ayant le français en partage), à Dakar, au Sénégal, où j’étais resté, cinq ans durant, en qualité de conseiller en communication de l’institution. De retour au pays, j’ai été nommé, en septembre 2011, coordonnateur de la cellule de communication de l’Assemblée nationale avec rang de conseiller principal du président de l’institution, poste que j’ai gardé jusqu’en septembre 2013.



Modi Alzouma 0001Quels enseignements avez-vous  tirés de votre expérience ?

Les enseignements que je tire de cette belle expérience nationale et internationale sont essentiellement de trois ordres : d’abord, on ne finit jamais d’apprendre et pour continuer à apprendre, il faut s’armer d’humilité. Le deuxième enseignement, c’est que seul le travail paie, le travail de rigueur. Le troisième, c’est que les voies de Dieu sont impénétrables.


 
Quelles difficultés et quels éléments facilitateurs avez-vous rencontrés en tant que journaliste  et écrivain ?

Vous posez, là, deux questions principales, voire plus. Je vais, donc, tenter d’y répondre par étapes. En termes de difficultés, je vous surprendrais peut-être en vous apprenant que j’en ai toujours rencontrées. Je considère que tout est difficulté avant d’être abordé. C’est pour dire que la vie, professionnelle surtout, est une succession de défis qui se renouvellent sans cesse. Il faut continuellement se battre pour les relever et les solutionner. Les facilités ? Je les ai sans doute eues dans les riches relations humaines et professionnelles que j’ai entretenues avec ceux et celles avec qui j’ai eu à commercer. C’est valable aussi bien pour le journaliste que pour l’écrivain, même si dans ce second registre, je ne revendique pas une grande expérience.


Modi Alzouma 12Quel rôle a joué le Niger dans votre parcours ?

Le Niger m’a tout donné. Et je pense que je n’ai pas encore fait suffisamment pour mon pays en retour. Mon vœu, c’est de pouvoir apporter ma part de contribution aux changements positifs qu’attendent nos compatriotes.



Quelles valeurs vous ont guidé ?

La rigueur dans le travail, la volonté de donner toujours satisfaction à ma hiérarchie, l’intégrité et la loyauté.



Que pensez-vous de l'avancée du journalisme au Niger et dans la  sous-région?

Le journalisme a connu une évolution appréciable dans la sous-région, particulièrement au Niger où, en deux décennies, nous sommes passés d’une presse dirigée à une presse plurielle qui dispose d’une marge de manœuvre très enviable avec la dépénalisation du délit commis par voie de presse. Tout ne marche pas toujours comme sur des roulettes — ça ne l’est nulle part au monde — mais l’apprentissage continue et parfois, quoi qu’on dise, le métier prend des grades dans les contentieux qui opposent ceux qui l’exercent avec d’autres acteurs de la société (citoyens, personnes morales, etc.).



Modi Alzouma 04Avez-vous des solutions, des projets ou plans pour le développement du journaliste
au Niger?

Assurément, mais permettez-moi de ne pas les exposer ici. Je n’en ai pas d’ailleurs que dans le secteur de la communication. Lorsqu’on vit avec ses concitoyens et qu’on partage leurs difficultés, leurs obsessions et leurs angoisses ; lorsqu’on connaît leurs préoccupations et leurs attentes, lorsqu’on se soucie un tant soit peu de contribuer aux changements positifs auxquels ils aspirent légitimement alors, on ne peut pas ne pas avoir des projets ou des plans pour sa communauté.

 

Vous avez récemment publié un livre important sur la mort du Président Ibrahim Maïnassara Baré, « Le régicide du 9 avril 1999 – Ombres et lumières ». Pourquoi Ombres et lumières ?

J’ai commencé ce projet dès le lendemain du 9 avril 1999. Sachant qu’il était difficile de délier les langues tout de suite, je m’étais d’abord attelé à réunir toutes informations écrites sur le sujet et à procéder à une sélection rigoureuse des aspects les plus importants. Au fur et à mesure, j’ai abordé certains acteurs qui ont accepté de parler à cœur ouvert et je les en remercie. Ombres et lumières parce que, malgré mes efforts, malgré l’éclairage important de ceux qui m’ont aidé à lever le voile sur certains aspects de cette tragédie, il reste encore beaucoup de zones d’ombre. Mais, qu’on s’entende bien : ce n’est pas dû au fait que je n’ai pas rencontré tous les acteurs, c’est purement chimérique. J’ai fait le choix de considérer plus importants les propos et les actes des acteurs dans le feu de l’action ou juste au lendemain. Si je leur tendais le micro aujourd’hui, ils tiendraient forcément un discours qui les arrangerait alors que le monde entier est témoin du rôle qu’ils ont joué dans la survenance de cette tragédie.


Modi Alzouma Assemblee NatQuels conseils donnez-vous aux jeunes Nigériennes et Nigériens qui voient en vous un modèle?

Je manquerais sans doute de modestie en me considérant comme un modèle. En quoi ? Je ne saurais le dire personnellement. Néanmoins, au regard du parcours que j’ai eu et qui est ponctué d’expériences multiples, aux niveaux national et international, je m’autorise à conseiller aux plus jeunes d’avoir le goût du travail, du travail bien fait. Seul le travail paie et le succès est au bout de l’effort. Je leur dirais d’aimer leur pays et de savoir que les changements positifs auxquels ils aspirent dépendent en priorité de notre acharnement au travail, de notre intégrité et de nos ambitions pour notre pays ; qu’ils sachent et gardent à l’esprit, en tous lieux et en toutes circonstances, que nous n’avons rien de plus cher que le Niger ; qu’il n’y a pas de petites responsabilités et que la première, pour les plus jeunes, c’est déjà de préserver leur santé physique et mentale, en s’éloignant de tout ce qui pourrait l’hypothéquer.


Modi Alzouma 06Je vous laisse le mot de la fin.

Ce mot, je le destine à nos gouvernants et à tous ceux qui ont la moindre ambition pour le Niger. Je voudrais leur dire que, certes, les mots préparent les esprits mais ils ne suffisent pas à apporter les changements attendus ou chantés, surtout lorsque les actes et les comportements prennent les discours à contre-pied. Pour booster le développement, dans tous les secteurs, il faut que les actes soient le reflet exact des discours. La pédagogie par l’exemple est notre unique salut. Soit, ceux qui gouvernent donnent l’exemple à suivre et on avance ; soit ils parlent plus qu’ils n’agissent et on continuera à tourner en rond, à reculer.

Modi Alzouma Moussa

Réalisée par Boubacar Guédé

Last modified on dimanche, 05 avril 2015 20:02

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